AMD se coupe en deux, les Émirats arabes unis à la rescousse

La poussière n’est pas encore tout à fait retombée, mais revenons sur LA nouvelle du jour : la réorganisation d’AMD.

Qu’est ce qui se passe ?

Comme Dirk Meyer l’a présenté tout à l’heure, la réorganisation se compose de deux volets. D’une part, AMD se joint à Advanced Technology Investment Company, pour créer une coentreprise, récupérant toutes les activités de fabrication de semiconducteur du fondeur de Sunny Vale. D’autre part, AMD étend son partenariat avec Mubadala, au travers d’une plus grande participation du fond souverain au capital. Pour rappel, Mubadala, fond souverain de l’émirat d’Abu Dhabi, a déjà injecté 622 millions de dollars dans AMD en novembre 2007.

Concrètement cela veut dire que les processeurs AMD, CPU et GPU, continueront à être conçus par les mêmes équipes qu’actuellement, rien ne bouge de ce côté. Par contre, leur fabrication sera dorénavant effectuée par une autre société, encore sans nom, que l’on désignera pour l’instant comme "The Foundry Company".

The Foundry Company

Cette société est une coentreprise possédée à 44,4 % par AMD et à 55,6 % par Advanced Technology Investment Company, ATIC. Qui est ATIC ? Une société d’investissement fondée opportunément en 2008 et possédée en totalité par le gouvernement d’Abu Dhabi.

De quoi sera faite cette "compagnie de fonderie" ? Principalement de tous les moyens de production actuels d’AMD : usines, ingénieurs techniciens et ouvriers. Au total, cette société commencera donc ses activités avec à peu près 3 000 employés, et les usines Fab 30/38 (la conversion de la Fab 30 en Fab 38 sera terminée d’ici mi 2009) et Fab 36 de Dresde, en Allemagne. Tout ceci a une valeur de 2,4 milliards de dollars. À cela s’ajoutent 1,4 milliard de dollars d’investissement d’ATIC. Et aussi 1,2 milliard de dettes, héritées d’AMD ! L’activité de production était en effet la principale source de dépense du futur ex-fondeur.

The Foundry Company sera dirigée par Doug Grose, actuel vice-président de l’activité fabrication d’AMD, et Hector Ruiz deviendra président du conseil d’administration.

AMD

AMD de son côté voit son bilan financier largement allégé par l’évacuation de cette lourde dette. En plus, AMD "fabless" récupère de nouvelles liquidités sous la forme d’un paiement de 700 millions de dollars de la part d’ATIC pour sa majorité dans la Foundry Company. Et aussi 314 millions de dollars de la part du fond souverain d’Abu Dhabi Mudabala, en échange d’une hausse de sa participation dans AMD, de 8,1 % à 19,3 %. Bref, c’est à peu près 2,1 milliards de dollars apportés à la colonne "positif" du bilan d’AMD ; de quoi redonner des ailes aux ingénieurs pour assurer le futur de la société.

Le futur

Vue d'artiste de la Fab 4x de Luther ForestIl est toujours aussi difficile de prédire l’avenir, mais on peut sans trop de risque penser que le futur des deux sociétés AMD et The Foundry Company sera plus facile que ne l’a été le passé récent d’AMD. D’ailleurs, la bourse de New York a salué positivement l’annonce : le cours de l’action AMD a bondi de 4,23 $ à la clôture hier, à 5,05 $ à l’heure d’écrire ces lignes (+ 19,4 %).

Pour AMD, on l’a dit, cette opération signifie une énorme bouffée d’air - et d’argent - frais. Les nombreux projets de la société pourront donc plus facilement voir le jour, et l’image de la société sera également nettement plus favorable auprès du public et des marchés : on arrêtera d’annoncer des pertes colossales de trimestre en trimestre. AMD continuera également à bénéficier de la capacité de production de ses anciennes usines, grâce à un partenariat exclusif avec la Foundry Company. Partenariat qui ne devrait rien changer aux autres accords conclus avec UMC ou Chartered.

Le futur de la Foundry Company paraît lui aussi brillant. Grâce à la manne des pétrodollars des Émirats, sa dette ne devrait pas l’empêcher de poursuivre les développements nécessaires à maintenir sa compétitivité. ATIC s’est ainsi engagé à réinvestir entre 3,6 milliards et 6 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. La Foundry Company pourra donc sereinement terminer la conversion de la Fab 30 de Dresde pour l’utilisation de Wafers de 300 mm, ou encore construire l’usine de Luther Forest dans l’État de New York, qui devrait être la première à graver des circuits en 32 nm sur des wafers de 300 mm. La Foundry Company bénéficiera aussi des liens étroits qu’entretenait AMD avec IBM au travers des alliances de recherche et développement. La construction de cette nouvelle usine devrait débuter mi 2009.

Si AMD et ATIC obtiennent toutes les autorisations nécessaires, l’opération devrait être actée d’ici le début 2009.

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13 commentaires
    Votre commentaire
  • vive le pétrole cher !
    -1
  • 1973 : "En france, on a pas de pétrole, mais on a des idées"
    2008 : "A Abou Dabi, on aura plus de pétrole, mais on a des dollars"

    C'est dommage d'avoir séparé conception et fabrication. Ca ne risque pas d'impacter sur la qualité des produits ?
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  • Les GPU sont fait comme ça chez nVidia depuis des années, la première bourde majeure est récente ...
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