Les entreprises high-tech qui cartonnent

Samsung

Samsung est une entreprise dont de nombreuses facettes restent inconnues du grand public. Elle a réalisé un chiffre d’affaires conséquent, malgré une situation économique mondiale difficile et les piètres performances de certains de ses départements, à l’instar de sa division PC ou LCD.

Son chiffre d’affaires pour les trois derniers mois de l’année 2011 fut de 30 milliards d’euros et de 109 milliards d’euros pour l'année 2011. Ses bénéfices trimestriels sont de 2,6 milliards d’euros, contre 11,2 milliards d’euros pour ses profits annuels. Ces chiffres sont relativement proches de ceux d’Apple, mais les deux compagnies sont extrêmement différentes l’une de l’autre. C’est ce qui explique que malgré des ventes de tablettes et PC relativement basses, la firme se porte très bien dans l’ensemble. En effet, en un an, le chiffre d’affaires a crû de 47 %.

Le mobile, l’autre grand pilier de Samsung avec l’électroménager

Le Coréen estime qu’il dirige quatre grands secteurs d’activités : les semi-conducteurs, dont une grande partie est dédiée à la mémoire, les écrans avec les LCD comme principal moteur, les télécoms dont les revenus proviennent à 96 % de ses ventes de mobiles et son département média numérique - électroménager (lecteur de salon, frigo, ordinateur, etc.). De tous ces secteurs, celui qui a crû le plus et de loin est son secteur mobile avec une hausse du chiffre d’affaires annuel de 40 %. Tous les autres secteurs ont vu leurs revenus baisser, à l’exception de la division média numérique et électroménager qui a stagné à + 1 %.

Cette situation s’explique par l’énorme popularité du Galaxy S II et du Galaxy Note (cf. Le Galaxy S II est bon pour Samsung) le premier ayant atteint les 20 millions d’unités vendues l’an dernier. Or, comme le suggère notre classement des entreprises, Samsung est le seul fabricant de terminaux Android, avec Archos et HTC dont nous parlerons plus tard, à avoir réalisé un score exceptionnellement bon sur le terrain mobile. C’est une réalité commerciale dont Google ne parle pas, mais qui est bien présente. Android continue de gagner des parts de marché, mais parmi tous les grands fabricants, Samsung est le seul à avoir réellement profité d’une hausse importante des livraisons cette année, comme le montrent les courbes d’Enders Analysis. Les autres ont connu des hausses modestes, voire des baisses durant certains trimestres.

Google est content de voir le nombre d’activations grimper, mais le succès de la plateforme en 2011 est en grande partie dû à Samsung qui compte pour plus de la moitié des livraisons selon les analystes. En clair, nous assistons à une guerre des terminaux entre le Galaxy S II de Samsung et l’iPhone 4S d’Apple, plutôt qu’une guerre des systèmes d’exploitation, ce qui pourrait être dommageable au projet de Google si Samsung choisissait de quitter son projet.

L’hypothèse selon laquelle Samsung pourrait abandonner Android est aussi très plausible. Il possède déjà un système d’exploitation qu’il intègre dans certains smartphones et qui dispose de parts de marché importantes dans certains pays comme la France (cf. Bada 2.0 : le troisième système en France). De plus, la firme continue de travailler dessus et va le fusionner avec Tizen, l’ancien MeeGo (cf. Samsung va abandonner Bada pour Tizen). Si les nombreux procès intentés contre Android réduisent trop l’intérêt d'Android, Samsung a les moyens et les équipes pour proposer sa propre solution, ce qui serait très dommageable pour le robot de Mountain View.

Consolider pour mieux régner

Comme on peut le voir, Samsung peut se permettre des projets annexes tels que Bada, parce qu’il s’agit d’une compagnie très diversifiée qui repose sur de nombreux secteurs, ce qui lui donne plus de flexibilité économique lorsqu’un marché souffre plus que les autres. Ainsi, malgré une baisse de la demande en NAND et un surplus important de DRAM, la hausse incroyable de son activité mobile a largement compensé les pertes de ce segment. En effet, le mobile représente 33,65 % de son chiffre d’affaires et talonne maintenant l’activité média et électroménager qui reste la plus lucrative de la société. Cela explique d’ailleurs en grande partie le fait que Samsung ait décidé de se séparer en début d’année de sa division LCD pour créer une filiale regroupant son activité OLED et LCD. Son activité LCD commençait à être moins rentable. En la fusionnant avec ses écrans OLED, il consolide ses ressources, ses usines et chaînes de production, il limite, voire annule les postes redondants et prépare plus facilement la transition vers la nouvelle technologie organique. C’est une manœuvre que très peu d’acteurs de ce marché peuvent se permettre, mais qu’il peut facilement entreprendre en raison de sa structure diversifiée.

De nombreux analystes insinuent que Samsung pourrait être le prochain Apple, à l’instar de Ryan Faas d’ITWorld. Il y a cinq ans, Cupertino était essentiellement un vendeur de plateformes PC, puis il s’est mis au mobile, un domaine dans lequel Samsung existait déjà depuis longtemps. La société cofondée par Jobs a ensuite commencé à développer ses propres processeurs avec l’aide de Samsung qui a des années d’expérience dans ce domaine et qui fabrique jusqu’à maintenant toutes les puces Ax de Cupertino. Enfin, tout le monde attend l’iTV comme le Messie, alors que le Coréen est une référence dans le monde des téléviseurs depuis très longtemps. Bref, c’est Apple qui ressemble de plus en plus à Samsung, pas l’inverse.

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