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Intel

Les entreprises high-tech qui cartonnent
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Le marché des PC semble souffrir des problèmes macroéconomiques. Selon les chiffres de Gartner, les livraisons mondiales ont chuté de 1,4 % au cours du dernier trimestre 2011 et ont stagné à + 0,5 % sur l’année. Pourtant Intel a eu une année record. Son chiffre d’affaires annuel a atteint les 54,2 milliards de dollars (40 milliards d’euros), ce qui représente une hausse de 24 % par rapport à l’an dernier. Ses bénéfices ont aussi fait un bond 19 % pour atteindre 13,7 milliards de dollars (10.27 milliards d’euros). Pourquoi la firme qui dispose de plus de 80 % de parts sur le marché des processeurs pour PC n’est pas affectée par la stagnation de ce secteur ? La réponse se trouve dans une analyse plus approfondie de ses résultats.


Intel comprend bien les marchés qu’il domine

Intel a su d’abord s’adapter aux nouvelles contraintes économiques en se concentrant sur les plateformes milieu et entrée de gamme, plus populaire et plus fructueuse. Pour mémoire, la quasi-totalité des nouvelles puces qui sont sorties cette année visait ces marchés à l’exception de quelques Sandy Bridge-E en fin d’année. Sa division PC Client Group qui s’occupe de vendre les processeurs pour ordinateurs de bureau et portable accuse d’un gain annuel de 17 % et représente 35,4 milliards de dollars (26,8 milliards d’euros), malgré la stagnation du secteur, ce qui prouve le succès de sa stratégie. 2011 fut l’année des Sandy Bridge, même si les versions mobiles auraient eu moins de succès et les stocks encore importants retarderaient la sortie des Ivy Bridge mobile (cf. Intel confirme le retard des Ivy Bridge mobiles).

Un rapport de la firme d’analyse Trefis parle d’une augmentation du prix de vente moyen d’un processeur Intel d’environ 15 % sur certains segments. La disparition des netbooks et l’attrait du public pour sa nouvelle architecture ont fait que les consommateurs ont acheté des plateformes plus cher. Si l’on réconcilie ces données avec la pensée classique qui estime que les consommateurs visent les plateformes jugées bon marché en temps de crise, ces données montrent que les tablettes occupent maintenant le segment qui était autrefois peuplés par les netbooks Atom et que ceux qui se dirigent vers les ordinateurs ont tendance à privilégier les systèmes plus performants. Intel reste muet sur le nombre de processeurs vendu, mais les modèles écoulés ont clairement eu un prix de vente plus élevé.

Le Data Center Group d’Intel a aussi connu une croissance de 17 % pour représenter 10,1 milliards de dollars (7,6 milliards d’euros). Cette catégorie inclut les Xeon et Itanium qui aident grandement les marges de la société. Il semble qu’Intel ait profité du manque de concurrence sur ce secteur puisqu’AMD n’a pu livrer ses Opteron à base de Bulldozer qu’en fin d’année (cf. L’Interlagos 16 cores Opteron 6200 est là). Les entreprises sont aussi passées par une phase de renouvellement, ce qui est donc synonyme d’achat. Intel n’est pas le seul à avoir profité d’une hausse des ventes sur le marché professionnel. Microsoft a vu le chiffre d’affaires de sa division serveur et outils professionnels croitre de 11 % et les résultats de Seagate et Western Digital ont aussi grimpé sur ce secteur.

L’embarquée connaît la plus forte croissance

La division du fondeur qui a connu la plus forte croissance est celle qui vend les puces embarquées. Elle ne représente que 5 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros), mais elle a fait un bond massif annuel de 64 %. On assiste donc à un paradoxe puisque la vente de processeurs Atom et de chipsets a baissé de 25 %, mais les SoC ont crû de façon exceptionnelle. Cela explique pourquoi Intel, sous la direction de Paul Otellini, son P.D.G, parle autant de ses Medfield qui seront la première tentative de pénétration des SoC Atom sur le marché des smartphones et tablettes. Intel sait qu’il est bien implanté dans le secteur des kiosques et autres machines d’appoint. Néanmoins, il convoite la position d’ARM et souhaite profiter du potentiel de croissance du secteur mobile.

Sa prestation au MWC semble être une réussite. Ses accords avec les opérateurs de téléphonie mobile (cf. Un smartphone Orange fabriqué par Intel), l’apparition de tablettes et smartphones et la présentation de ses roadmaps lui ont permis de saisir l’attention des médias. Il lui reste maintenant à convaincre les consommateurs. Ce ne sera pas une mince affaire et il devra lutter avec des concurrents tels qu’ARM, NVIDIA et Qualcomm qui sont déjà très bien implantés. Néanmoins, la firme dispose de centrez de recherche et développement et de ressources largement supérieurs à ses rivaux, ce qui pourrait lui donner un avantage technologique important (cf. Rosepoint : le SoC Intel Atom au module Wi-Fi).

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