L'architecture Intel Core 2

Enfin un peu de nouveauté ! En effet cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas eu tant de choses à dire sur un nouveau processeur, la dernière grande innovation à ce jour, le dual core, étant principalement l'aveu d'un échec. A cours d’idées pour augmenter le fameux parallélisme d’instructions (ILP pour instruction-level parallelism) les designers s’étaient alors concentrés sur le parallélisme de threads (TLP pour thread-level parallelism) comme solution de substitution.

Solution pas franchement idéale car elle demandait de nombreux efforts aux développeurs pour en tirer parti contrairement aux innovations précédentes qui apportaient un gain de performance « gratuit » aux applications existantes. Cette tendance avait conduit Herb Sutter, une figure emblématique du C++, à tirer le constat suivant il y a un peu plus d’un an : "The Free Lunch Is Over" mais visiblement Intel n’est pas de cet avis et décide de régaler gratis pour un petit moment encore, alors vous reprendrez bien un peu de rab ?

Qui dit nouvelle architecture dit aussi jargon marketing particulièrement pompeux spécialement inventé pour l’occasion. Alors qu’est ce qui se cache derrière des noms comme Wide Dynamic Execution, Advanced Digital Media Boost ou encore Smart Memory Access ? Et bien c’est ce que nous allons tâcher de décrypter dans cette première partie dédiée à une vue d’ensemble de l’architecture Core 2.


Alors qu’avec sa précédente architecture, Netburst, Intel s’était lancé dans un pari incroyablement risqué en n’hésitant pas à jeter aux orties des concepts largement éprouvés pour expérimenter des nouvelles voies, ce qui n’est pas ce qu’on s’attend à voir d’un leader sur son marché de prédilection, cette fois la firme de Santa Clara a choisi de s’en tenir à des technologies nettement plus classiques.

Ainsi une nouvelle fois, les ingénieurs décident de s’en remettre à la vénérable architecture P6 comme base de travail. Il faut dire que les diverses incarnations du Pentium M ont confirmé toutes les qualités de cette architecture qui était loin d’avoir donné tout ce qu’elle avait dans le ventre lorsque Intel pensait l’enterrer sans ménagement après le Tualatin qui devait constituer son dernier représentant.

Mais il ne faut pas voir Core 2 comme une énième version du P6 sous stéroïdes. En effet Intel a apporté de sérieuses modifications aussi bien au front-end (décodage des instructions) qu’au back-end (exécution) afin d’obtenir des performances de tout premier plan.