Mirasol : comment en est-on arrivé là ?

Le Mirasol est une technologie qui devait révolutionner le monde de l’informatique. À l’époque de la sortie de l‘iPad (cf. « L’iPad live sur Tom’s Hardware »), il devait offrir l’écran parfait pour les liseuses du futur et montrer qu’Apple avait tout faux (cf. « Les écrans Mirasol vont-ils tuer l’iPad ? »). Néanmoins, force est de constater que deux ans après le tapage médiatique qui a été fait autour de cette technologie, la révolution n’est pas arrivée et le Mirasol se contente d’être intégré dans quelques tablettes asiatiques destinées à un marché de niche. Comment en est-on arrivé là ?

Mirasol : l’enfant adoré de Qualcomm

Le Mirasol est le nom commercial de l’écran à modulation interférométrique créée par Mark Wiles, le cofondateur d’Iridigm Display, qui l’a breveté en 1998. Lorsque Qualcomm a racheté la société en 2004, il s’est grandement intéressé au projet. Il créa une filiale pour l’occasion (Qualcomm MEMS Technologies ou QMT) et il reprit les recherches.

Le fabricant de processeurs ARM faisait quelques démonstrations technologiques (cf. « Qualcomm : le grand public et les startups »), mais les prototypes étaient encore précaires, jusqu’à ce qu’en 2010 la firme annonce une version aboutie et une production en masse pour le deuxième semestre de cette même année (cf. « Des MEMS comme pixels de couleur »). Pour la première fois, il était possible d’envisager la commercialisation d’une dalle Mirasol 5,7 pouces d’une définition de 1 024 x 768 capable d’afficher des vidéos à 30 images par seconde tout en ne consommant que 10 mW.

Sur le papier, le Mirasol est effectivement prometteur. Chaque pixel utilise un miroir qui va réfléchir la lumière ambiante et n’a donc pas besoin de rétroéclairage. Chaque miroir reflète une longueur d’onde précise (bleu, vert ou rouge). Un pixel noir est un pixel éteint. Ce système a le grand avantage de consommer très peu d’énergie, puisqu’il a seulement besoin d’être alimenté pour faire bouger les MEMS. Il permet aussi de profiter d’une image très claire en plein soleil. Íl ne faut tout de même pas confondre le fonctionnement d’un écran à modulateur interférométrique et celui d’un projecteur DLP qui repose aussi sur des actionneurs électrostatiques, mais qui a un fonctionnement très différent. Dans le cas du Mirasol, on utilise une membrane réfléchissante qui va qui atténuer ou accroître la longueur d’onde de la lumière en fonction de son mouvement afin de modifier la couleur projeter, comme les ailes multicolores de certains papillons.

La révolution Mirasol n’a pas eu lieu

En octobre 2010, Qualcomm a annoncé que le Mirasol serait retardé, ce qui est probablement l’une des premières failles dans l’armure que portait le constructeur (cf. « Le Mirasol est retardé, Pixel Qi est content »). Néanmoins, la firme a voulu montrer qu’elle avait pleinement confiance en sa technologie et a investi une somme colossale dans une usine qui allait en produire en masse (cf. « Qualcomm : 1 milliard pour Mirasol »). Pour remettre les choses en perspective, cet investissement représente la quasi-totalité de ses bénéfices au cours du premier trimestre 2011 qui ont atteint 1,17 milliard de dollars. Pour couronner le tout, il fit une présentation en grande pompe de sa technologie lors du CES 2011 (cf. « Mirasol : la liseuse aux airs de LCD revient »).

Malgré les attentes et les promesses, 2011 fut une année très décevante pour le Mirasol. Il a d’abord souffert de problèmes de performances, car même s’il était relativement réactif pour une liseuse, il ne rivalise pas avec un LCD classique et ses blancs restent très ternes. De plus, depuis la sortie de l’iPad, les marchés évoluent vers les ardoises, au détriment des liseuses. Au final, Qualcomm n’a vu que deux produits embarquant sa technologie, le Kyobo eReader et le Jin Young Reader qui sont réservés au marché sud-coréen. On en trouve aussi dans quelques gadgets, comme des oreillettes Bluetooth, mais ces produits restent très rares.

Le Mirasol tombe aujourd'hui dans l’oubli au même titre que le Pixel Qi dont nous parlerons la semaine prochaine. Les consommateurs cherchent à consommer des contenus multimédias qui ne sont pas vraiment compatibles avec ce genre de support. Les dalles 5,7 ont aussi une diagonale trop limitée. Il existe encore un marché des liseuses, mais celui-ci se rétrécit et gravite surtout autour des Kindle d’Amazon qui utilisent un système à encre électronique différent.

Néanmoins, Qualcomm reste positif. Il a tout d'abord réussi à atténuer certains des défauts des anciennes générations. Comme nous avons pu le voir au MWC et comme le montre la vidéo ci-dessous, les blancs ont été nettement améliorés et le système est encore plus réactif. Les chaînes de fabrication auraient aussi de meilleurs rendement et il travaillerait sur une nouvelle couche tactile plus mince détériorant moins le contraste qui reste encore trop faible. Le salut viendrait aussi des smartphones qui profiteraient de la faible consommation pour offrir une autonomie exceptionnelle. Beaucoup de téléphones n'ont pas besoin d'un écran de télévision pour passer des appels, taper un message ou écrire un email et ce marché pourrait être plus favorable au Mirasol. Reste à voir si la reconversion portera ses fruits.

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13 commentaires
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  • chione
    Ben pour un reader je suis preneur si ça consomme la même chose que de l'ancre éléctronique. De plus si ça réfléchie la lumière ambiante, ça doit être mieux pour les eux que les led. Et même sur un téléphone c'est bien.
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  • barbare512@guest
    le truc c'est que dans le noir, ya pas lumière et ça réfléchis plus rien ...

    dommage, un téléphone super amoled a un écran qui consomme pas mal, ça aurais pu être une alternative intéressante.
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  • Aiolizator
    L'ancre électronique, c'est uniquement pour les bateaux.
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