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L’Europe a peur pour MySQL

Par - Source: Ars Technica | B 16 commentaires

La Commission européenne a freiné l’acquisition de Sun par Oracle en attendant d’avoir des précisions sur l’avenir de MySQL.

Le débat

L’Europe estime que la disparition de MySQL aurait des effets néfastes sur le jeu de la concurrence, en limitant de façon exorbitante le choix des entreprises. Voilà donc pourquoi la Commission a décidé de se pencher sur les conséquences du rachat de Sun par Oracle.

Les autorités américaines ont récemment donné leur feu vert (cf. « Le rachat de Sun approuvé par la justice ») et l’approbation européenne est une des dernières étapes de la procédure.

Des ramifications complexes

On peut néanmoins se demander si la Commission ne fait pas une tempête dans un verre d’eau. Après tout, MySQL ne représente que 2 % du marché des systèmes de gestion de bases de données, alors qu’Oracle, IBM et Microsoft possèdent 85 % des parts. Néanmoins, la solution de Sun est très populaire dans les petites structures et le monde du web. D’un autre côté, interdire ce rachat pourrait signifier la mort de Sun qui va très mal, ce qui n’aiderait pas MySQL non plus. On voit que la situation est donc complexe et on comprend pourquoi l’Europe a suggéré que Sun vende MySQL séparément à un autre acquéreur.

Il nous faut tout de même considérer le fait que si MySQL appartient bien à Sun, il est aussi plus grand que Sun et il existe de nombreuses firmes développant des alternatives à MySQL fondées sur son code source. Ces compagnies se sont d’ailleurs réunies pour former l’Open Database Alliance. Néanmoins, si ces entreprises peuvent assurer la relève, elles auront du mal à être compétitives si Oracle venait à changer la licence du service de Sun.

Une chose est sûre, le fait que l’acquisition soit une nouvelle fois retardée va coûter très cher à Oracle alors que les parts de Sun sur le marché des serveurs continuent d’être grignotées par IBM et plus les jours passent, moins cette transaction devient intéressante.

Sun et Oracle se sont refusés à tout commentaire.

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  • Anonyme , 7 septembre 2009 03:32
    "MySQL ne représente que 2 % du marché"
    Euh, MySQL représente beaucoup plus si on compte les utilisateurs qui ne payent pas.
  • solendil , 7 septembre 2009 08:38
    Tempête dans un verre d'eau? Non mais qu'est-ce qu'il ne faut pas lire... Si MySQL n'a que 2% du "marché" des SGBD, c'est justement parce que c'est un produit Open Source et complètement gratuit. Les 2% en question sont juste un peu de conseil, qques formations et qques produits complémentaire vendus par Sun.

    Plutôt que de "parts de marché", on va parler de "taux d'utilisation", et là, MySQL obtient de 30 à 50% selon les études. Voir par exemple http://www.mysql.com/why-mysql/marketshare/ . Et de mon expérience, je peux vous dire que tous types de business utilisent MySQL. Beaucoup de PME, certes, mais aussi de plus en plus de grands comptes, ce qui n'a rien de surprenant quand on voit le prix des licenses Oracle... Justement donc, empêcher Oracle de mettre la main sur son concurrent le plus dangereux est une très bonne action de la part de l'Europe. Je ne comprend même pas comment les américains ont pu laisser passer cela...

    Tom's Hardware, un peu de sérieux dans vos news, SVP...
  • tigrane , 7 septembre 2009 09:33
    solendil : rien de surprenant ???

    MySQL est un jouet fisher price à côté de Oracle.
    Qu'il fasse un peu d'ombre à MS Sql Server, passe encore.
    Mais Oracle ne joue absolument pas dans la même cour.
  • Afficher les 16 commentaires.
  • -1 Masquer
    Teoftene , 7 septembre 2009 10:07
    Quelqu'un pourrait éclairer ma lanterne SVP ...
    Nous parlons ici de deux firmes complètement hors Europe, en quoi la décision de la commission européenne empêche Oracle de faire l'acquisition de SUN ?
    Quel pouvoir la commission européenne a sur des entités qui est hors de son territoire ?
    Qu'est-ce qui empêche Oracle de pisser sur la décision de la Commission Européenne ?
  • solendil , 7 septembre 2009 10:19
    Tigrane, ceci est le discours typiquement condescendant des administrateurs Oracle, fiers de leur formation, de leurs compétences spécifiques, et de leur valeur sur le marché.

    Evidemment que MySQL ne joue pas dans la même cour qu'Oracle. Mais MySQL a évolué par rapport à ce que certains faisaient dessus il y a dix ans pour leurs études... aujourd'hui il supporte la clusterization, les transactions distribuées, les proc stoc, les réplications, de nombreux outils d'administration et de reporting, etc, etc... A vue de nez, je dirais que MySQL en est au point ou était Oracle il y a 10 ou 15 ans, et est-ce que Oracle était un mauvais produit il y a dix ans?

    Après, Oracle est un monstre qui va aujourd'hui supporter les SGBD-XML, la recherche full-text, les SQL*forms, et puis faire de l'EDI, du décisionnel, du data-mining, du Java, etc, etc... Mais là on quitte le domaine de la SGBD pour le domaine de l'applicatif, c'est autre chose, un autre marché.

    MySQL possède 30 à 50% du marché des SGBD. Ces PDM ont bien été prises à quelqu'un, elles ont été prises entre autres à Oracle dont les solutions sont trop chères, trop lourdes, trop complexes pour un grand nombre de cas d'utilisation. Oracle le sait bien : son taux de pénétration sur les petits business est très faible (voir leurs dernières pubs), et >80% des serveurs web tournent sur SQLServer ou MySQL (estimation personnelle). D'un point de vue concurrentiel, ils ont besoin dans leur portefeuille d'un nouveau produit simple, peu cher, performant, et MySQL répond parfaitement à cette description.

    Bref, pour conclure, je suis d'accord pour dire que Oracle ne joue pas dans la même cour que MySQL, mais il est faux et absurde de dire que MySQL est un "jouet". C'est un excellent produit, simple, agile, performant et suffisant dans la majorité des cas d'utilisation d'un SGBD. J'espère qu'Oracle ne mettra pas la main dessus.
  • proy972 , 7 septembre 2009 10:55
    Teoftene: Simplement parceque les répercussions vont bien au dela de ces deux entreprises, un peu comme si Microsoft avait la possibilité d'absorber Linux. Outre les quelques milliers de sites gérés par des particuliers, on parle facilement de centaines (milliers ?) de personnes qui seraient impactées en France. La derniere équipe dans laquelle j'ai travaillé comptait environ 30 personnes (netadmin / chefs de projets / dev ...) sur du PHP / MySQL par exemple.

    Et je suis d'accord avec Solendil, les 2% évoqués ne sont absolument pas significatifs, vous sous estimez gravement l'utilisation de MySQL.
  • Teoftene , 7 septembre 2009 11:19
    Oui, mais qu'est-ce qui empêche Oracle d'outrepasser ce que dis la commission européenne ?
    Ce que je veux savoir, c'est droit la commission européenne a, sur des entreprises comme celle là.
    Autant je comprendrais sur des entreprises dont le siège est en europe et qu'elles se doivent de respecter les entités juridique et législative qui l'encadrent, autant je ne comprend pas qu'elle puisse avoir un pouvoir sur des entreprises américaines.
  • k-reda , 7 septembre 2009 12:23
    Teoftene:----> c'est des entreprises multinationales , l accord de tout le monde est obligatoire s ils veulent s'accoupler.
  • solendil , 7 septembre 2009 12:49
    Teoftene : je n'en suis pas sûr, mais je suppose que l'UE a droit de regard pour plusieurs raisons :

    1) Autant Oracle que Sun ont des filiales et/ou des bureaux importants et plus ou moins indépendants en Europe, et qui sont soumis au droit Européen. L'Europe doit pouvoir empêcher les branches locales de ces entreprises d'agir à leur guise même si un accord est signé entre ces entreprises dans un autre pays.

    2) Les accords de l'OMC qui garantissent la libre circulation des biens et services entre UE et EU obligent chacune des deux parties à mettre en place des lois anti-trust approuvées par l'autre partie. L'UE a au moins la possibilité de retarder l'accord Oracle/Sun en demandant des garanties plus poussées aux américains, faute de quoi elle a le droit d'utiliser des procédures de sauvegarde pour se garantir contre les trusts à l'étranger (droits de douane, entre autres).

    3) De façon plus générale, des entreprises qui font au bas mot 30% de leur CA en Europe y regardent à deux fois avant de se fâcher avec notre géant administratif. Microsoft, Intel et de nombreuses autres entreprises se sont vus infliger des amendes énormes par l'UE à cause de pratiques anti-concurrentielles menées en Europe.

    Pour toutes ces raisons, non l'UE ne peut pas strictement empêcher la fusion Oracle/Sun de se faire, mais elle a suffisament de pouvoirs pour que son avis soit écouté et pris en compte. Affaire à suivre...
  • Teoftene , 7 septembre 2009 13:20
    Merci de ta réponse qui aide a comprendre pourquoi l'UE a tant de pouvoir juridique sur le reste du monde :) 
  • Anonyme , 7 septembre 2009 17:05
    Citation :
    On peut néanmoins se demander si la Commission ne fait pas une tempête dans un verre d’eau. Après tout, MySQL ne représente que 2 % du marché des systèmes de gestion de bases de données


    Hum ... faut revoir les chiffres là un peu !! ou bien ajouter "payant" à la fin de la phrase.


  • bozox , 7 septembre 2009 18:05
    En nombre d'utilisateurs, MySQL c'est + de 90% du marché !!!
  • -1 Masquer
    turlupin en ptard , 7 septembre 2009 19:19
    solendilMySQL possède 30 à 50% du marché des SGBD....

    ...80% des serveurs web tournent sur SQLServer ou MySQL (estimation personnelle)
    Bien que je sois plutôt d'accord avec le reste, une estimation personnelle n'a aucune valeur dans ce débat.
    bozoxEn nombre d'utilisateurs, MySQL c'est + de 90% du marché !!!
    Même problème : sources de l'info ?
  • solendil , 7 septembre 2009 20:30
    Les 30 à 50% du marché des SGBD viennent du lien que j'ai mentionné plus haut.

    Quand à mon estimation personnelle, je l'appuie sur quelques faits: depuis 15 ans que je suis consultant à droite à gauche, j'ai vu beaucoup d'Oracle dans les grosses structures, sur les CRM, les applis d'entreprise lourdes, les ERP, les backends complexes. J'ai certes vu quelques sites web sous Oracle ou DB2, mais c'était minoritaire (SNCF, Infogreffe).

    En général, le web utilise presque naturellement le MySQL/PHP, soit directement, soit par le biais de frameworks (blogs, forums, portals, wikis, etc...) Wikipedia, Facebook, Flickr, YouTube, Blogger sont sous MySQL, ainsi que certainement Tom's Hardware.

    Si ces sites "top 20" utilisent une solution gratuite, il y a de bonnes chances pour que des sites plus petits fassent de même. Je peux par exemple citer Liberation, IMDB...

    Tu trouveras des sources sur http://en.wikipedia.org/wiki/MySQL . Malheureusement je n'ai pas trouvé d'étude précise sur les PDM spécifiques des sites Web, mais au vu de ces quelques éléments, je pense que mon estimation de 80% de PDM des sites web pour MySQL et SQL Server est assez juste.

  • Loacoon , 7 septembre 2009 23:51
    Citation :
    Il nous faut tout de même considérer le fait que si MySQL appartient bien à Sun, il est aussi plus grand que Sun et il existe de nombreuses firmes développant des alternatives à MySQL fondées sur son code source. Ces compagnies se sont d’ailleurs réunies pour former l’Open Database Alliance. Néanmoins, si ces entreprises peuvent assurer la relève, elles auront du mal à être compétitives si Oracle venait à changer la licence du service de Sun.

    Ils peuvent changer la licence des nouvelles versions, mais rien n'empêche alors l’Open Database Alliance de créer un fork à partir de la dernière version libre, et de le développer de leur coté. Ensuite, il suffit de créer une société de service, à l'image de Red Hat pour Linux.
    Rendre payant, ou changer la licence d'un logiciel Open Source est en général assez dangereux...
  • shooby , 9 septembre 2009 19:41
    De plus en plus difficile de comprendre la CE !