Intel QX9650 : la révolution Penryn ?

Il existe deux attitudes que vous pouvez adopter lorsque vous dominez techniquement un marché caractérisé par un duopole. La première consiste à gérer son avance et en profiter pour augmenter ses marges et redorer son blason. C’est celle qu’a adopté AMD du temps de l’Athlon 64 et du Pentium 4 Prescott/Pentium D, et qui s’explique sans doute du fait que le fondeur reste un petit poucet face à Intel, ne disposant par des moyens de production, de la taille et du marketing nécessaire pour changer cette situation. Blessé dans son orgueil, le géant de Santa Clara avait cependant juré de rendre la monnaie de sa pièce à son rival, ce qu’il fit en juillet 2006 avec les Core 2 Duo. Affichant de très bonnes performances pour une dissipation largement en baisse, le constructeur repris alors le flambeau des performances, et un peu plus tardivement celui du rapport performances/prix, y compris en entrée de gamme avec le lancement du fameux Core 2 E4300 et une baisse de prix qui finit par arriver.

Gros plan sur un wafer de Penryn

Aujourd’hui, l’hégémonie d’Intel est complète, notamment avec la démocratisation des quad-cores, ces derniers étant disponibles pour 230 €. AMD de son côté n’est toujours pas capable de proposer un processeur à 4 cœurs, et ce 1 an après Intel. L’explication vient d’une part du retard qu’accuse le fondeur du côté de la finesse de gravure (ce paramètre restant plus que jamais le plus important), ne parvenant toujours pas à produire l’ensemble de ses processeurs en 65 nm alors qu’Intel s’apprête à inonder le marché avec son 45 nm. D’autre part, les difficultés de la montée en fréquence de sa nouvelle architecture K10 l’a pour l’instant contraint à la réserver au marché des serveurs, et cela fait bientôt un an et demi qu’il doit faire illusion en tirant sur la ficelle Athlon X2. Intel a restauré son image, ses parts de marché et son bénéfice qui dépasse à lui seul le chiffre d’affaire d’AMD. Malgré cela, le constructeur a tenu a faire en sorte de vendre dans quelques jours son dernier processeur, le Penryn, avant même que nous ayons pu mettre la main sur un Phenom. Un pilonnage bien réel ?