Prise de vue et traitement noir et blanc des photographies en numérique

Techniques de prise de vue

Le remplacement de la pellicule par un capteur électronique n’a pas fondamentalement modifié les règles de prise de vue spécifique à la photographie noir et blanc.

En effet, en supprimant l’information de couleur, on modifie encore plus la perception du réel capturé sur une photographie. Il est donc nécessaire de se concentrer davantage sur la lumière et de jouer avec les variations de contrastes et intensités présentent dans la scène que l’on souhaite photographier. Les différents plans colorés sont substitués par des masses de différents tons de gris. L’œil de l’observateur n’est donc plus distrait par les dominantes colorées mais peut se concentrer sur les formes et dessins de chaque élément de la scène. La composition est donc très importante et demande au photographe une attention toute particulière sur l’emplacement des différents éléments par rapport à la lumière. En couleur également, ces éléments sont importants, mais en supprimant une information, ils deviennent majeurs dans la réalisation d’une photographie noir et blanc.

Pour la photo dites "de rue", le noir et blanc a toujours été une préférence pour les photographes. (Photo : Jean Louis Gendrot)

Il est donc important de penser sa photographie noir et blanc en évaluant précisément à la prise de vue sa composition, sa lumière, son exposition, et les différentes masses composant la scène.

Muni d’un appareil photo numérique, on possède parfois des réglages de l’appareil qui peuvent faciliter la pratique de la photographie noir et blanc.

L’option « Noir et Blanc »

De nombreux constructeurs proposent maintenant à la prise de vue d’enregistrer directement dans l’appareil en noir et blanc. Ce choix est-il judicieux ?

Cette option est malheureusement de qualité très variable suivant les constructeurs. En effet, il faut tout d’abord savoir que la majorité des appareils numériques enregistrent les informations en couleurs de façon brute (récupérables via les fichiers dits RAW). Que l’on sélectionne un rendu sépia, noir et blanc, ou un enregistrement JPEG, l’appareil opère des transformations informatiques sur ce négatif brut. Or, la qualité des transformations est directement dépendante de la qualité des algorithmes développés par les constructeurs. Ainsi, pour transformer le fichier numérique brut en JPEG noir et blanc, beaucoup se contentent d’une simple désaturation (cf Conversion en Noir et Blanc page suivante). Cette méthode, très basique, n’est la plupart du temps pas très satisfaisante, dès que l’on exige un peu plus de la photographie noir et blanc.

En noir et blanc, la composition et l’équilibre des masses est plus important qu’en couleur. (Photo : D. Chaussende)

Certains constructeurs comme, par exemple, Canon ou Nikon sur certains modèles proposent une gestion plus avancée du mode noir et blanc. Il est possible notamment de sélectionner un filtre (rouge, vert, bleu, jaune, cyan…). Vous trouverez plus loin toutes les explications sur ces différentes méthodes de transformation. Il faut cependant savoir que les algorithmes aujourd’hui présents par exemple dans les reflexs numériques sont très performants et peuvent fournir des fichiers noir et blancs parfaitement exploitables pour une retouche avancée ou une impression de qualité. Les constructeurs savent aujourd’hui aussi mieux gérer le bruit monochrome des fichiers noir et blanc issus directement des boitiers.

En conclusion, il est à notre avis nécessaire d’évaluer la qualité des fichiers noir et blanc fournis par l’appareil avant d’utiliser cette option fréquemment. Bien observer si le traitement ne supprime pas trop d’informations dans sa transformation en teinte de gris, et étudier quelques clichés à la loupe pour voir si le bruit ne détruit pas trop les détails de l’image.