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Du BIOS à UEFI

L’UEFI : futur succès ou flop ?
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Selon le consortium, l’UEFI est un ensemble de spécifications détaillant une interface qui facilite la prise de contrôle de la machine allumée par le système d’exploitation. Il reprend donc le flambeau du BIOS moderne sans réellement apporter de nouveautés.

Réduction des fonctions du BIOS

En effet, du temps de MS-DOS et des OS 16 bits, le système d’exploitation appelait le BIOS au lieu d’accéder aux composants directement. La séparation du matériel et du logiciel était d’ailleurs un des esprits ayant animé la création de ce système. Les OS 32 bits ont néanmoins aboli cela et utilisent des pilotes qui leur permettent de communiquer directement avec les diverses puces et cartes. Le BIOS n’est donc plus qu’un système d’initialisation qui dispose de quelques fonctionnalités de gestion de la consommation (ACPI) et d’initialisation vidéo. Il se limite à lancer le POST (Power-on self-test) qui s’assure de la présence et du bon fonctionnement des composants et périphériques importants et attribue les ressources nécessaires. Il permet enfin de modifier certains paramètres de la carte mère comme la fréquence du bus ou le coefficient multiplicateur (à condition qu’il soit débloqué sur le CPU), etc.

La définition officielle de l’UEFI montre clairement que les choses n’ont pas beaucoup évoluées. Pourtant l’UEFI apporte évidemment des nouveautés. Il est modulaire, permettant aux constructeurs d’ajouter leurs propres pilotes, tandis que le BIOS est figé. Le premier est plus facilement portable, car écrit en C, contrairement au dernier qui repose toujours sur l'assembleur. Enfin, la gestion de bytecode par l’EFI signifie que les pilotes peuvent être compilés pour plusieurs architectures CPU à la fois. Néanmoins, le but avoué de cette nouvelle interface est simplement le transfert de la machine à l’OS qui s’occupe alors de tout.

De la grande difficulté à composer sans le BIOS

Cette équivalence de fonction pousse d’ailleurs le Forum UEFI à expliquer sur son site que son interface ne remplace pas complètement le BIOS. Une des grandes idées reçues sur l’EFI consiste à penser que sa présence extermine l’ancienne interface. Or dans de nombreux cas, le système UEFI intègre un mode 16-bit similaire à un BIOS classique pour rester compatible avec les systèmes d’exploitation ne le prenant pas en charge. De plus, le POST n’est pas défini par les spécifications de l’UEFI et les fabricants n’hésitent pas faire appel à un BIOS rudimentaire pour cette fonction avant de passer à l’UEFI, même si Intel le déconseille fortement. Enfin, il est frappant de constater que les premières cartes UEFI avaient des interfaces identiques aux BIOS classiques et certaines en avaient même les limitations.

On se souvient ainsi de l’incohérence des cartes mères Intel DP55KG qui étaient équipées d’une interface UEFI 2.1, mais dont le contrôleur RAID était limité à des partitions bootables de 2 Tio ou moins (voir notre article), alors que l’interface peut prendre en charge des partitions de 9,4 Zo (9,4 x 10²¹ octects), soit 8,96 Zio, depuis la première version lancée par Intel. C’est exactement ce genre de limitation et les nombreux rapports de bugs présents sur le forum d’Intel qui fait de ce modèle un exemple classique d’une implémentation ratée de cette technologie.

Enfin, une conversation avec MSI a révélé que les consommateurs eux-mêmes n’ont pas hésité à flasher les modules EFI de leur carte pour passer à un BIOS classique. Le Taïwanais fut le premier constructeur à vendre des cartes EFI en France (P45 Diamond, P45D3 Platinum, P45 Platinum et P45 Neo2-FR). Néanmoins, il nous a avoué qu’il avait suspendu le déploiement de l’interface en raison de sa mauvaise réception par le public.

Il nous a confirmé que ses cartes mères Sandy Bridge seraient les premières à retrouver une interface UEFI en version 2.1, principalement pour dépasser la fameuse limite des 2 Tio. Les modèles pour Fusion d'AMD devraient arriver l'année prochaine et être les premiers pour processeur vert à prendre en charge l'EFI, tous les modèles commercialisés jusqu'à présent étant destinés aux CPU Intel.