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L’UEFI : futur succès ou flop ?

L’UEFI : futur succès ou flop ?
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L’UEFI a fait la une des journaux récemment, à la suite des déclarations de Mark Doran et Brian Richardson qui ont affirmé à la BBC que les cartes mères UEFI commenceraient à dominer le marché en 2011.

Nous vous avons rapporté ces propos (cf. « L'UEFI aurait déjà (presque) remplacé le BIOS ») et nous sommes ensuite demandé, avec la rigueur et le recul qui s’imposaient, dans quel univers parallèle ces deux individus vivaient. À part pour les machines en provenance d’Apple, l’UEFI est quasiment absent des PC et ceux qui l’utilisent ont un système parfois bancal, souvent affligé de bugs et limitations.

La naissance de l'UEFI

Petit retour en arrière. Le BIOS nous vient d’IBM et des années 1980. Selon les responsables de l’UEFI, Big Blue ne pensait pas que son Basic Input Output System dépasserait les 250 000 machines. C’est clairement chose faite, mais 30 ans après ses limites technologiques l’ont finalement rattrapé.

La réponse à l’anachronisme du BIOS commence dans les laboratoires d’Intel qui se retrouva face à une impasse lors de la conception de son architecture Itanium (IA64). Le fondeur a renoncé à toute rétrocompatibilité avec les architectures 32 bits, ce qui signifiait que le BIOS, avec son bloc de 512 octets destiné à l’amorçage, était tout simplement trop étriqué et incompatible avec la nouvelle puce.

Intel a donc apporté sa réponse en publiant l’Intel Boot Initiative, installé sur les machines HP-Itanium dans le milieu des années 90. Il a ensuite renommé son projet EFI (Extensible Firmware Interface) en 2000 avec la sortie de l’EFI 1.02 qui fut retiré quasi immédiatement pour des raisons juridiques. Deux ans plus tard, la firme revint sur le devant de la scène avec la version 1.10, compatible avec les processeurs x86 32 bits. C’est le premier pas de l’EFI vers une autre architecture que l’IA64.

Le fondeur se retrouve néanmoins devant un problème : il n’est pas le seul au monde à fabriquer des processeurs et cartes mères et les limitations qu’il a rencontré avec les BIOS existent aussi pour ses concurrents. Il court donc le grand risque de voir fleurir des solutions annexes à son EFI et incompatibles avec son système.

C’est pour éviter le chaos qu’en 2005, il a décidé d’ouvrir son projet en créant le Forum UEFI (Unified Extensible Firmware Interface), un consortium en charge de définir les standards, développer les mises à jour et promouvoir son installation. Regroupant AMD, American Megatrends (AMI), Apple, Dell, HP, IBM, Insyde Software, Intel, Lenovo, Microsoft, et Phoenix Technologies, ce consortium a marqué les premiers pas de l’UEFI 1.0 qui était en fait la version 1.10 de l’EFI. Cette étape marque la fin du monopole d’Intel sur son projet. Il savait que la démocratisation de sa technologie devait passer par une organisation regroupant aussi ses concurrents.

Depuis 2008, l’UEFI 2.0 a apporté la gestion des architectures x86-64 AMD et Intel qui ont la grande particularité d’être rétrocompatible x86-32 bits contrairement à l’IA64. On notera aussi qu’ARM a rejoint les rangs de l’UEFI. Nous en sommes aujourd’hui à la version 2.3 qui a été approuvée en mai 2009.

L'échec

Or, depuis 2005, force est de constater que la révolution UEFI tant annoncée n’a pas eu lieu et nous sommes en droit de nous demander pourquoi. À vrai dire, cette interface est tellement absente qu’elle a mérité d’être en haut de notre classement des flops de 2009. Les technologies utilisées par l’UEFI sont-elles mauvaises ? Y a-t-il des problèmes inhérents qui empêchent les fabricants de cartes mères de faire le pas ? Pourquoi le BIOS, si souvent décrié, reste-t-il le maître incontesté du marché ? Autant de questions que nous allons tenter d’aborder afin de mieux saisir cette situation complexe.

Avant de poursuivre, nous tenons néanmoins à préciser qu’au regard de la nature de cet article, nous emploierons simultanément les termes EFI et UEFI pour désigner l’interface actuelle définie par le forum, sans distinction entre les diverses étapes historiques que ces appellations représentent.