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Qualcomm dépasse la capitalisation boursière d'Intel

Par - Source: Tom's Hardware FR | B 5 commentaires

La capitalisation boursière de Qualcomm (106 milliards de dollars, soit 83,4 milliards d’euros) a dépassé celle d’Intel (105 milliards de dollars, soit 82,5 milliards d’euros) hier à la Bourse de New York. C’est une première pleine de leçon. L’une d’entre elles est qu’Intel commence à être pénalisé par son absence sur le secteur des puces mobiles, selon Ian King de Bloomberg.

Les fondamentaux

L’action de Qualcomm a gagné 8,1 % hier après que la firme ait publié des prévisions financières en forte hausse. C’est le gain le plus important de l’année. Comparativement, l’action d’Intel a perdu 14 % cette année. Un retour aux fondamentaux est néanmoins important pour tempérer ces évolutions.

Le chiffre d’affaires d’Intel était de 13,46 milliards de dollars le trimestre précédent pour un bénéfice de 3 milliards de dollars (cf. « Intel : 3 milliards de dollars de bénéfices, mais des prévisions prudentes »). Qualcomm a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 4,87 milliards de dollars, pour un bénéfice de 1,27 milliard de dollars.

Certains se demanderont sûrement pourquoi la capitalisation boursière de Qualcomm est plus importante, alors qu’Intel gagne beaucoup plus d’argent et que son action semble sous-évaluée avec un ratio cours sur bénéfices (PER ou Price Earning Ratio) de seulement 8,86, alors que celui de Qualcomm tourne autour de 20 (une valeur correcte compte tenu du très faible taux d'inflation aux États-Unis).

La Bourse a moins confiance en l’avenir d’Intel en raison de son retard sur le marché mobile

Il convient de rappeler que les valeurs boursières sont très volatiles et le cours d’une action ne reflète pas toujours la santé de l’entreprise, mais témoigne surtout de la confiance des actionnaires dans son avenir, une donnée subjective qui n’est pas toujours fondée sur la raison et du concret.

En l’espèce, les marchés sanctionnent Intel et Qualcomm. Le premier souffre de la baisse de la demande sur le marché des PC (cf. « 2013 : une mauvaise année pour les semiconducteurs ? »), il a déjà prévenu que son quatrième trimestre 2012 sera difficile et son chiffre d’affaires stagne. Il a manqué le début du boom mobile et arrive seulement cette année sur ce secteur très concurrentiel dominé par ARM (cf. « Un CPU Intel dans le Motorola RAZR M »)

La Bourse parie sur l’avenir de Qualcomm qui domine le marché mobile

De son côté, Qualcomm profite du boom mobile et la multiplication des plateformes ARM où il est très présent. Comme nous l’expliquions dans notre dossier « Qualcomm : Les entreprises high-tech qui cartonnent », en plus de disposer de processeurs intéressants, la firme est la deuxième à détenir le plus de brevets LTE juste derrière LG et elle se démarque par une série de modules populaires, comme celui de l’iPhone 5 qui regroupe les réseaux CDMA et LTE sur un même die (cf. « LTE, H+, CDMA, Wi-Fi et Bluetooth - Tout savoir sur l’iPhone 5 et iOS 6 »). C’est important, car la majorité de ses revenus proviennent des puces cellulaires.

Bref, Qualcomm a franchi une étape symbolique qui témoigne de son succès sur un marché émergeant, mais il est important de remettre cette victoire dans son contexte. Le cours de la bourse peut très vite changer pour annuler ces gains et Intel dispose d’un trésor de guerre et d’un savoir-faire qu’il est important de ne pas sous-estimer.

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  • St-Jean , 14 novembre 2012 11:13
    Citation :
    Certains se demanderont sûrement pourquoi la capitalisation boursière de Qualcomm est plus importante, alors qu’Intel gagne beaucoup plus d’argent et que son action semble sous-évaluée avec un ratio cours sur bénéfices (PER ou Price Earning Ratio) de seulement 8,86, alors que celui de Qualcomm tourne autour de 20 (une valeur correcte compte tenu du très faible taux d'inflation aux États-Unis).
    Désolé de contredire l'honorable rédacteur, mais il n'y a aucun rapport entre le ratio cours-bénéfice et l'inflation. Le ratio cours-bénéfice signifie que le titre se négocie 20 fois le bénéfice par action de l'entreprise dans le cas de Qualcomm, alors que ce multiple n'est que de 8,86 dans le cas d'Intel. Comme vous le dites, tout est question de confiance, et cela signifie qu'à bénéfice égal, les investisseurs sont près à payer plus cher pour l'action de Qualcomm. Et ce, que l'inflation soit à 1 % ou à 12 %, car ce n'est pas lié. Pour dire les choses simplement, Intel est sous-évaluée car son ratio cours-bénéfice est inférieur au multiple que l'on observe habituellement dans le secteur des hautes technologies. À cet égard, Qualcomm est assez conforme à ce que l'on constate habituellement dans ce secteur (lors de l'éclatement de la bulle techno, au début des années 2000, ce multiple atteignait souvent 30 ou 40. C'est là que les investisseurs ont pris peur et ont constaté que le prix qu'ils avaient payé ne reposait sur rien, ou en tout cas sur une valeur réelle de l'entreprise sans rapport —lire très inférieure à— avec sa capitalisation boursière). Pour un investisseur, et sous réserve des perspectives et des facteurs fondamentaux de l'entreprise, le titre d'Intel peut représenter une bonne occasion pour les investisseurs, car il a une marge de progression que celui de Qualcomm n'a pas.
  • David Civera , 14 novembre 2012 11:43
    St-Jean > Merci pour votre commentaire. Permettez-moi de clarifier mon propos qui ne semble pas avoir été compris. Voici pourquoi je parle de l'inflation qui est une mesure nécessaire pour déterminer si le cours d'une action est correctement évalué.

    Comme vous l'expliquez, le rapport cours par bénéfice permet de connaitre la valeur de l'action par rapport au bénéfice. Concrètement, cela donne une estimation de ce que l'on est prêt à payer aujourd'hui pour un bénéfice qui sera réalisé dans le futur.

    Concrètement, c'est un pari sur l'avenir. Est-ce que le prix de l'action aujourd'hui correspondra aux performances de la société? Or, pour évaluer ces performances, il faut les replacer dans leur contexte économique, c'est-à-dire pondérer ce ratio en prenant compte du taux d'intérêt des 5 dernières années payé par la banque centrale américaine (ce sont des actions qui se négocient sur le NYSE) et le taux d'intérêt réel. Or la formule du taux d'intérêt réel est corrigée par l'inflation.

    Pour faire simple et pour citer cet article intéressant (http://www.discoveroptions.com/mixed/content/education/articles/peratio.html), en période de faible inflation (comme en ce moment aux US), un P/E de 20 est correct. Par contre, si l'inflation augmente de 1 %, un niveau P/E correct est de 16 et un P/E de 20 est alors une surévaluation de l'action.

    Voilà pourquoi je parle de l'inflation.
  • St-Jean , 14 novembre 2012 12:02
    J'ai souvent le nez dans les textes financiers pour mon métier, je traduis beaucoup de chroniques économiques et financières professionnellement et, honnêtement, c'est la première fois que je vois un tel raisonnement et un tel lien entre c/b et inflation. Et à vrai dire, je le conçois mal. Je me promets de lire ce texte avec attention.
  • alberich , 14 novembre 2012 12:27
    En fait les choses dépendent énormément du comportement des investisseurs, Normalement (traditionnellement) sur le marché des actions ce sont les plus values qui sont recherchées et dans ce cas le PER n'est qu'un indicateur du prix de l'action qu'il faut pondérer avec les perspectives futures de la société. La position est spéculative

    Mais de nos jours beaucoup d'investisseurs en actions le font avec une recherche de rendement et le taux de l'inflation compte beaucoup dans cette position de simple placement. Ce taux d'inflation a une importance au rapport des dividendes distribués ainsi que les rendements sur des placements concurrents, comme l'immobilier et autres.
  • David Civera , 14 novembre 2012 12:45
    St-JeanJ'ai souvent le nez dans les textes financiers pour mon métier, je traduis beaucoup de chroniques économiques et financières professionnellement et, honnêtement, c'est la première fois que je vois un tel raisonnement et un tel lien entre c/b et inflation. Et à vrai dire, je le conçois mal. Je me promets de lire ce texte avec attention.


    Je salue votre ouverture d'esprit et suis prêt à discuter sur ce sujet. Si vous avez des documents pour ou contre cette méthode d'analyse, je serais ravi de les lire.

    alberichEn fait les choses dépendent énormément du comportement des investisseurs, Normalement (traditionnellement) sur le marché des actions ce sont les plus values qui sont recherchées et dans ce cas le PER n'est qu'un indicateur du prix de l'action qu'il faut pondérer avec les perspectives futures de la société. La position est spéculative

    Mais de nos jours beaucoup d'investisseurs en actions le font avec une recherche de rendement et le taux de l'inflation compte beaucoup dans cette position de simple placement. Ce taux d'inflation a une importance au rapport des dividendes distribués ainsi que les rendements sur des placements concurrents, comme l'immobilier et autres.


    Réponse constructive et très enrichissante. Merci beaucoup de votre intervention.