Que penser des imprimantes 3D ? Révolution ou gadget ?

Une tête de cheval impriméeUne tête de cheval impriméeAu CES 2013, les imprimantes 3D étaient très présentes, avec des modèles d'entrée de gamme, des modèles plus onéreux et des services permettant d'imprimer des objets à distance (comme la société française Sculpteo). Vue par certains comme la prochaine révolution industrielle, elle reste pourtant perçue comme un gadget dans d'autres cas. Expliquons.

Une technologie pas encore mûre

Si le concept est intéressant dans l'absolu, les imprimantes 3D actuelles souffrent de beaucoup de limites techniques. Le principal est évidemment la qualité des objets : tous les modèles abordables utilisent du plastique ABS conditionné sous la forme d'une énorme bobine, et l'imprimante va simplement dérouler le fil et faire fondre ce dernier pour dessiner des objets. Si la technique est peu onéreuse et permet de faire facilement des formes étonnantes, elle a un défaut : la structure est assez visible au final. Même s'il est possible de poncer les objets — ce que certains exposants au CES avaient fait —, les objets imprimés en 3D sont facilement reconnaissables. L'autre problème est la vitesse : la création d'un objet en 3D est lente, et plus il est complexe, plus il faut de temps. 

Parfait pour le prototypage

L'objet est très reconnaissableL'objet est très reconnaissableNe soyons pas négatifs : les imprimantes 3D, tout du moins actuellement, n'ont pas que des défauts. Elles sont d'abord très utiles dans le milieu industriel : c'est un appareil parfait pour faire du prototypage ou pour fabriquer des objets en petite quantité. Ensuite, même dans le grand public, les bricoleurs et autres bidouilleurs apprécient l'objet. Certaines marques, comme Nokia, l'ont d'ailleurs bien compris en proposant des plans pour fabriquer des coques. Mais comme dans beaucoup de domaines, nous sommes au tout début de l'aventure : les produits sont onéreux, les possibilités faibles et les produits réservés à une frange de la population.

Une révolution... ou pas

La question à se poser est simple : est-ce que les imprimantes 3D sortiront des niches où elles sont présentes actuellement ? La réponse n'est pas si évidente qu'elle en a l'air. L'imprimante 3D arrivera évidemment dans les salons des geeks et autres bidouilleurs, baisse de prix aidant, mais sera-t-elle présente chez madame Michu ? Ce n'est pas certain. Croire qu'il sera possible de fabriquer n'importe quel objet ou réparer des appareils endommagés, c'est se leurrer. La complexité des processus industriels actuels et les matériaux utilisés ne permettent pas pour le moment ce genre de choses, et vu le marché actuel, ce n'est pas encore une option envisageable, même à moyen terme. L'autre raison est plus pragmatique : les industriels réagiront — et ils réagissent déjà —. Aucune société ne laissera les utilisateurs reproduire des objets qu'ils vendent, dont les design sont protégés, sans réagir. Même actuellement, alors que les imprimantes 3D sont rares, les industriels essayent déjà d'empêcher les utilisateurs se partager leurs modèles 3D, nécessaires pour concevoir un objet. Et sans les plans, pas d'objet. S'il est un jour possible de réparer un objet à la maison, avec une imprimante 3D, ce sera en achetant les plans aux concepteurs de l'objet, ou en « piratant » ces derniers, mais a priori pas en les téléchargeant sur le site du constructeur.

Les consommablesLes consommablesImpression en coursImpression en cours

Notre constat peut paraître pessimiste, mais il ne l'est pas : nous pensons que les imprimantes 3D ont un marché, mais pas celui du grand public. Et vous, que pensez-vous des imprimantes 3D, avez-vous l'intention d'en acheter une ?

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41 commentaires
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  • "Aucune société ne laissera les utilisateurs reproduire des objets qu'ils vendent" Analyse de très courte vue!!
    Les utilisateurs n'ont jamais attendu un permis de copier des libraires, des cinéastes ou des photographes pour copier depuis qu'existent les techniques peu coûteuse de reprographie, d'enregistrement numérique ETC.
    De plus, si la technique évolue (et elle évoluera - allô le rédacteur, l'homme marche sur la lune depuis 1969), les utilisateurs se passeront des plans propriétaires --> ils produiront des plans open source!
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  • Réparer un bien quelconque en produisant une pièce en plastique cassée plutôt que de devoir racheter ledit objet est un doux rêve.
    Caressons l'espoir qu'un jour il se réalise.

    Quant aux copyright sur les pièces d'un produit, si les plans se retrouvent de manière illégale sur le net ce ne sera qu'un juste retour de bâton non ?
    Après tout, ce sont bien les industriels qui nous poussent toujours à consommer plus en rachetant à prix maximal un bien qui n'est plus utilisable mais bien réparable.
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  • C'est plus facile de voir le mal que le bien, et les entreprises ne sont pas les dernières dans le domaine. Je pense que c'est plus une porte ouverte pour les gens qui ont des idées et qui veulent fabriquer leur prototype. Quand je vois qu'on peut même faire de l'impression avec des éléments mobiles, je trouve ça assez dingue...
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