Décision de la FCC sur la neutralité du web

La commission régulant les communications aux États-Unis (l’équivalent de l’ARCEP en France) vient de publier une décision très attendue portant sur la neutralité du web. À vouloir trop ménager la chèvre et le chou, personne n’est satisfait.

Pas de ségrégation sur Internet

Très grossièrement, le principe de neutralité du net énonce qu’un réseau ne doit pas être exclusif à certains appareils (Orange uniquement disponible sur l'iPhone par exemple) et que sa bande passante ne doit pas être restreinte en fonction du type de site que l’on explore ou de l’application que l’on exécute. Le concept n’est pas nouveau et régit les connexions internet filaires (DSL, câble, etc.) depuis longtemps.

Avec l’arrivée de l’Internet sur smartphone et des forfaits data, les opérateurs ont décidé de faire des économies en tentant de limiter la bande passante offerte à leur client ou en privilégiant certaines applications. Après de longs débats, il était temps pour la FCC de poser quelques règles. Malheureusement, sa décision est décevante. Évidemment, elle n’affecte pas directement les Internautes français, mais elle est surveillée de près par les gouvernements du monde entier qui pourraient s’en inspirer.

Décision qui manque de cohérence et qui est trop laxiste pour les abonnements mobiles

Les règles régissant les abonnements filaires sont plus strictes, renforçant le principe de la neutralité du net. Les opérateurs ne peuvent pas bloquer un site ou ralentir la bande passante de l’utilisateur.

Par contre, les abonnements data des services pour smartphones ne sont pas soumis au même régime. Selon le communiqué, il s’agit d’un secteur qui demande des « considérations spéciales » parce qu’il s’agit de technologies plus jeunes. La FCC a aussi surpris tout le monde en affirmant que sa décision était en partie motivée par « l’ouverture » d’Android.

Tout d’abord, si Android est open source, il n’est pas ouvert. Il est aussi absurde de parler d’un OS pour justifier des règles qui n’ont rien à voir avec le système d’exploitation puisqu’elles régissent la bande passante offerte à l’appareil quel que soit son système. Enfin, la conclusion qui affirme qu’il faut adopter des « mesures restrictives » [NDLR : limiter la neutralité du net] pour protéger l’ouverture des réseaux mobiles laisse tout simplement perplexe quant à l’impact concret de cette décision.

Le summum de cette annonce paradoxale censé promouvoir l’ouverture des réseaux vient du refus de la FCC de publier le texte voté. Nous n’avons pour l’instant qu’un communiqué de presse en attendant une publication officielle. Une chose est sûre, le lobbying de Google et Verizon qui poussent pour une limitation des règles de neutralité pour les réseaux mobiles semble avoir porté ses fruits. Reste à voir s’ils seront empoisonnés comme certaines critiques le font entendre.

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13 commentaires
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  • Jin Kazama
    C'est vrai que sur mobile, en France, la neutralité du net, c'est :
    - SFR : Bridage des ports
    - Bouygues : Bridage des ports (seul les principaux (web/mail) sont ouverts)
    - Orange : Ports ouverts (certains ports sont bloqués) mais le trafic est analysé et classé => S'il détecte un usage interdit (P2P non "brouillé" ou VoIP), ils "pourrissent" le transfert en cours.

    Faites des essais, dans tous les cas, faire passer le traffic via un VPN règle le problème (exemple orange : VoIP SIP sur forfait bas de gamme => inutilisable si l'on ne prends pas l'option a 15 euros/mois, une fois le VPN connecté, tout fonctionne convenablement!)

    Je veut bien prioriser le traffic en f() de ce qu'il est (Genre le FTP ne souffre pas d'un latencee elevée et peut s'accomoder d'un debit variable/élevé, quand a RTP, c'est le contraire et il devrait etre prioritaire sur tout le traffic. En gros, faire de la QoS comme en entreprise.

    Le problème c'est qu'aujourd'hui les operateurs font de la "QoS" pour des raisons commerciales (volontairement pourir une liaison vers un datacenter spécifique pour faire payer Google/Youtube, faire prendre des options a la con...). C'est pas loin d'une escroquerie, je trouverai plus simple qu'ils retourne a la base (du moins en réseau mobile) : faire payer au débit, voir a la quantité de donnée transférée.

    Il ne faut pas croire que l'excellent marché de l'ADSL/Cable illimité francais s'applique au mobile; en France on est a la pointe des abonnement mobiles illimités...très limités : (reduction des debits apres XMo, bridage ports, priorisation du trafic t'obligant a prendre des options a la con...). Dans la plupart des pays (europe/asie/australie/nouvelle Zélande), il est possible d'acheter des cartes prepayées avec 1Go pour 5-10 euros, 10Go pour ±30 euros... tout ca en vrai 3G+ (1.8MBps a 14MBps) -> qu'on ne vienne pas comparer la France avec Hong Kong a ce niveau (densité), je préfère prendre l'Australie 7eur/Go en mobile ou 40 eur/10Go... tout ca en 3G+ au fin fond de la brousse, pour du trafic généralement international (USA/Europe).
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  • hmn
    Je me demande pourquoi l'Ufc, 50 millions de consommateurs, la Dgccrf, ne font pas supprimer la mention pseudo commerciale d'illimité dans les offres, puisque ce n'est pas le cas. C'est de la publicité mensongère. Faut-il que cela soit le particulier (le pot de terre) qui attaque les opérateurs (pot de fer)? Où sont ceux qui sont censés défendre les droits du consommateur?
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  • Anonyme
    Coluche disait : Quand on pense … Qu’il suffirait que les gens ne les achètent plus pour que ça vende pas !

    cqfd.
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