Les jeux vidéo ne sont pas assez chers, selon un analyste

Histoire de bien se faire remarquer dans la violente polémique autour des micro-transactions de Battlefront II, un analyste ajoute son grain de sel sur l'addition. Evan Wingren, chez KeyBanc est plutôt clair : « Si vous prenez du recul pour examiner les chiffres, une heure de contenu de jeu vidéo reste encore l'une des formes de divertissement les moins chères. Une analyse quantitative montre que les éditeurs de jeu facturent les joueurs à un tarif relativement bas, et qu'ils devraient certainement augmenter les prix. »

Battlefront II : un caprice des joueurs ?

Notre cher Evan va encore plus loin. Selon lui, le scandale généré au sujet des micro-transactions de Star Wars: Battlefront II se résume à une « réaction excessive » des joueurs sur Reddit, et de certains journalistes qui ne voient pas ce mécanisme de paiement d'un bon oeil. Selon l'analyste, la suspension des micro-transactions serait un risque transitoire pour l'industrie du jeu vidéo. Sans commentaire !

Posez une question dans la catégorie Les news : vos réactions du forum
3 commentaires
Commenter depuis le forum
    Votre commentaire
  • magellan
    Son analyse n'est pas totalement dépourvue d'intérêt je trouve, même s'il s'agit là d'un appel à troll et réactions des joueurs.

    Le coût de production des jeux a explosé en une décennie. En cas d'échec, on ne parle plus de "petites productions" mais bien de dizaines voire de centaines de millions d'Euros/dollars qui s'évaporent. C'est comme le cinéma actuel: il FAUT que ça marche sous peine de torpiller l'entreprise. Là où on pariait sur X sorties, on se réduit forcément faute de pouvoir investir sur plusieurs fronts à la fois... ou bien on se regroupe façon UBI pour avoir une réserve de cash suffisante pour absorber les échecs.

    Ou bien on choisit de faire du bankable (FPS à licence par exemple)... pour réduire les risques!

    Si l'on met en regard la durée de vie des jeux avec le prix d'chat, cela s'est sensiblement amélioré... Mais c'est artificiel car ladite durée de vie est majoritairement à indexer sur le multijoueur. Dans la majorité des blockbusters, la "campagne" est essentiellement un tutoriel qui n'est intéressant tout au plus qu'une fois, et pour tout joueur qui comme moi ne s'intéresse pas au multi c'est immédiatement frustrant d'avoir joué qu'une dizaine d'heures au plus pour plier le contenu solo. A partir de ce raisonnement, l'heure de jeu concrète est donc "moins chère" qu'à une certaine époque.

    Cependant, je trouve que son propos omet tout de même une pelletée de choses!
    - Toute industrie du loisir s'adosse à une prise de risque et surtout à une distribution massive. On n'est plus à l'époque où 10.000 ventes était honorable, mais plutôt où sous le million d'unités vendues c'est un bide.
    - Que la dématérialisation a considérablement réduit les coûts annexes induits par la distribution, le stockage d'invendus, les marges des revendeurs et j'en passe.
    - Qu'à terme on peut assez simplement songer que nombre de consoles finiront par prendre le virage "steam like" pour profiter de ce même concept. Pour l'heure, le maintien de support physique est avant tout une manière de réduire le piratage (médias complexes à copier/pirater notamment), mais aussi de prétendre à l'argument marketing de la revente (d'où le débat PS4/Xbox One à leurs sorties respectives)
    - Qu'en faisant disparaître le magasin à la GAME ou MICROMANIA les structures comme Steam peuvent augmenter leurs marges tout en ayant paradoxalement un prix de vente plus faible.
    - Que l'absence de média physique est un vrai plus économique car faisant disparaître à terme les coûts de fabrication

    Quantifier le prix des jeux est inepte car nombre d'exemples offrent à ce monsieur des contre exemples radicaux comme Minecraft, World of tanks, League of legends, rocket league etc... démontrent qu'un prix attractif (ou du micropaiement bien géré) peuvent tout à fait générer des bénéfices colossaux... Sans que le ticket d'entrée soit élevé.

    Par contre ce qu'il soulève réellement c'est de savoir quel est l'avenir de la vente/distribution des jeux: du micropaiement à outrance pour compenser un prix de vente initial faible voire nul, ou bien des jeux plus chers mais "gratuits" à l'intérieur? BattleFront 2 est critiquable parce qu'il a fait le pari débile de cumuler un prix de vente standard ET du micropaiement mal géré...
    0
  • mitch074
    Il base également son analyse sur les divertissement basés sur l'industrie des majors (musique, cinéma etc.) qui sont, eux, horriblement chers si on les compare à d'autres formes de loisirs. Par exemple, selon ce même calcul, un paquet de cartes à jouer devrait être vendu plusieurs milliers d'euros si l'on se base sur le temps de jeu utilisable - et encore, pour ceux qui protesteraient quant à la possibilité de revoir un film, réécouter un CD ou relire un livre, je me base sur la possibilité de faire une seule patience, une seule réussite, un seul poker, un seul rami etc.

    Ne parlons pas du jeu d'échecs, des jeux de plateau/de société... Sans compter la réplique ultime: les jeux AAA qui ont coûté des millions n'arrivent pas toujours à la cheville de jeux développés par de petits studios.
    0
  • magellan
    Anonymous a dit :
    Il base également son analyse sur les divertissement basés sur l'industrie des majors (musique, cinéma etc.) qui sont, eux, horriblement chers si on les compare à d'autres formes de loisirs. Par exemple, selon ce même calcul, un paquet de cartes à jouer devrait être vendu plusieurs milliers d'euros si l'on se base sur le temps de jeu utilisable - et encore, pour ceux qui protesteraient quant à la possibilité de revoir un film, réécouter un CD ou relire un livre, je me base sur la possibilité de faire une seule patience, une seule réussite, un seul poker, un seul rami etc.

    Ne parlons pas du jeu d'échecs, des jeux de plateau/de société... Sans compter la réplique ultime: les jeux AAA qui ont coûté des millions n'arrivent pas toujours à la cheville de jeux développés par de petits studios.

    C'est intéressant comme raisonnement, notamment parce qu'on en est arrivé là avec les "Pay per view" en VOD, la location de contenus et j'en passe. Pour ce qui est du coût de production... c'est selon mon regard hors de propos finalement: la qualité n'est pas liée au coût de production, et paradoxalement l'excès de coût induit de la "prudence" pour éviter les débordements risqués, quitte à produire du tout venant très sexy certes, mais absolument pas innovant.
    0