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Overclocking : Sandy Bridge change la donne

Intel Core 2000 : le test des Sandy Bridge
Par , La rédaction

Sandy Bridge modifie en profondeur le monde de l’overclocking sur les processeurs Intel. La nouvelle architecture marque la fin du temps où il était possible de profiter de gains importants sur des plateformes propices à ce genre de sport, tel que Nehalem.

L’histoire est déjà connue. Dans le but de simplifier le design du processeur, ce qui est pertinent du point de vue architectural, Intel à intégré le générateur d’horloge dans les chipsets Intel 6. Concrètement, l’ensemble du système est donc gouverné par une seule horloge, ce qui signifie qu’il n’est plus possible de modifier indépendamment les fréquences des sous-systèmes comme le PCI-Express et le DMI.
 
Le problème est que le PCI-Express ne tolère pas des changements importants par rapport à ses spécifications officielles. Changer légèrement la fréquence du bus (BCLK) réglée à 100 MHz devient la source de nombreux problèmes. L’époque où l’on pouvait propulser le BCLK du Nehalem de 133 MHz à plus de 200 MHz est terminée. Les overclockeurs perdent ainsi une des deux variables qui avait un impact sur les performances du processeur. Intel propose donc deux solutions.

La première consiste à offrir des processeurs K débloqués. Les premiers modèles de cette famille sont apparus en mai dernier. Le coefficient multiplicateur peut monter jusqu’à 57x, permettant des fréquences atteignant 5,7 GHz sans qu’il y ait besoin de toucher à l’horloge du bus. Intel affirme que le chiffre 57 reflète des « considérations de design », sans que l’on sache ce que cela veut réellement dire. La bonne nouvelle pour les fans d’azote liquide est que la société travaille sur un BIOS capable d’aller plus loin.

La famille des processeurs K offre aussi un ratio mémoire DDR3 débloqué. Il n’est en fait pas réellement débloqué, mais permet l’utilisation de barrettes cadencées à plus de 2 133 MHz ce qui est plus rapide que la plupart des kits du marché. Les limites liées à la tension et l’intensité peuvent aussi être modifiées.

Il n’y a que deux processeurs K qui sont lancés aujourd'hui : le Core i7-2600K et le Core i5-2500K. Le modèle i7 débloqué coûte 23 $ de plus que le modèle standard tandis que l’i5-2500K est 11 $ plus cher que son homologue classique. Ce processeur tourne par défaut à 3,3 GHz et son mode Turbo Boost monte à 3,7 GHz. Comparé au Core i5-760 cadencé à 2,8 GHz, un Sandy Bridge débloqué pour 11 $ de plus est une bonne affaire.

Si vous décidez de choisir un modèle qui n’appartient pas à la famille K (Core i7-2600, Core i5-2500, -2400, ou -2300), vous disposerez tout de même de ce qu’Intel appelle un « déblocage limité », à condition de disposer d’une carte mère P67. Il est possible de faire monter la fréquence du processeurs en jouant sur les « bins » du processeurs, un paramètre permettant une augmentation de 100 MHz par bin. Le processeur tolère un maximum de quatre bins au-dessus du seuil Turbo Boost disponible.

Par exemple, un Core i7-2600 dispose d’une fréquence de base de 3,3 GHz. Avec quatre cores actifs, le mode Turbo Boost atteint 3,4 GHz. Il est donc possible d’overclocker le processeur à 3,8 GHz. Le même processeur avec un seul core actif dispose d’un mode Turbo de 3,7 GHz et peut donc s’overclocker à 4,1 GHz.

Les modèles K s’overclockent bien. Nous avons reçu des Core i7-2600K qui utilisent un refroidissement à air et qui sont capables de tourner à 4,7 GHz à 1,35 V sans broncher. Les possesseurs d’une puce limitée pourront tout de même profiter de 400 MHz de plus.

Les consommateurs délaissés par cette histoire sont ceux cherchant un processeur d’entrée de gamme entre 100 $ et 150 $. Les seuls Sandy Bridge en dessous de 175 $ sont les Core i3-2100 et i3-2120 à 3,1 GHz et 3,3 GHz. Or, ils ne disposent pas de mode Turbo et ne gèrent pas le déblocage limité. Ils sont complètement figés. Pourtant, c’est un marché où AMD propose ses meilleures offres.

Nous pensons qu’Intel a fait preuve de maladresse en tentant d’utiliser l’overclocking comme une fonctionnalité différenciant certaines puces. Les overclockeurs passionnés qui ont déjà dépassé les 7 GHz sur les modèles K existants se retrouvent artificiellement limités par le coefficient. Les clients intéressés par l’entrée de gamme n’ont aucune marge de manoeuvre et à moins d’acheter un Sandy Bridge K, le consommateur moyen est restreint à 400 MHz.

Nous espérons seulement qu’AMD tirera les leçons de cette erreur. Il est vrai que son 45 nm n’offre pas beaucoup de marge de manoeuvre, mais la mise sur le marché de puces à 32 nm cette année pourrait offrir une plateforme plus flexible satisfaisant ceux qui se sentent délaissés par la nouvelle politique d’Intel en matière d’overclocking.