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Un environnement en pleine mutation

Smartphones : quand mobilité et sécurité s'opposent
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Parce que le smartphone fait désormais partie intégrante de l’arsenal numérique du consommateur, la mobilité attise les convoitises. Et pas seulement chez les constructeurs, les éditeurs et les opérateurs, comme nous allons le voir ci-dessous, mais également du côté des hackers, des pirates informatiques ou autres spammeurs ainsi que quelque pratiquants du phishing (hameçonnage - technique qui consiste à usurper l’identité d’un service ou d’un site Web afin de voler les crédences d’un utilisateur). Des méthodes très fortement liées à l’industrie informatique, qui commencent de plus en plus à être appliquées au smartphone. Bref, la téléphonie mobile est devenue un canal d’attaque. Comme un simple ordinateur. Surtout depuis que les smartphones, techniquement, ne sont ni plus ni moins qu’un ordinateur, certes rudimentaire, mais un ordinateur tout de même capable de se connecter à Internet, de relever ses mails, de poster ses billets de blogs, de publier un tweet, ou de mettre à jour Facebook.

Ce point de vue, c’est également celui d’Eugène Kaspersky, spécialiste de la sécurité informatique et éditeur de l’antivirus qui porte son nom, qui dans les colonnes de Rue89 (quotidien généraliste en ligne), explique en substance que peu de différences sont aujourd’hui notables entre un smartphone et un ordinateur. “Qu'est-ce qui différencie un smartphone d'un ordinateur ? Il n'y a pas de souris sur le smartphone, et c'est plutôt difficile de passer un coup de fil dans la rue avec son ordinateur.” Il ajoute qu’aujourd’hui les hackers sont encore peu interessés par les smartphones, à cause notamment d’un manque de services. “C'est pour ça que les hackers ne sont pas très intéressés par les smartphones, il n'y a pas beaucoup d'argent à se faire. Mais je suis sûr que tous ces services finiront par arriver sur les téléphones. Et les pirates avec. Ils ne font que suivre l'argent”, conclut-il. Le smartphone, ainsi que les OS qui le motorisent (Symbian, Blackberry, iPhone, Windows Mobile, Android, ...) sera-t-il frappé du syndrôme Windows, qui de part sa très forte pénétration sur le marché du desktop, est devenu la cible préférée - et forcément de fait - des pirates informatiques ?

Un premier élément de réponse : la découverte début 2010 du premier malware sur l’Android Market, la boutique en ligne réservée à l’OS mobile de Google. Son modus operandi : capturer les identifiants et mots de passe des utilisateurs en se faisant passer pour une application bancaire. Un principe classique de phishing qui cette fois s’exporte sur le mobile. Notons toutefois au passage que l’Android Market ne propose pas de validation a priori des applications disponibles sur la plate-forme - comme peut le faire Apple sur l’AppStore, par exemple. Une méthode qui pourrait banaliser un peu plus l’arrivée de pratiques malveillantes sur l’écosystème qui aujourd’hui entoure tous les smartphones, surtout au regard de la multiplication des terminaux Android prévue pour les prochaines années.

Comme le PC à son époque, le smartphone connaît actuellement un engouement de la part des consommateurs, tant au niveau des particuliers que des entreprises. Le contexte technologique et culturel actuel, poussé par l’instantanéité et l’omniprésence des connexions, encourage la mobilité. Que ce soit au niveau du téléphone portable, smartphones, ou tout autre appareil mobile que l’industrie informatique amène sur le marché. On parle ici des netbooks, des MID et autres lecteurs multimédia portatifs, et plus récemment des tablettes Internet, une évolution du concept du Tablet PC .

Côté terminaux, donc, l’offre mobile s’est considérablement étoffée. Musclée par une forte innovation de la part des constructeurs, mais également de la part des éditeurs d’OS. Bref, au regard du formidable potentiel financier que représente le marché de la mobilité, les investissements gonflent, entraînant dans leur sillage une multiplication des terminaux. Et très important, suivent des offres commerciales, aux tarifs abordables pour tous, chez les opérateurs. Qui aurait pu parier sur un portable à 1 euro il y a 15 ans ?

Et les chiffres sont éloquents. Le Gartner, dans son dernier baromètre, indique qu’il s’est vendu 1 211 milliards de terminaux auprès du grand public en 2009. Et ce, sur un marché en baisse de 0,9% sur un an, frappé par une crise économique mondiale.

Inévitablement, le marché de la mobilité est devenu un des segments les plus bouillonnants du moment, où constructeurs, opérateurs et éditeurs croisent inlassablement le fer, dans une guerre de parts de marché et de conquête de clientèle sans merci.