Le fonctionnement des SSD selon Kingston

Il n’est pas toujours facile d’obtenir des informations intéressantes de la part d’un grand fabricant au cours d'une interview : le plus souvent, les personnes interviewées utilisent ce moyen pour faire passer leurs messages, souvent moins techniques que marketing et rarement novateur. Mais parfois, quand on a l’occasion d’avoir une conversation informelle avec certaines personnes, il arrive que l’on en retire de l’inédit ou que les informations déjà connues soient présentées différemment, d’une manière qui les rend plus intelligibles ou plus pertinentes.

La conversation qui suit a eu lieu dans le cadre des « rencontre d’évangélisation » organisées par le fabricant de mémoire Kingston (appelées « SSD Acceleration Programs »), au cours desquelles celui-ci présente les technologies des SSD aux professionnels de l’informatique afin d’expliquer en quoi elles consistent et quels sont les avantages qu’elles ont à offrir. Les participants proviennent de tous les horizons (il n’y a pas que des journalistes) mais il y a une série de questions qui semble revenir systématiquement. Ce sont elles que nous avons utilisées comme base pour préparer l’entretien suivant, durant lequel nous avons rencontré deux responsables de la firme, Louis Kaneshiro (Senior Technology Manager) et Tony Chen (Lead Engineer).

Tom's Hardware : Bonjour. Je sais que la presse technique, y compris Tom’s Hardware, a déjà pas mal expliqué les tenants et aboutissants de la technologie SSD, mais j’aimerais voir si nous pouvons aujourd’hui aborder sous un angle un peu différent certaines des grosses questions qui subsistent, comme la durée de vie ou le TRIM.

Louis Kaneshiro : Avec plaisir. Avant de commencer, je voudrais vous dire que Kingston a lancé il y a quelques jours un SSD nommé V+, qui prend en charge le TRIM (NDLR : voir notre test).

TH : Génial, maintenant je vais être obligé de remplacer mon V. Merci. Vous avez encore un peu de pub à faire ?

LK : Non, c’est bon, on a fini [rire]. Juste pour info, je suis plus un utilisateur qu’un geek. Je sais que l’on a souvent abordé le sujet sur le plan technique, donc nous allons essayer de nous mettre un peu plus dans la peau de l’utilisateur cette fois-ci : si ça ne vous dérange pas, on va moins parler des benchmarks que des conditions d’utilisation réelles.

TH : Pas de problème. Commençons par la durée de vie: nous savons que sur les premiers SSD, le risque de panne était élevé. Qu’en est-il aujourd’hui ?

LK : Ce serait plus probablement à Tony de répondre, mais il reste une part de vérité dans ce constat. Les mémoire flash s’use, qu’il s’agisse de la NAND qui se trouve dans votre clé USB, de la carte microSD de votre BlackBerry, de celle de votre appareil photo… Sur les SSD comme sur les autres produits à base de mémoire flash, le nombre de cycles d’écriture/effacement est limité et, tôt ou tard, on arrive au bout. À ce moment-là, le produit cesse de fonctionner.

Tony Chen : En fait, ce n’est pas tout à fait exact. Quand on atteint le MTBF d’un SSD, celui-ci ne tombe pas vraiment en panne. Ce n’est pas comme si les données disparaissaient ou devenaient inaccessibles. C’est juste qu’en fin de vie, les SSD passent en lecture seule ; les données restent toujours accessibles et on peut les transférer sur un autre support. La plupart des SSD fabriqués par Kingston ont un MTBF (une durée de vie moyenne) d’au moins un millions d’heures et sont couverts par une garantie de trois ans minimum. Sur ce plan, on est donc au même niveau que les disques durs traditionnels. Pour ce qui est du support proprement dit et de l’interface, par contre, les SSD sont plus résistants que les disques durs : ils tolèrent des chocs de l’ordre de 1500 G, ce qui serait totalement impossible sur un disque dur. Bref, dans tous les cas, les SSD ont une durée de vie plus importante.

TH : Donc, quand un SSD tombe en panne, pas de panique, ce n’est pas comme l’atterrissage des têtes de lecture/écriture d’un disque dur : on ne perd pas les données.

TC : C’est bien cela.