Test Ultrabook : comparatif de 11 PC ultraportables

Microsoft Surface Pro 4

Une tablette avant tout

La Surface Pro 4 a évidemment une place à part parmi les Ultrabook par sa nature 2-en-1. Son ergonomie est différente de celle d'un PC portable : l'essentiel du poids est réparti dans l'écran (790 g), le clavier étant juste un clavier avec son trackpad (304 g). Sur un bureau, cette conception ne pose pas de problème particulier. Sur les genoux, en revanche la stabilité est moins bonne qu'un PC portable classique. La Surface Pro 4 occupe plus de place sur les jambes puisque son écran est maintenu par un pied qui se déplie à l'arrière. En contrepartie, la Surface Pro 4 peut s'utiliser vraiment comme une tablette : malgré sa taille, son faible poids et sa faible épaisseur permettent de l'utiliser à une main. La finition est excellente : on ne note aucun jeu dans l'assemblage de l'écran, aucune flexion du châssis pendant les manipulations, aucun décalage entre les éléments.

Impossible de ne pas évoquer le stylet. Fourni de base avec la Surface Pro 4, il s'attache magnétiquement sur les flancs de la tablette. Microsoft dit l'avoir encore améliorer sur ce nouveau modèle et il faut bien reconnaître qu'il s'agit d'un des meilleurs stylets du marché. Le décalage entre les mouvements physiques du stylet et le tracé virtuel à l'écran est très faible. La parallaxe est rendue pratiquement inexistante par la très faible épaisseur du verre protégeant l'écran.

Le clavier en tant que tel n'est pas mauvais malgré sa faible épaisseur, toutefois il demandera un temps d'adaptation. Ses touches sont en effet assez resserrées. Microsoft a cependant réussi à leur conserver une course assez longue malgré la faible épaisseur disponible. Le mécanisme utilisé assure des mouvements précis, sans jeu, des touches, à la manière du clavier du MacBook Retina. Mais le confort de frappe est sappé par le manque de rigidité du clavier qui plie et rebondit sous les doigts.Le trackpad quant à lui, est beaucoup plus agréable que sur les précédentes Surface Pro. En verre, il permet une glisse précise, rapide, confortable. Il reconnaît très bien les gestes à plusieurs doigts. Il ne lui reste qu'à grandir encore.

Le seul vrai point faible de la Surface Pro 4 est sa connectique. Elle ne possède qu'un port USB 3 (type A), une sortie vidéo mini DisplayPort, une prise audio 3,5 mm et un lecteur de cartes micro SD. Il faudra forcément envisager l'achat d'un hub USB , mais c'est un mal auquel bien d'autres Ultrabook nous ont habitués.

D'excellentes performances

La Surface Pro 4 est vendue en diverses configurations équipées en Intel Core M, Core i5 ou Core i7, tous de génération Skylake. Celle que nous avons testé est munie d'un Core i5 6300U, une puce double coeur, avec HyperThreading, tournant à 2,4 GHz voire 3 GHz en mode Turbo. Rien de renversant sur le papier et pourtant, la Surface Pro 4 devance largement tous les Ultrabooks que nous avons testé jusqu'à ce jour, exception faire de l'Asus UX501, qui possédait un processeur quadricoeur ! Une excellente performance que l'on peut attribuer en partie à l'architecture Skylake, mais aussi à l'excellent système de refroidissement installé par Microsoft qui permet au Core i5 de travailler au maximum de sa fréquence Turbo, soit 2,9 GHz sur ses quatre coeurs. Dans d'autres Ultrabook, le processeur peut se voir forcer de descendre en fréquence pour éviter la surchauffe.

Prenons l'exemple du HP Spectre x360 : son Core i7 5500U a lui aussi une fréquence Turbo maximum de 2,9 GHz. Sauf qu'après 3 minutes d'utilisation à 100 %, il est forcé de ralentir à 2,33 GHz. Au final, malgré un processeur techniquement presque identique, le Spectre est 30 % plus lent dans notre test que la Surface Pro 4 !

Le SSD choisi par Microsoft appelle moins de félicitations. Certes il utilise une interface PCI-Express 4x et le protocole NVMe. Ses débits en lecture sont ainsi excellents (1,5 Go/s). Mais dans cette version de seulement 128 Go, trop peu de puces sont utilisées en parallèle et les débits en écriture s'écroulent à 300 Mo/s maximum. Les SSD de plus grande capacité n'auront pas ce défaut, mais Microsoft fait payer assez cher l'option.

Un écran parfait

Nous pourrions résumer cette partie en un seul mot : parfait. Ceci dit, rentrons dans les détails.

L'écran de la Surface Pro 4 mesure 12,3 pouces de diagonale et affiche 2736x1824 pixels. Sa résolution est donc de 267 points par pouce, une valeur très proche des MacBook Retina et qui garantit que l'oeil humain ne distinguera pas les pixels individuels à distance normale d'utilisation. Le format est 3:2, un compromis très agréable entre le 4:3 des iPad inadaptés aux vidéos et le 16:9, trop bas pour bien des applications bureautiques.

Cette jolie dalle IPS est très bien étalonnée. Le deltaE 94 ne dépasse pas 1,7 : c'est le plus faible que nous ayons mesuré ! La luminosité est suffisante à 370 cd/m2, le contraste très bon (1179:1), la température de couleur idéale (6593 K). Il n'y a guère que la compensation de gamma qui soit un peu trop basse à 2,1 au lieu de 2,2, mais elle est régulière.

Au final, si la Surface Pro 4 ne parvient pas à détrôner le Dell XPS 13 pour le titre du meilleur écran, il s'en faut d'un cheveu.

Autonomie correcte

La Surface Pro 4 ne mesure que 8,45 mm d'épaisseur et ne pèse que 790g sans son clavier. On pouvait donc craindre que les ingénieurs de Microsoft aient sacrifié la capacité de la batterie et par conséquent l'autonomie. Il n'en est rien. La Surface Pro 4 embarque une batterie de 38,2 Wh, presque autant que le MacBook Retina. Elle a tenu 328 minutes (5h 28 min) à notre test d'autonomie, un peu plus que le MacBook Retina. Elle n'établit aucun record, certes, mais elle fait mieux que tous les Ultrabook que nous avons testé en 2015 !

Il nous faut souligner que ce résultat n'est valable que pour la configuration que nous avons testée, à savoir celle à 1099 €, muni d'un Core i5 6300U, de 4 Go de RAM et d'un SSD 128 Go. Si les modèles plus haut de gamme (avec 8 Go ou 16 Go de RAM ou avec un Core i7) devraient assurer une autonomie comparable, quoique sans doute légèrement inférieure, le modèle en dessous représente un cas à part.

La Surface Pro 4 à 999 € est en effet équipée d'un Core M, un processeur prévu pour consommer beaucoup mois (5 W contre 15 W). Avec la même batterie, ce modèle devrait garantir une autonomie supérieure.

Du bon son

A chapitre audio, Microsoft livre une copie correcte, sans plus. La sortie casque de la Surface Pro 4 ne souffre pas de bruit parasite (le SNR atteint 72 dB) mais la distorsion est un peu élevée (à 69,4 dB). L'ensemble des fréquences audibles est correctement restituée, seules les infrabasses étant tronquées (- 3 dBA à 70 Hz).

Ultrafine mais silencieuse

La Surface Pro 4 intègre un système de refroidissement hybride. Il comprend à la fois un dissipateur passif, à savoir une large plaque de cuivre en contact avec la coque et un dissipateur actif, refroidit par un petit ventilateur. A l'usage, ce système est performant : la tablette est bien refroidie. En revanche il n'est pas très silencieux : le ventilateur se fait rapidement entendre lorsqu'on augmente la charge sur le processeur et le niveau maximum de bruit monte à 39,4 dBA ce qui est tout à fait audible même dans un open space bien peuplé.

Heureusement, Microsoft a fait en sorte que ce bruit soit doux. Il n'est dominé par aucune fréquence en particulier, on n'entend pas le ronronnement du moteur, seulement le chuintement de l'air brassé. Pour le même nombre de décibels, d'autres ventilateurs sont nettement moins agréables à l'oreille.

Température contenue

Si le ventilateur de la Surface Pro 4 se fait relativement entendre, c'est pour mieux garder la tablette fraîche. Sa température est très homogène : 42,2 °C au maximum sur l'écran, 44,3 °C au maximum sur la coque arrière. Ses températures ne seront absolument pas gênantes sur un bureau ou sur les genoux (d'autant plus que le clavier, lui, ne chauffera absolument pas). Il sera plus désagréable de garder la tablette en mains pendant les phases d'utilisation intensives.

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2 commentaires
    Votre commentaire
  • "nous avons pu testé"...
    tester
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  • Il doit y avoir un problème avec le Spectre que vous avez testé. L'autonomie est un de ses points forts. Le mien en I5 tient facilement la journée donc plus de 7h, bien plus que la SP4 en usage équivalent. Pleins de tests le confirment.
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