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10 technologies qui vont transformer l’informatique

1 : Introduction 2 : OLED flexibles 3 : ReRAM et MRAM 4 : Wi-Fi ac, WiGig et Super Wi-Fi 5 : Après le transistor en silicium 6 : High-tech transparente 7 : L'invisibilité 8 : Informatique quantique 9 : Claytronics 10 : Des robots et des MEMS 12 : Conclusion

Interfaces neuronales

Image 1 : 10 technologies qui vont transformer l'informatique

Les interfaces neuronales sont loin d’être nouvelles, mais les recherches les ont récemment mis au goût du jour avec des avancées importantes pour les personnes à mobilités réduites. Les premiers travaux datent des années 1970, mais le grand public fut exposé à ce genre de technologies au milieu des années 90, lorsque les scientifiques ont commencé à abandonner les tests sur des animaux pour des expériences sur l’homme. Très schématiquement, on place un jeu d’électrodes sur la tête du sujet afin de réaliser un électroencéphalogramme pour lire et reconnaître l’activité cérébrale de l’utilisateur. On traduit ensuite les résultats, à l’aide d’algorithmes, sous forme de commandes qui permettent de contrôler un ordinateur.

Les interfaces neuronales pour les jeux : une technologie qui n’est pas encore assez finie pour être réellement utile

Les premiers produits destinés à être commercialisés sur le marché grand public étaient destinés au monde du jeu vidéo. Emotiv Systems présenta son Projet EPOC en 2007 à la Game Developpers Conference (cf. « Une manette contrôlée par la pensée »). Il a la particularité de pouvoir mesurer quatre états mentaux, treize pensées différentes (avancer, reculer, tourner à droite ou à gauche, par exemple). Des gyroscopes captent aussi les mouvements de la tête. On se retrouve donc avec une tête virtuelle qui imite instantanément les mouvements et sentiments du sujet. Initialement prévu pour une sortie en 2008, l’EPOC fut repoussé à 2009 (cf. « Epoc : attendre 2009 pour jouer par la pensée »). Il est depuis vendu à 299 $ sur le site du constructeur.

Image 2 : 10 technologies qui vont transformer l'informatiqueTan Le, une des cofondatrices d’Emotiv Systems, a présenté l’EPOC lors d’une conférence TED (première vidéo ci-dessous). On y voit une interface neuronale intéressante capable de faire bouger des objets à l’écran sans trop demander de calibration. L’EPOC ne fut pas un succès commercial, mais il est une réussite technologique qui généra un projet open source, Emokit, qui utilise une bibliothèque Python pour traiter les signaux perçus par l’EPOC. Il existe aussi un projet open source, OpenEEG, qui permet de créer son propre électroencéphalogramme.

L’autre plateforme qui a fait beaucoup de bruit auprès du grand public est la NIA d’OCZ (Neural Impulse Actuator ou actionneur à impulsions neuronales, en français). Présentée en 2008 (cf. « OCZ scanne votre cerveau »), elle représente l’interface neuronale la plus accessible au grand public jusqu’à ce jour. Vendue à 159 $, elle ne demandait qu’un sert-tête au lieu d’un casque. Elle était aussi destinée au jeu et à un contrôle très simple de la souris. Les tests ont montré que les interfaces neuronales de l’époque en étaient clairement à leurs balbutiements et qu’elles ne remplaceraient pas la souris de si tôt, mais les résultats étaient prometteurs. (cf. « La souris par la pensée : le test »). OCZ a néanmoins décidé d’abandonner son projet qui était une vitrine technologique intéressante, mais un fiasco commercial. La firme n’en fabrique plus et a cessé toute commercialisation.

Image 3 : 10 technologies qui vont transformer l'informatiqueLa recherche se concentre aujourd’hui sur les tétraplégiques

Depuis 2009, le grand public n’entend plus vraiment parler d’interfaces neuronales censées bouleverser l’expérience des joueurs. La raison principale est que les industriels ont décidé que la technologie n’était pas encore prête pour le grand public. Ils ont donc choisi de se concentrer sur les besoins des personnes à mobilité réduite. Le premier système neuronal à être apparu dans nos colonnes est le BrainGate de Cyberkinetics Neurotechnology Systems (cf. « Commandez votre PC par la pensée ») qui date de 2005. Nous avons décidé de n’en parler qu’à la fin de notre tour d’horizon, car il est sans conteste celui qui est le plus prometteur et le plus avancé. Comme le montre un reportage de 2008 de l’équipe américaine de 60 Minutes (deuxième vidéo ci-dessous), c’est le seul système qui permet de contrôler un curseur, mais aussi les mouvements d’un membre artificiel ou un fauteuil roulant. Il est aussi capable de reconnaître les lettres de l’alphabet afin de taper du texte.

En 2009, Cyberkinetics a reçu les autorisations nécessaires pour le BrainGate 2, une mise à jour de la première version qui fut installée dans le crâne de cinq patients afin de lire leur activité cérébrale avec plus de clarté. Les recherches avancent et les sujets continuent d’être surveillés. Les scientifiques publient encore des papiers relatant leurs conclusions. Le dernier en date, paru en avril 2011 dans la revue Journal of Neural Engineering, témoigne de la viabilité de la technologie 1 000 jours après la greffe des électrodes sur le cerveau des patients.

Les chercheurs imaginent déjà une interface neuronale qui permettra de faire une recherche dans Google en fonction de ses émotions ou son humeur et influencer ainsi son monde numérique à l’aide de sa pensée. Nous sommes néanmoins encore très loin de ce genre d’application. En attendant, cette technologie aide déjà les tétraplégiques à communiquer et interagir avec le monde extérieur.

Emotiv EPOC à TED

Interfaces neuronales – 60 Minutes

Sommaire :

  1. Introduction
  2. OLED flexibles
  3. ReRAM et MRAM
  4. Wi-Fi ac, WiGig et Super Wi-Fi
  5. Après le transistor en silicium
  6. High-tech transparente
  7. L'invisibilité
  8. Informatique quantique
  9. Claytronics
  10. Des robots et des MEMS
  11. Interfaces neuronales
  12. Conclusion