Core i5 et i7 Lynnfield, le coup de maître d’Intel

1 : Introduction 2 : Un nom c'est quoi ? 4 : Turbo Boost d'Intel : la potion magique du Lynnfield 5 : Hyper-Threading : le plus du Core i7 6 : Contrôleur mémoire : un canal en moins, ça fait mal ? 7 : P55 : le chipset perd ses prérogatives 8 : Windows 7 : Microsoft écoute Intel, enfin 9 : Configuration de test et benchmarks 10 : Benchmarks synthétiques 11 : Aplications multimedias 12 : Applications bureautiques 13 : Consommation 14 : Conclusion

Socket LGA1156 : contrôleurs mémoire et PCI Express intégrés

La société ne dira rien de précis sur les modifications apportées à son QuickPath Interconnect, l’interface point à point utilisée pour relier le Core i7 au X58. Mais il existe un connecteur QPI intérieur du Lynnfield, servant de liaison entre le contrôleur PCI Express intégré et le uncore. La communication se faisant au sein du die, les performances et les latences sont toutes les deux meilleures que sur Bloomfield.

Cette interconnexion est importante aujourd’hui, naturellement, mais le deviendra encore plus lorsque Clarkdale sortira l’année prochaine. Avec un processeur graphique en plus du contrôleur mémoire sur le même bout de silicium, la bande passante mémoire, l’un des plus gros talons d’Achille des systèmes graphiques intégrés, est fournie de manière beaucoup plus efficace. Par conséquent, on peut s’attendre à voir Intel ajuster la vitesse de ses bus QPI internes dans un sens ou dans l’autre pour différencier les modèles de Clarkdale.

Bien sûr, rien de tout cela n’est vraiment un problème avec Lynnfield, qui ne possède pas de GPU intégré et communique avec les cartes graphiques dédiées via 16 lignes PCI Express 2.0. Nous avons déjà passé beaucoup de temps à comparer les performances des configurations mono et bi-carte sur P55 contre X58, P45, et 790GX utilisant des processeurs 2,8 GHz (comparaison qui vous sera présentée très bientôt dans un nouvel article). Nous avons conclu qu’il y a très peu de gains ou de pertes causés par l’intégration du contrôleur PCI-Express sur le CPU Lynnfield. En d’autres termes, les utilisateurs ne verront aucune différence.

L’octroi de licences SLI et CrossFire à beaucoup plus d’impact, et permet à la plupart des cartes mères P55 de supporter aussi bien les deux technologies, tout comme le X58. La différence est que les plateformes P55 seront beaucoup moins chères. Mais nous y reviendrons.

Enfin, il ne faut pas oublier le contrôleur mémoire DDR3, à en trois canaux 64 bits sur Bloomfield et seulement deux canaux sur Lynnfield. Officiellement, Bloomfield est conçu pour de la DDR3-1066 au maximum, ce qui donne une bande passante théorique de 25,6 Go/s. Nous avons tous vu le Core i7 LGA 1366 monter jusqu’à DDR3-2133, donc les spécifications officielles ne sont pas à prendre au pied de la lettre. En revanche, Lynnfield est conçu pour de la DDR3-1333, offrant jusqu’à 21,3 Go/s de débit. Sur le papier, la perte du troisième canal est donc en grande partie compensée par une augmentation de la fréquence. Nous allons mettre cette théorie à l’épreuve dans quelques pages.

LGA 1156: Socket et Segmentation

Le tableau ci-dessous résume les changements de sockets qu’ont imposés à leurs clients AMD et Intel au cours des neuf dernières années. Conclue par le LGA 1156, la colonne d’Intel paraît bien encombrée, non ?

Lancement de socket processeur
Année
AMD
Intel
2001

Socket 478
2002


2003
Socket 754

2004
Socket 939
LGA 775
2005


2006
Socket AM2

(Intel lance son Core 2 Duo, la majorité des cartes mères doivent être remplacées)

2007


2008

LGA 1366
2009
(Le Socket AM3 des nouveaux processeurs fonctionne sur d’anciennes cartes mères, mais pas le contraire)LGA 1156


Je suis sûr que nombre de passionnés ont dépensé beaucoup d’argent sur le LGA 1366, le X58 et le Core i7. En voyant les performances de Lynnfield, le coût de cette plateforme, et les possibilités d’évolution vers les Clarkdale, ils se demanderont pourquoi nous ne les avons pas avertis plus clairement de ce qui était à venir. À ces gens-là, laissez-moi donner une information, je l’espère réconfortante : le prochain Core i9 Gulftown (32nm, hexa-core, Hyper-Threading activé) se posera comme un charme sur les cartes mères X58 existantes. Au contraire, ceux qui attendent Clarkdale attendent un CPU dual-core, certainement pas aussi sexy… sauf si vous mourrez d’envie d’avoir une puce graphique Intel GMA intégré à votre CPU.

Pour quelle raison, alors, Intel lance-t-il un socket LGA 1156 juste un an après le LGA 1366 ? Pourquoi Intel n’a-t-il pas intégré le contrôleur PCI Express dans les CPU sur plate-forme LGA 1366 ?

Dès le départ, le socket 1366 a été conçu pour les machines double processeur, comme le chipset X58 Tylersburg. Le fait qu’il soit d’abord apparu sur les PC de bureau rappelle la façon dont le socket professionnel LGA 771 a fait une incursion dans le domaine grand public via Skull Trail. La différence est que les cartes mères X58 sont descendues sous la barre des 180 € et que les processeurs compatibles se trouvent à moins de 200 €. Ça n’est pas donné bien sûr, mais c’est suffisamment abordable pour inciter les gens à savoir à quelle vitesse un i7 overclocké peut tourner.

Le LGA 1366 ne s’est pas vu gratifié de port PCI Express, car cela aurait rendu le brochage du socket trop complexe. De plus, les serveurs et stations de travail qui utilisent maintenant ce socket ne se seraient pas satisfaits de 16 lignes PCI Express à partager entre les contrôleurs de stockage, les cartes graphiques professionnelles, et les interfaces réseaux à haut débit.

Ainsi, le LGA 1156 est le vrai successeur du LGA 775, malgré une segmentation alambiquée. C’est plus simple que le LGA 1366, son mécanisme de verrouillage applique une pression plus uniforme sur le dissipateur thermique du processeur, et permet une protection contre les interférences électromagnétiques ; un point particulièrement critique pour Clarkdale et son sous-système graphique intégré.

Vous pouvez vous attendre à ce que ce socket demeure omniprésent jusqu’à fin 2011, lorsque le LGA 1155 (prévu pour la première moitié de 2011) commencera à accaparer le marché.

Sommaire :

  1. Introduction
  2. Un nom c'est quoi ?
  3. Socket LGA1156 : contrôleurs mémoire et PCI Express intégrés
  4. Turbo Boost d'Intel : la potion magique du Lynnfield
  5. Hyper-Threading : le plus du Core i7
  6. Contrôleur mémoire : un canal en moins, ça fait mal ?
  7. P55 : le chipset perd ses prérogatives
  8. Windows 7 : Microsoft écoute Intel, enfin
  9. Configuration de test et benchmarks
  10. Benchmarks synthétiques
  11. Aplications multimedias
  12. Applications bureautiques
  13. Consommation
  14. Conclusion