512 processeurs Atom pour un serveur

Le processeur Atom d’Intel est devenu synonyme de netbook ou nettop, des petites machines peu performantes, mais abordables. Une société vient de lui trouver une tout autre utilité : les serveurs web, cloud.

Pour Andrew Feldman, le PDG de la société Seamicro, les serveurs à base de processeurs Intel Xeon ou AMD Opteron ne sont pas adaptés aux tâches légères. Au contraire, « l’Atom se révèle bon face aux problèmes ordinaires, et mauvais face aux problèmes difficiles. L’Internet est fait de problèmes ordinaires ». Surtout depuis l’avènement des services en ligne, le cloud computing.

Partant de ce constat, Seamicro a donc assemblé un serveur d’un nouveau genre, le SM10000, à partir de processeurs Atom Z530 et d’une technologie propriétaire de virtualisation des ressources. Un serveur SM10000 se présente sous la forme d’une unité 10U comprenant 64 cartes mères, 8 cartes de stockage et 8 cartes Ethernet.

Chaque carte mère (ci-contre) rassemble 8 processeurs Atom Z530 (1,6 GHz) équipés de leur chipset, de leur RAM dédiée et d’un contrôleur spécialement développé par Seamicro. C’est ce contrôleur qui réalise le tour de magie qui donne son intérêt au serveur : il permet de virtualiser entièrement les ressources externes au processeur (stockage et réseau notamment). Ainsi, une partie de la capacité de stockage (jusqu’à 64 disques durs au format 2,5″ peuvent être installés dans un SM10000) peut être dévolue à un ou plusieurs processeurs, à la volée. Seamicro évite ainsi de dupliquer inutilement des ressources.

Les communications internes entre les 64 cartes mères et les 8 cartes de stockage et les 8 cartes réseau se font via une interface propriétaire à 1,28 Tbit/s. Chaque CPU peut donc communiquer à 2,5 Gbit/s au maximum.

L’équilibrage de la charge sur l’ensemble des CPU est réalisé automatiquement via des processeurs dédiés situés sur les 8 cartes réseau, qui analysent en permanence la charge des 512 CPU, et les regroupent à la volée en autant de machines virtuelles différentes qu’il est besoin. Cette gestion matérielle permet de substituer un SM10000 à un serveur traditionnel sans modification logicielle. Le gain en énergie consommée est de 75 % d’après Seamicro.