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AMD – ATI fusionnent le CPU avec le GPU

1 : Introduction 2 : Le rachat et ses répercussions économiques 3 : Le rachat et ses répercussions technologiques 4 : Le fusion : une idée nouvelle ? 6 : Interview avec Bob Dredin, Directeur Technique ATI PC 7 : Interview : Le futur des produits ATI et les produits futurs 8 : Conclusion

Le parallélisme sur un MPU

La combinaison CPU / GPU permet de bénéficier d’une architecture qui tacle le parallélisme multicore en déléguant des calculs spécifiques à des unités logiques bien précises. Néanmoins, une grande question reste en suspend : les programmes de demain tireront-ils parti de cette nouvelle architecture ?

Différents types de parallélisme

Dans le cas d’un parallélisme ad hoc, « discrete parallelism », le compilateur assigne les taches d’avance à chaque unité. Le processeur lit les tags du compilateur et assigne lesdites taches comme prévu. Le CPU n’est ainsi pas vraiment sollicité au niveau décisionnel. C’est ce qui est utilisé pour les processeurs Itanium et Itanium 2.

On peut aussi utiliser le parallélisme implicite ou implied parallelism. Cette fois-ci, le processeur analyse le programme qui pourrait très bien fonctionner sur un processeur mono-core. Il sépare ensuite les commandes en taches qu’il assigne de lui-même. C’est ainsi que fonctionne l’Hyper-threading et c’est ainsi qu’un programme peut être lancé sur mono ou bi-core. Le programmeur peut tout de même optimiser la gestion du parallélisme en utilisant certaines pragma, par exemple. Intel en a d’ailleurs fait longtemps la promotion avec son compilateur.

Un processeur trop particulier ?

Au regard de ce qu’annonce AMD, on craint qu’il ne faille opter pour un changement drastique dans la façon dont sont écrites les applications. La première question qui saute aux yeux est de savoir si les Fusions seront pleinement compatibles avec les architectures x86.

En effet, le GPU parallélise la structure des données afin de rendre des scènes graphiques avec les mêmes calculs des millions de fois. Ils ne délèguent pas des taches multiples, puisqu’il fait la même chose de façon répétitive en le répliquant sur plusieurs pipelines en même temps. Si certains affirment que ce sont les fabricants de CPU qui furent les pionniers des SIMD (Single Instruction Multiple Data ou le principe d’appliquer une instruction sur plusieurs données), il est clair que les fabricants de puces graphiques ont pris le concept et l’on poussé beaucoup plus loin qu’Intel et AMD.


Le problème est que ce changement vers une programmation clairement axée SIMD se révèle a priori très complexe. Comment donc AMD parviendra-t-il à convaincre les développeurs de changer leur façon de programmer ? Lorsque l’on voit tout le mal que s’est donné Intel pour que les applications soient optimisées pour les processeurs dual core et le peu de résultats qu’il a obtenus, pour l’instant du moins, on peut se dire qu’AMD a du pain sur la planche pour ces deux prochaines années. Que penser aussi du consommateur lambda qui risque d’être déçu de ne pas voir d’amélioration des performances immédiates ?

Les performances

Il est encore beaucoup trop tôt pour parler de performance. Nous ne savons au final que très peu de choses sur cette architecture. Néanmoins, AMD et ATI affirment clairement que leur MPU ne sera pas destiné au marché du haut de gamme.

Le but n’est pas d’apporter un maximum d’image par seconde. D’ailleurs la présentation que nous avons eu été claire sur ce point. L’avantage de combiner un CPU et un GPU est de permettre une meilleure consommation/autonomie dans le monde des ordinateurs portables. Cela permet aussi d’avoir des ordinateurs milieux ou entrées de gamme moins chères et plus petits. AMD affirme enfin que ce genre de solutions est pertinent dans les machines où l’on ne change jamais ou très peu son processeur ou sa carte graphique (comme sur un ordinateur portable).

Intel est le premier fabricant de GPU au monde avec ses solutions intégrées qui visent justement ce marché. AMD et ATI ont du pain sur la planche pour détrôner le géant de Santa Clara, mais le marché a montré qu’il était favorable à ce genre d’initiative.

Ne jouons pas les Nostradamus !

Si la théorie est intéressante, nous sommes encore loin de voir ce que cela vaut réellement en termes de performances. Comme nous le signalions en conclusion de notre dossier sur l’annonce de l’acquisition d’ATI, AMD vient de se lancer dans un grand pari.

Sommaire :

  1. Introduction
  2. Le rachat et ses répercussions économiques
  3. Le rachat et ses répercussions technologiques
  4. Le fusion : une idée nouvelle ?
  5. Le parallélisme sur un MPU
  6. Interview avec Bob Dredin, Directeur Technique ATI PC
  7. Interview : Le futur des produits ATI et les produits futurs
  8. Conclusion