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Apple abandonne un fournisseur qui embauchait des enfants

Image 1 : Apple abandonne un fournisseur qui embauchait des enfantsL’entrée de Guangdong Real Faith Pingzhou Electronics

Apple a annoncé dans son rapport sur les conditions de travail chez ses fournisseurs qu’il avait rompu son contrat avec PZ (qui répond au nom officiel de Guangdong Real Faith Pingzhou Electronics), un fabricant chinois de cartes et circuits imprimés, après avoir découvert 74 mineurs de 16 ans travaillant sur ses chaînes de production. C’est la première fois qu’une telle décision est rendue publique depuis que les conditions sur les chaînes de travail des compagnies high-tech sont au centre de l’actualité.

Apple fait sa propre pub, mais les initiatives sont un pas dans la bonne direction

En page 18 de son rapport, Apple explique que PZ a embauché des enfants envoyés par une agence de ressources humaines qui a falsifié leurs papiers. La firme a prévenu les autorités de la région qui ont suspendu la licence de l’agence et pénalisé PZ d’une amende d’un montant inconnu.

Le ton est partisan, mais le document a le mérite de montrer ce que la firme fait dans le domaine de la protection des employés. Elle affirme avoir mené 393 enquêtes en 2012, ce qui représente une hausse de 72 % comparativement à 2011. Elle contrôle les conditions de travail et de vie, mais aussi les efforts environnementaux de ses fournisseurs. 92 % des 1,5 million d’employés sur ses chaînes de production ne travaillent pas plus que 60 heures par semaine et elle affirme continuer à éduquer les ouvriers sur le droit du travail de leur région. Malheureusement, la situation est loin d’être parfaite. Des voix se lèvent pour condamner le manque de confort de certaines chaînes (obligation de rester debout pendant des heures, l’utilisation de chaises trop petites ou mouvements répétitifs devenant physiquement douloureux, par exemple). Apple et ses partenaires ont donc beaucoup de travail à faire, mais l’abandon public d’un fournisseur avant que l’affaire éclate au grand jour est un pas dans la bonne direction.

Le silence des autres acteurs du marché est assourdissant

Pour mémoire, lorsque China Labor Watch a montré que Samsung employait des enfants, le Coréen a envoyé des enquêteurs publics une semaine après la publication du rapport et affirme n’avoir rien trouvé (cf. « Samsung n’a pas vu d’enfants dans les usines de HEG »). Certains employés des usines Samsung accumuleraient tout de même plus de 100 heures supplémentaires par mois, selon le même organisme (cf. « Les usines Samsung accusées de traitements « inhumains » »).

Le rapport d’Apple est aussi intéressant, car il montre encore une fois que contrairement à ce que laisse penser le tapage des médias, le coeur du problème des ouvriers chinois n’est pas chez Foxconn ou Quanta, ces géants qui sont sous le microscope de la presse et du gouvernement. Les plus grosses violations au droit du travail chinois ont lieu dans les usines moins connues, plus petites et qui ne font pas l’objet du même traitement médiatique. Pourtant, PZ est un fournisseur qui travaille avec d’autres marques high-tech qui vendent leurs produits en Europe, en Amérique et en Asie et qui sont aujourd’hui muettes sur le sujet.