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Après SFR, Numericable veut racheter Bouygues Telecom

Image 1 : Après SFR, Numericable veut racheter Bouygues TelecomBouygues Telecom, objet de toutes les convoitises.

Les meilleures séries savent ménager des rebondissements inattendus dans leur intrigue et finir chaque saison sur un cliffhanger, une question majeure dont la réponse ne sera apportée que par la saison suivante. La saison 2014 des opérateurs télécom français est à ce titre exemplaire.

Il y eut l’épisode du rachat de SFR, qu’on a crû acquis à Bouygues Telecom avant que Altice, la holding de Patrick Drahi contrôlant Numericable ne l’emporte dans la dernière ligne droite. Il y eut ensuite l’épisode du rachat de Bouygues Telecom que l’on pensait trop fragile pour continuer seule et que l’on voyait déjà partagé entre Orange et Free. Mais à nouveau, les scénaristes ont su surprendre leur public : Free abandonnait pour placer ses espoirs dans l’acquisition de l’américain T-Mobile. Mais décidément rien ne devait se passer simplement cette année et Free a dû renoncer.

On en était resté là. Et puis hier soir, Dexter Goei, directeur général d’Altice a fait une déclaration tonitruante lors de la Morgan Stanley Technology, Media and Telecoms Conference à Barcelone. « Nous nous considérons comme les acheteurs naturels (de Bouygues Telecom). Nous avons une importante base de revenus donc il y aurait un important potentiel de synergie […] Si vendredi, nous recevons un coup de téléphone de Bouygues, alors pourquoi pas ? Nous aurons cette discussion. Je serais surpris s’il n’y avait pas d’effort en 2015 pour que la consolidation en France se fasse », a-t-il expliqué.

Industriellement, cette nouvelle fusion serait en effet pertinente, apportant bien de nombreuses synergies, mais elle poserait évidemment des problèmes à l’ARCEP et à l’autorité de la concurrence. SFR+Numericable+Bouygues formerait un adversaire formidable contre Orange, mais relèguerait Free beaucoup trop loin derrière en termes de part de marché ou d’infrastructure. Le régulateur imposerait alors des cessions d’actifs (fréquences, antennes, etc.) au profit du troisième opérateur restant.

Financièrement, Bouygues coûterait environ 5 milliards d’euros à Altice, une somme considérable que la société pense néanmoins pouvoir débourser sans augmenter son niveau d’endettement. 

To be continued…