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Archeologeek : surfer sans fil, avant la 3G

Lors d’une conversation entre les membres de la rédaction de Tom’s Hardware, nous nous sommes posé une question : comment surfait-on sans fil avant la sortie des réseaux « 2,5G », comme le GPRS ? La question est en fait même plus simple : était-il possible de surfer sur des réseaux mobiles ? La réponse est oui.

Radiocom 2000 : Minitel sans fil

Image 1 : Archeologeek : surfer sans fil, avant la 3Gun Minitel 5 dans une voitureEn France, le premier réseau de téléphonie mobile portait le nom de Radiocom 2000. C’était un réseau analogique déployé par France Telecom, et les transferts de données étaient possibles sur le réseau. Nous n’avons pas trouvé de trace de modems en tant que tels, mais la documentation du Minitel 5 indique qu’il était possible d’utiliser ce modèle dans une voiture équipée d’un téléphone Radiocom 2000, avec un câble dédié. Le Minitel 5 était un modèle ressemblant à un ordinateur portable, équipé d’un écran LCD. On peut donc supposer qu’il était possible de se connecter à 1 200 bauds au moins, la vitesse de réception d’un Minitel.

Bi-Bop : Apple avait sorti un PowerBook

Image 2 : Archeologeek : surfer sans fil, avant la 3GUn PowerBop en actionLe second réseau déployé en France, c’est le Bi-Bop. Ce réseau s’apparentait plus à un déploiement DECT à l’échelle d’une ville, et France Telecom a essayé de développer ce réseau à Paris, Strasbourg et Lilles dans la seconde moitié de la décennie ’90. Pour les amateurs de données, Apple avait travaillé avec France Telecom pour proposer un appareil compatible, le PowerBop. Ce PowerBook 180 modifié intégrait un modem CT2 (la norme utilisée) à la place du lecteur de disquettes et permettait de surfer à 14 400 bauds en théorie (plutôt 9 600 bauds dans la pratique). L’appareil n’a pas eu de succès (comme le réseau Bi-Bop, d’ailleurs) et est très rare.

En 2G : le mode CSD

En 2G, et bien avant l’arrivée du GPRS au début des années 2000, il était possible de surfer en CSD (9 600 bits/s) sur un téléphone GSM. Le fonctionnement était assez simple : il s’agissait d’une connexion équivalente à celle d’un modem RTC sur une connexion 2G, donc onéreuse. Étant donné le prix des communications à l’époque, le mode CSD a rarement été utilisé dans les faits. Il est encore possible actuellement de surfer en CSD, la seule contrainte étant de trouver un FAI qui accepte les connexions analogiques sur un numéro de téléphone classique et pas sur un numéro « illimité » comme ceux fournis par les rares FAI actuels. 

Dans d’autres pays, il y a eu quelques autres technologies utilisées pour les transferts de données avant l’avènement du GPRS et — plus tard — de la 3G et de la 4G. Le HS-CSD (High-speed circuit-switched data) permettait d’atteindre 57 600 bits/s (comme le classique 56K) sur une connexion 2G, en utilisant un codage amélioré (14 400 bit/s par connexion) et quatre « appels » en simultané. Le réseau Mobitex, notamment déployé en Suède, mais aussi aux États-Unis, permettait d’atteindre environ 8 kilobits/s et a été utilisé avec le Palm VII et le Palm i705 aux États-Unis. Enfin, le réseau DataTAC permettait d’atteindre environ 19 kilobits/s et c’était le réseau utilisé par les premiers BlackBerry de RIM.

Comme on le voit, la transmission de données sans fil ne date pas de l’avènement de la 3G durant les années 2000 et il était possible de se connecter à Internet bien avant…