Fuite de cerveau en direction de la Chine

La Chine s'équipe en superordinateurs, et débauche pour cela aux Etats-Unis. Le procédé relève plus de nos jours de l'entreprise privée que des Etats ; toujours est il que la Chine vient de recruter Steve Chen (voir photo en bas de news) , un citoyen américain originaire de Taiwan. Cette personne est considérée comme un des meilleurs américains pour ce qui est de la conception de superordinateurs. Sur son CV, on peut constater entre autre sa participation dans les années 80 à l'odyssée des premiers ordinateurs super puissants, tels que Seymour Cray. L'objectif assigné à Steve Chen est de permettre à la Chine d'arriver à battre le record de vitesse de calcul sur ordinateur.

Steve Chen affirme que c'est l'envie de créer une société qui travaille sur des projets de superordinateurs qui l'a poussé à répondre à l'invitation des autorités chinoises. Aux Etats-Unis, ses projets de sociétés n'ont pu aboutir du fait du peu de risque que souhaitent prendre les investisseurs privés dans ce domaine à l'heure actuelle. « Dès à présent, les chinois ont commencé à faire attention [à ce champ de recherche], il apprennent vite. » dit Steve Chen, qui partage désormais sa vie entre la Chine et la Californie ou est resté sa famille.

La Chine voit dans les superordinateurs un moyen effectif et efficace de passer d'une économie manufacturière à une économie capable de rivaliser sur le plan mondial avec des puissances occidentales. A l'Ouest, on s'est souvent inquiété des ambitions chinoises en terme de superordinateurs, en mettant en avant les applications militaires que ce pays pourrait faire de ses découvertes. Désormais, s'il est un des domaine ou il semble le plus logique de se faire du souci, c'est bien celui du développement économique.

Numéro 4 dans le monde

Ajourd'hui, on trouve en Chine quatorze superordinateurs qui se situent dans le top 500 mondial. Ceci fait de la Chine la quatrième puissance dans ce domaine, à égalité avec l'Allemagne, juste derrière les Etats-Unis, le Japon et la Grande Bretagne. Mais c'est la capacité de croissance des chinois dans ce domaine qui impressionne le plus : « En terme de progression, ils sont le pays le plus rapide dans le monde. » dit David Keyes, professeur de mathématiques appliqués à l'université de Columbia, qui visitait le mois dernier la Chine en raison d'un séminaire sur les superordinateurs. Selon les experts, l'arrivée à concurrence effective de pays comme l'Inde, la Chine, ou la Russie dans ce domaine avec les Etats-Unis ou le Japon n'est plus une question de qualité mais simplement de temps. Horst D. Simon, directeur d'un laboratoire de recherche en informatique en Californie affirme que ce jour est proche. Il sera effectif quand des pays tels que la Malaisie ou l'Australie acheterons des superordinateurs en Chine plutôt qu'à IBM.

Maintenant que les puces à grandes vitesses de calcul sont disponibles partout de par le monde, le prochain défi technique semble être la capacité à développer des logiciels qui permettent l'utilisation en même temps de milliers de puces. Et ce type de travail et de recherche est la grande spécialité de Steve Chen. Steve Chen n'est pas originaire de Chine, et son « immigration » ressemble de manière frappante à l'exode de nombreux chercheurs aux Etats-Unis. S'achemine t on petit à petit vers une concurrence de la Chine envers les Etats-Unis dans ce domaine ?
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21 commentaires
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  • gremlins
    Programmation parallèle quand tu nous tiens...
  • jice68
    GreMLinS a écritProgrammation parallèle quand tu nous tiens...
    PVM :whistle:
  • maxxyme
    Moi j'vous l'dis ils vont tout péter ces Chinois... ;)
    Et c'est pas les Américains qui vont les en empêcher (et tant mieux d'ailleurs ;))

    « Dès à présent, les chinois ont commencé à faire attention [à ce champ de recherche], ils apprennent vite. »
    :D