AMD Fusion (Brazos) : presque 5 ans d'attente pour quel résultat ?

Au fur et à mesure que notre test de l’ASRock E350M1 progressait, il nous est apparu clairement que Brazos est très largement au-dessus de toutes les configurations Atom sous Windows 7. Mais quelle est vraiment la cible de l’APU AMD E-350 ? Est-ce un tueur d’Atom ? Une alternative aux configurations fixes ?  Est-ce que le géant de Sunnyvale l’a conçu pour rivaliser avec les composants mobiles ?

Parmi les spécifications de l’E-350, une caractéristique en particulier permet de situer l’APU d’AMD : avec un TDP annoncé à 18 Watts, la carte mère intégrée d’ASRock se situe clairement au niveau des composants mobiles. Ceci se confirme d’autant plus que les E-350 et E-240 se destinent aux nettops, ultraportables sous les 500 euros ainsi qu’aux PCHC.

Le format Mini-ITX de l’ASRock E350M1 en fait une candidate idéale pour les nettops, un marché particulièrement chargé où l’on trouve de tout : les Atom dual-core anémiques et leur TDP de 8 Watts mais aussi des Core i5 aux performances parfois surdimensionnés compte tenu de l’utilisation.

Les nettops étant des machines conçues pour un usage Internet, bureautique et vidéo pas trop intense, quelques questions déterminantes s’imposent : est-ce la peine de dépenser un peu plus que prévu pour avoir un circuit graphique intégré suffisamment performant pour jouer de temps en temps, ou encore lire des vidéos en HD ? Quelle importance accorder au rendement, à la consommation et aux nuisances sonores ?

Première sortie de Fusion sur un produit commercial

Sur une surface de 75 mm², le die de l’E-350 accueille un processeur dual core basé sur l’architecture Bobcat, un contrôleur mémoire DDR3 monocanal, deux unités SIMD, le moteur UVD3, deux sorties vidéo indépendantes, quatre lignes PCI-Express 2.0 et enfin l’UMI (Unified Media Interface) qui relie l’E-350 au chipset. TSMC a utilisé un processus de gravure en 40 nm pour produire l’APU d’AMD, lequel affiche un TDP de 18 Watts conformément à ce qui avait été annoncé lors de l’IDF 2010.

Chaque core Bobcat est cadencé à 1,6 GHz, muni de 32 Ko de cache pour les données et autant pour les instructions, ainsi que 512 Ko pour le cache L2. On note également la compatibilité 64 bits ainsi que la prise en charge des instructions SSE, SSE2 et SSE3. L’architecture Bobcat a l’avantage de gérer l’exécution out-of-order (réorganisation des tâches pour un meilleur rendement) ce qui devrait lui permettre de prendre le meilleur sur l’Atom. Reste à voir s’il en sera de même au niveau consommation.

Du côté des capacités graphiques, Zacate s’appuie sur l’architecture VLIW5 : les deux moteurs SIMD comptent chacune 8 thread processors lesquels comptent tous cinq ALU. La Radeon HD 5450 est l’équivalent immédiat de Zacate puisque dans les deux cas on retrouve 80 shader processors répartis de façon égale sur les deux SIMD engines. En revanche, le GPU de Zacate (rebaptisé HD 6310) est cadencé à 500 MHz contre 650 MHz pour la Radeon HD 5450

Du côté des capacités graphiques, AMD nous a confirmé que Zacate s’appuyait sur le Cedar core dérivé de l’architecture VLIW5 que l’on retrouve également sur la Radeon HD 5450. Concrètement, l’IGP de Zacate (baptisé HD 6310) dispose de huit unités de texturing, quatre ROP ainsi que deux moteurs SIMD comptant chacun 40 stream processors, 8 thread processors et 40 ALU. En revanche, sa fréquence a été revue à la baisse puisque le GPU de la HD 6310 est cadencé à 500 MHz contre 650 MHz pour la HD 5450. La compatibilité DirectX 11 est encore de mise, mais elle ne présente finalement qu’un intérêt limité vu les performances dans l’absolu

L’intégration du moteur UVD3 (Universal Video Decoder 3°génération) est par contre nettement plus utile puisqu’il offre l’accélération matérielle des codecs H.264, VC-1, MPEG 2 et maintenant MPEG-4 part 2 (DivX, Xvid). Il s’agit toutefois d’une version inférieure à celle que l’on trouve sur les HD 68xx puisque le format MVC (utilisé pour la lecture des Blu-Ray 3D) n’est pas pris en charge.

Zacate n’a pas été conçu pour être l’architecture basse consommation la moins gourmande possible, mais plutôt dans le souci d’obtenir une autonomie maximale avec des performances satisfaisantes. La consommation n’étant pas aussi primordiale sur les nettops que les netbooks, c’est dans le premier cas que les compromis du côté des performances sont les plus sensibles. Le canal mémoire 64 bits de l’E-350 constitue un bon exemple : l’APU d’AMD doit se contenter d’un unique canal limité à la DDR3-1066, là où Sandy Bridge emploie deux canaux mémoires DDR3-1333 pour alimenter jusqu’à quatre unités d’exécution ainsi qu’un circuit graphique.

NB : il est notamment ressorti de nos échanges avec ASRock que la fréquence de l’APU d’AMD tient sa fréquence de l’A50M comme c’est le cas des processeurs Sandy Bridge et des chipsets P67/H67. En conséquence, l’overclocking est complètement verrouillé : les ingénieurs d’ASRock évaluent le potentiel de la montée en fréquence à 3 % environ.

Le chipset A50M alias Huron

Les parallèles avec Sandy Bridge ne s’arrêtent pas à l’overclocking puisque AMD a également choisi d’inclure au sein de Zacate bon nombre de fonctionnalités que l’on aurait pu retrouver dans le chipset. Ceci explique notamment pourquoi l’A50M est si petit.

Un lien PCI Express 4x première génération permet de relier l’APU au chipset FCH (Fusion Controller Hub) qui gère par ailleurs six ports SATA 6Gb/sec, quatre lignes PCI Express 2.0 ainsi qu’un maximum de 14 ports USB 2.0. Comme on le verra plus loin, ASRock a quasiment exploité tout ce potentiel de connectivité.