Grappe RAID hétérogène : quelle contrepartie ?

Aujourd’hui bien ancré dans les mœurs des entreprises, le RAID est de prime abord devenu une technologie relativement simple à mettre en œuvre. Toutefois, selon la configuration choisie et l’application désirée, les grappes peuvent, dans les faits, devenir très complexes et obliger l’administrateur système à être particulièrement attentif au choix et au paramétrage du matériel. Il reste néanmoins un point sur lequel tous les professionnels du stockage s’accordent en général : les disques constituant une grappe doivent être identiques – même marque, même modèle, même firmware. Cette nécessité est d’ordinaire bien comprise des grandes entreprises, leurs fournisseurs passant généralement beaucoup de temps à tester différents composants matériels afin de vérifier que le système fonctionne comme il se doit. Les petites et moyennes entreprises, en revanche, sont souvent plus enclines au bricolage et peuvent considérer comme assez logique, d’un point de vue pratique, de mélanger disques durs neufs et existants. C’est exactement ce que nous avons fait pour cet article.

RAID hétérogène

Une technologie de plus en plus importante

Bien que le prix des disques durs ait considérablement baissé ces dernières années, les coûts de stockage représentent toujours une part appréciable du budget informatique des entreprises, les données à traiter devenant de plus en plus nombreuses et volumineuses. Lorsqu’on passe de l’organisation de simples données personnelles à la gestion de gros volumes d’informations professionnelles, les divers paramètres que sont la redondance, les performances, la fiabilité, l’évolutivité, la facilité de gestion et enfin le prix des composants finissent par former une équation passablement complexe. De nos jours, les grappes de stockage basées sur la technologie RAID sont un élément clé de tout système stratégique, où la fiabilité et la capacité à éviter toute interruption du service sont des critères essentiels.

Une pléthore de choix

En matière de RAID, les choix sont innombrables, allant des grappes les plus simples aux systèmes redondants les plus complexes. La première décision porte sur le type de RAID : matériel, avec une puissante carte contrôleur spécifiquement prévue à cet effet, où logiciel, qui fait appel au CPU pour les calculs de parité ? Vient ensuite le choix de l’interface : celle-ci peut être le SAS (Serial Attached SCSI, l’évolution moderne et en série du SCSI) ou le plus classique SATA (Serial ATA). Il est à noter que les contrôleurs SAS professionnels prennent en charge à la fois les disques SAS et SATA, tandis que les contrôleurs SATA ne gèrent que les disques SATA. Ces premiers choix effectués, il faut ensuite décider si vous souhaitez brancher les disques en interne ou en externe, via l’interface eSATA ou à l’aide de modules d’extension SAS et de câbles multilignes. Il y a ensuite les possibilités d’installer des disques de rechange (dits « hot spares »), d’utiliser ou non la mémoire cache du contrôleur ou encore de protéger le contenu de celle-ci à l’aide d’une batterie de secours.

On le voit, les possibilités sont infinies. Par conséquent, l’un des moyens que les administrateurs emploient fréquemment pour réduire la complexité des systèmes RAID est d’employer des disques durs identiques. Pour des raisons de performances, ce caractère identique va généralement jusqu’à la version du firmware utilisé.

Nous ne pouvons qu’approuver cette recommandation pour les grappes RAID hautement optimisées et utilisées pour des applications très spécifiques, où il est effectivement crucial de bénéficier de performances maximales. Toutefois, comme nous sommes curieux, nous avons voulu quantifier avec précision la différence de performances entre une grappe homogène et une grappe hétérogène : à cet effet, nous avons créé un système RAID composé de quatre disques identiques (Samsung 320 Go en SATA), et un autre constitué de deux Samsung, d’un Seagate et d’un Western Digital.