Comparatif : 52 claviers testés pour mieux jouer

Les technologies à connaître

Depuis près de 60 ans qu'ils existent, les claviers informatiques ont connu de multiples évolutions et, aujourd'hui, il n'est pas toujours évident de s'y retrouver. Si tous les claviers du monde reposent évidemment sur la même base - une enveloppe de plastique, quelques touches, des contacteurs et un contrôleur - diverses innovations impliquent de se poser tout un tas de questions.

Le format : beaucoup plus important qu'on ne croit

Lorsque l'on parle de clavier d'ordinateur, on pense souvent à un périphérique d'environ 42 cm de long doté de plus ou moins 105-110 touches. Les choses ne sont toutefois plus aussi simples et de manière assez schématique, on peut définir 5 grandes catégories. La dénomination la plus répandue est donc celle de clavier standard qui occupe une place non-négligeable sur le bureau. Afin de réduire un peu cette emprise des modèles dits tenkeyless, 75%, 60% et 40% sont apparus. Grosso modo, ils poussent à chaque fois un peu plus loin la notion de compacité.

Ainsi, un clavier tenkeyless est amputé du pavé numérique. Il est 5 à 6 centimètres moins long qu'un standard, mais reste confortable car les touches sont de taille classique. Les 75% viennent coller les touches fléchées au reste du clavier pour gagner encore de la place et les touches F11 et F12 peuvent être associées à une combinaison avec la touche Fn. Cette logique de miniaturisation se poursuit avec les 60% et les 40% qui réduisent encore les touches disponibles. Un 40% ne dispose d'aucune touche fléchée ou de fonction et les touches sont parfois plus petites.

Le choix du format de clavier dépend de plusieurs facteurs tels que la place dont vous disposez sur le bureau. Il ne faut pas négliger la taille de vos mains / doigts : un clavier 40% peut avoir des touches sensiblement plus petites. Enfin, l'aspect pratique peut aussi entrer en ligne de compte. En supprimant le pavé numérique, les tenkeyless permettent de rapprocher la souris du clavier et on gagne souvent en confort d'utilisation. Nous regrettons toutefois que peu de constructeurs pensent à ajouter des raccourcis permettent de dupliquer le pavé numérique avec des combinaisons avec la touche Fn. C'est pourtant très pratique à l'usage !

Qu'est-ce que le ghosting ?

Dès lors que l'on parle de saisie, deux éléments essentiels du clavier sont à prendre en considération : la matrice et le contrôleur. Afin de réduire les coûts, la matrice n'identifie pas clairement chaque touche, mais utilise plutôt sa position en terme de ligne et de colonne sur le clavier. Ensuite, c'est le contrôleur qui détermine avec précision quelle touche a été pressée. Dans le cas d'une utilisation bureautique classique où jamais plus de deux touches sont pressées en même temps, ce fonctionnement ne pose aucun problème.

Anti-Ghosting : Principe et fonctionnement

En revanche, dès lors que l'on se lance dans un jeu, il peut arriver de presser trois, quatre voire cinq touches à la fois et les choses se compliquent. Le contrôleur ne sait plus quelles zones précises de la matrice ont été activées, en particulier lorsque les touches sont proches les unes des autres. Selon les cas, le contrôleur va alors ne plus rien activer ou enclencher des touches qui n'ont pas été pressées. La réponse tient en un mot, anti-ghosting. Cette solution repose sur une matrice plus précise, mais compte tenu de son coût, deux versions existent. La moins chère se limite à un anti-ghosting partiel sur les touches les plus utilisées en jeu (ZQSD et touches fléchées). La solution la plus évoluée concerne toutes les zones du clavier, on parle d'anti-ghosting complet.

La notion de n-key rollover

Ce que les spécialistes appellent le KRO (key rollover) est complémentaire du phénomène de ghosting. Il s'agit cette fois de déterminer avec précision combien de touches peuvent être pressées et reconnues simultanément par un clavier. Vous vous en doutez, il s'agit encore une fois d'une fonction exclusivement destinée au marché des joueurs et les claviers les plus évolués sont capables d'un full n-key rollover. Dans ce cas, toutes les touches peuvent alors être appuyées simultanément sans que cela pose le moindre problème au clavier. Vous l'aurez compris, de tels produits sont par voie de conséquence immunisés contre les effets du ghosting.

Cela dit, un full n-key rollover est particulièrement coûteux, c'est pourquoi la majorité des claviers - même à destination des gamers - se contentent d'un 6KRO ou d'un 10KRO pour dire que l'on peut presser 6 ou 10 touches à la fois. Attention cependant, les constructeurs ont tendance à jouer avec ces informations. Certains mélangent allègrement les notions de ghosting et de n-key rollover quand d'autres enjolivent les capacités réelles de leurs claviers. Nous avons donc pris soin de vérifier toutes les informations officielles.

Touches programmables, multimédias et autres fioritures

Jusque là nous avons évoqué ce qui constitue le cœur d'un clavier moderne. De nombreux constructeurs tenter d'aller plus loin dans l'innovation pour se démarquer de la concurrence et on trouve assez souvent ce que l'on appelle des touches programmables. Prisées des amateurs de MMORPG, ces touches supplémentaires permettent d'enregistrer une suite de commandes que l'on appelle ainsi beaucoup plus aisément. Dans le même ordre d'idée, de nombreux claviers intègrent des touches dites multimédias pour accéder au lecteur vidéo, au réglage du volume...

Parmi les autres fonctionnalités que l'on trouve assez régulièrement évoquons le cas du repose-poignet censé réduire la sensation de fatigue. Citons aussi la présence de profils pour stocker des paramétrages différents ou celle de modes dits de jeu pour bloquer la touche Windows. Enfin, un clavier comme le Skeltr de Roccat va plus loin que la concurrence en proposant une innovation que l'on retrouvera peut-être sur d'autres modèles : un support permet d'accueillir un smartphone afin de prendre un appel - via notre micro-casque - alors que l'on est en pleine partie. Gageons que d'autres fonctionnalités encore plus étonnantes ne tarderont pas à débarquer.

Filaire ou sans-fil ?

À peu près tous les périphériques PC ont un jour ou l'autre eu la tentation du sans-fil. Aujourd'hui, quantités de souris et de manettes se sont débarrassées de leur fil, mais le monde du clavier a en quelque sorte fait machine arrière. À vrai dire, la question du clavier sans-fil n'en est plus vraiment une et il n'y a pratiquement plus aucun constructeur pour proposer des modèles sans-fil à destination des joueurs. Ainsi, même Mad Catz - l'un des derniers Mohicans - a retiré son Strike M de la vente il y a de nombreux mois.

Dès lors que l'on souhaite faire du jeu vidéo devant son PC, la présence d'un fil n'est pas ce qu'il y a de plus gênant. Ce n'est évidemment pas du tout la même chose dans le cas d'une utilisation « salon » de son PC, mais on privilégie alors le jeu à la manette et le clavier devient un périphérique de contrôle de l'interface ou de petite saisie. Des constructeurs comme Logitech ou Microsoft l'ont d'ailleurs bien compris et propose des modèles propres à cibler cette clientèle. Enfin, le sans-fil implique une gestion pointue de l'autonomie et on ne peut pas dire que la tendance actuelle soit à l'économie d'énergie sur nos claviers : il suffit de jeter un œil aux quantités de LED qui équipent certains modèles.

Du rétro-éclairage des touches

Alors que nous venons de parler des LED intégrées à certains claviers, il est assez logique d'embrayer sur la question du rétro-éclairage. Il s'agit cette fois d'une thématique qui intéresse les joueurs et tous les constructeurs y vont de leur solution. Dans certains cas, le rétro-éclairage est très simple avec un liseré blanc qui vient de la base du clavier, mais sur d'autres modèles, on est plus proche de l'œuvre d'art : il existe de plus en plus de produits dotés d'un rétro-éclairage dit « RGB » pour signifier qu'ils peuvent afficher 16,8 millions de couleurs !

À ce niveau de complexité, le rétro-éclairage sort de la seule fonction « vision des touches dans l'obscurité ». Plusieurs constructeurs accompagnent d'ailleurs leurs produits de riches logiciels permettant de définir des effets dans l'éclairage des touches : vagues, égaliseur, arc-en-ciel... Nous tombons ici dans le gadget, voire l'extravagance marketing, mais le fait est qu'il existe un marché. Notez cependant que le même modèle de clavier prend souvent 15 à 20 euros entre sa version rétro-éclairage « basique » et sa version « RGB ».

Posez une question dans la catégorie Les news : vos réactions du forum
2 commentaires
Commenter depuis le forum