Atom V2 (Pine Trail) : du mieux ?

Quand nous achetons quelque chose de neuf, nous voulons qu’il soit supérieur en tous points à ce que nous avons déjà. Raison pour laquelle nous sommes rarement séduits par les ordinateurs de bureau petit format, si ce n’est bien entendu sur le plan esthétique.

Il n’est donc pas très surprenant que le premier ordinateur de bureau à base de processeur Intel Atom que nous ayons testé ne nous ait guère impressionné. Pour être honnêtes, nous ne nous attendions pas à grand-chose le jour où nous avons tenté de faire fonctionner Windows Vista sur le Shuttle X27 : de fait, ses performances se sont avérées décevantes, mais nous nous doutions bien que ce serait le cas. Notre déception a été nettement plus grande quand Nvidia a lancé son chipset Ion et que celui-ci n'est toujours pas parvenu à nous convaincre dans son rôle de plateforme de bureau utilisée au quotidien. Il est possible que nous comprenions mal le concept qui sous-tend l’Atom. Ou que des performances « tout juste suffisantes » ne soient tout simplement pas suffisantes dans un monde où il importe que tout aille toujours de plus en plus vite.

Le segment où la plateforme basée sur l’Atom se montre plus que correct est celui des netbooks. Nous avons récemment inclus le HP Mini 311 dans notre Guide cadeaux pour les fêtes ; nous l’utilisons depuis un peu plus d’un mois et nous devons bien dire que ce petit ordinateur est remarquablement réactif. Son circuit graphique Ion est même suffisant pour une partie de World of Warcraft de temps en temps.

De la concurrence pour l’Ion

Mais Intel a plus d’un tour dans son sac et il se pourrait bien que le géant de Santa Clara ait préparé de quoi faire concurrence à Nvidia. Aujourd’hui en effet, la société lance la deuxième génération de sa plateforme à base d’Atom, dénommée Pine Trail, afin de répondre à certaines des critiques les plus cinglantes formulées à l’égard des premiers Diamondville. C’en est ainsi fini du 945GC, le chipset dont la consommation avait sonné le glas du rêve d’Intel de voir l’Atom s’imposer dès sa sortie comme cœur d’une configuration basse énergie. De plus, l’intégration semble en vogue : le contrôleur mémoire et la puce graphique migrent au sein du die du processeur. Les versions dual-core de celui-ci se transforment par ailleurs en vrai dual-core, abandonnant l’architecture à deux dies dans un seul package : le nouvel Atom D510 est une puce monolithique.

Tout ces éléments mis bout à bout devraient nous donner un Atom plus léger, plus rapide et plus adapté à la bureautique que les ensembles processeur/chipset que nous avons eu l’occasion d’examiner jusqu’à présent… du moins en théorie.

À qui s’adresse le nouvel Atom ?

Le véritable objectif de la nouvelle plateforme Pine Trail n’est pas d’impressionner les « power users » ayant un penchant pour l’écologie, mais bien de toucher un marché qui décolle à peine : d’après internetworldstats.com, 361 millions de personnes surfaient sur le web en 2000, contre 1,66 milliards en 2009, un chiffre considérable mais qui ne représente encore qu’un quart de la population mondiale.

Dans la même veine, Intel affirme (sur base d’une enquête réalisée par Morgan Stanley) que la connexion internet compte parmi les luxes les moins vulnérables aux replis économiques de tous ceux dont nous bénéficions à l’heure actuelle. Les gens seraient plus souvent prêts à renoncer à leur téléphone portable ou à de nouveaux vêtements qu’à débrancher leur connexion internet. Effectivement, si vous y réfléchissez une seconde, vous vous rendrez probablement compte que c’est également votre cas (en tout cas, c’est le nôtre !).

Les netbooks, nettops et ordinateurs de bureau compacts vont continuer à gagner en popularité, et Intel estime que son nouvel Atom sera le processeur de choix pour tous les nouveaux internautes non désireux de venir nous rejoindre en ligne sans casser leur tirelire.

Intel lance une série de composants cette semaine : deux puces que le fondeur considère comme « processeurs de bureau » (les Atom D410 et D510), un processeur pour netbooks (l’Atom N450) et un nouveau chipset (le NM10) qui suit la voie tracée par le P55 et abandonne la plateforme à trois puces pour l'architecture à deux puces déjà popularisée par certains des chipsets de Nvidia. Aujourd’hui, nous passons en revue la D510MO, une carte-mère au format mini-ITX sur laquelle est soudé un processeur Atom D510.