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Au Texas tout est plus grand, même Samsung

Image 1 : Au Texas tout est plus grand, même Samsung

Samsung va investir 3,6 milliards de dollars (env. 2,4 milliards d’euros) dans sa seule usine américaine située au Texas, afin de la transformer en un complexe géant de plus de 213 000 m2.

Quand le pion va à dame

Ce sera l’une des plus grandes usines aux États-Unis, toutes catégories confondues. Elle devrait fabriquer des processeurs et mémoires pour des fabricants tels qu’Apple. Samsung profite de cette situation géographique pour limiter les frais de douanes, de transports et réduire les temps de livraisons. Il est vrai que les produits d’Apple sont assemblés en Chine, mais la recherche et le développement a lieu aux États-Unis. C’est d’ailleurs le cas pour beaucoup d’autres fabricants.

Samsung espère aussi pouvoir sous-traiter la fabrication de puces pour Globalfoundries et TSMC. Cela permet ainsi à d’autres fondeurs de gonfler leur carnet de commandes sans dépenser les 6 milliards de dollars (env. 4 milliards d’euros) nécessaires à la construction d’une nouvelle usine. Enfin, répartir ses capacités de production au travers du globe permet d’éviter d’être trop affecté par les catastrophes naturelles ou les conflits géopolitiques qui affectent le bon fonctionnement d’une usine. Le marché du semiconducteur devrait croître de 2 % cette année et Samsung espère bien remporter une part importante de ce gâteau.

Un pari risqué

L’investissement de Samsung n’est néanmoins qu’une fraction de ce qu’Intel a dépensé pour la création de deux usines et la mise à jour de quatre autres bâtiments. On se souvient d’ailleurs que les experts de HSBC et IBS avaient mis les marchés en garde le mois d’avril dernier contre un excès d’investissements dans les fonderies en raison d’une surestimation de la demande. Les fondeurs pourraient se retrouver alors avec des chaînes de production sous-exploitées et un retour sur investissement plus long, entraînant au passage une hausse des prix (cf. « Il y aurait trop de fonderies »). Comme l’expliquent les analystes d’IHS iSuppli, investir dans une usine, c’est un peu comme mettre de l’argent sur un jeu de dés en attendant qu’ils retombent. C’est un pari risqué sur l’évolution de la demande.