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Bons résultats d’Apple et explication de la scission d’actions

Image 1 : Bons résultats d'Apple et explication de la scission d'actionsTim Cook

Apple vient de publier ses résultats financiers pour son deuxième trimestre budgétaire qui s’est terminé le 29 mars 2014 et les résultats sont bons. Le chiffre d’affaires a crû de 5 % pour atteindre 45,6 milliards de dollars (33 milliards d’euros) et les bénéfices sont à 10,2 milliards d’euros (7,4 milliards d’euros), ce qui représente une hausse de 7,4 % par rapport à la même période l’année dernière. La marge brute passe aussi de 37,5 % à 39,3 %.

Si l’on rentre dans le détail, l’iPhone a une bonne croissance et les propos de Tim Cook durant la conférence de presse semblent contredire les rumeurs selon lesquels l’iPhone 5c ne se vendrait pas. La firme a vendu 17 % d’iPhone en plus en un an et les revenus ont augmenté de 14 %.

Image 2 : Bons résultats d'Apple et explication de la scission d'actionsComprendre les ventes d’iPad

Les ventes d’iPad ont par contre baissé de 16 % pour atteindre 16,35 millions d’unités. Les rumeurs qui couraient avant la conférence avaient prédit cette chute. Les explications de Tim Cook sont très intéressantes. Il a comparé l’iPad à l’iPod en expliquant qu’Apple avait vendu deux fois plus de tablettes depuis ses premiers quatre ans comparativement aux premiers quatre ans de l’iPod. Bref, il s’est voulu optimiste et rassurant.

Ce commentaire est important, car il montre qu’Apple ne compare pas l’iPad à l’iPhone et l’industrie semble comprendre que le marché des tablettes ne suivra pas la même croissance que celle des smartphones. Les smartphones à grands écrans permettent à une partie de la population de s’abstenir d’une tablette. Le smartphone est donc plus polyvalent et à un taux de pénétration unique qui ne sera jamais égalé par les tablettes.

Comment comprendre la baisse des livraisons d’iPad ? Apple est depuis 2010 un précurseur des tendances de ce marché. Le boom de l’iPad a précédé de quelques années celui des tablettes concurrentes et sa baisse semble être un signe de ce qui va se passer chez ses concurrents un peu plus tard. Cette première baisse de l’histoire des iPad a aussi lieu durant un trimestre creux. Il faut donc attendre les prochains trimestres pour tirer des conclusions plus pertinentes. En attendant, Apple a réalisé un chiffre d’affaires de 16,35 milliards de dollars (11,8, milliards d’euros), ce qui est nettement supérieur à tous les autres fabricants concurrents. Sur un plan purement économique, la division tablette d’Apple est donc en très bonne santé.

Comprendre la scission d’actions

Cupertino a aussi surpris les marchés en annonçant une scission d’actions à 7 pour 1. Cela signifie qu’un actionnaire possédant une action Apple en aura 6 de plus et que le prix devrait passer de 530 $ à environ 75 $. La compagnie affirme que cette mesure est destinée à accueillir les plus petits investisseurs.

Comme l’explique Neil Irwin du New York Times, qui cite un papier de Yale, ce genre de mesure a tendance à faire partir les investisseurs de longue durée et à attirer ceux qui achètent et revendent rapidement. À première vue, on pourrait penser que cela serait une mauvaise chose, mais ce n’est pas le cas pour Apple. En effet, Apple n’est pas une action traditionnelle et il n’a jamais attiré les investisseurs de très longues durées et ceux qui ont tendance à faire gonfler les prix. C’est pour cela que comparativement aux autres actions technologiques, la firme a un ratio cours sur bénéfice bien en deçà de la moyenne.

Avec la scission d’action, Apple espère attirer une nouvelle catégorie d’actionnaires qui seront plus enclins à augmenter sa capitalisation boursière que ceux qui peuplent actuellement les rangs de la société. L’envers de la médaille est que ces nouveaux investisseurs auront aussi tendance à faire baisser le cours plus rapidement si quelque chose va mal, mais vu que les actionnaires d’aujourd’hui sont déjà connus pour leurs mouvements volatiles, le pari de Tim Cook est sans grand danger, puisque la situation sera difficilement pire que ce qu’elle est aujourd’hui.