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Bouygues et SFR mutualisent pour dépenser moins

Image 1 : Bouygues et SFR mutualisent pour dépenser moins

Comme prévu, les conseils d’administration de Bouygues et SFR ont validé vendredi dernier l’accord qui prévoit la mutualisation partielle des réseaux mobiles des deux opérateurs. Lors d’une conférence de presse ce matin, ils ont détaillé ce matin le fonctionnement de la mutualisation. Un fonctionnement bien plus complexe qu’il n’y paraît.

7 000 antennes économisées

SFR et Bouygues vont mettre en commun la bagatelle de 18 500 antennes, couvrant aujourd’hui l’ensemble du territoire sauf les 32 agglomérations de plus de 200 000 habitants et des zones blanches, soit 57 % de la population française. Ils vont également monter une coentreprise, baptisée Infracos, qui « gèrera le patrimoine des sites », sites qui resteront la propriété des opérateurs. SFR et Bouygues vont se répartir l’exploitation des antennes mises en commun selon la carte ci-dessus (en rouge, la zone exploitée par SFR, en bleu, celle de Bouygues).

En plus de se répartir les travaux d’exploitation, SFR et Bouygues vont en profiter pour optimiser le nombre des antennes. Rien moins que 7 000 antennes devraient être démontées ou revendues (pourquoi pas à Free Mobile). Sur toute la zone commune, les deux opérateurs feront antennes communes (RAN Sharing) à la fois en 2G, en 3G et en 4G. Toutefois, il n’y aura pas partage de fréquence : chaque opérateur conservera l’exclusivité du spectre auquel lui donne droit sa licence. Incidemment, cela signifie que SFR ne pourra pas accéder au réseau 4G 1 800 MHz très étendu de Bouygues Telecom. 

Dépenser plus pour économiser plus

Le réseau commun devrait finalisé en 2017. 2014 devrait être consacré à sa conception, puis les grands travaux de démantèlement/mise à jour des antennes devraient commencer en 2015. Jusqu’en 2017, la mise en place de la mutualisation va coûter relativement cher – plusieurs centaines de millions d’euros. Mais à partir de 2018, Bouygues espère économiser 100 millions d’euros par an en frais de fonctionnement et en investissement, SFR 200 millions d’euros.

Reste maintenant à passer tous les obstacles réglementaires et politiques. Si l’ARCEP dit accueillir favorablement la nouvelle, elle prévient qu’il lui faudra « vérifier, concrètement, que plusieurs conditions sont remplies. Tout d’abord, les opérateurs doivent rester autonomes les uns des autres, en matière stratégique et commerciale. Il convient ensuite de s’assurer que l’accord n’aura pas pour effet d’évincer certains concurrents du marché. Enfin, l’accord doit conduire à améliorer les services apportés aux utilisateurs, en matière de couverture et de qualité de service. Ces progrès devront en particulier pouvoir être mesurables et vérifiables au cours du temps.»