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Broadcast en 4G à Roland Garros

La semaine dernière, des présentations d’une technologie intéressantes étaient effectuées à Roland Garros : du broadcast en 4G. L’idée est simple : au lieu d’envoyer des données à une personne à la fois (et potentiellement d’envoyer plusieurs fois des données à une personne), les données sont diffusées à tous les utilisateurs en même temps, un peu à la façon d’une chaîne de télévision hertzienne.

Image 1 : Broadcast en 4G à Roland GarrosLe RG-Labs d’Orange

Le côté technique

Image 2 : Broadcast en 4G à Roland GarrosUne antenne 4G utilisée pour diffuser à petite échelleLa technologie elle-même est standardisée au niveau du 3GPP, sous le nom eMBMS, mais les opérateurs et les constructeurs ont parfois d’autres noms. Orange parle par exemple de 4G Multicast. Le fonctionnement est simple : une partie de la bande passante d’une antenne 4G est réservée pour l’émission, avec un maximum de 60 % (40 % sont donc disponibles pour les usages classiques dans le pire des cas). Avec cette bande passante réservée, il est ensuite possible d’envoyer en continu des données à tous les utilisateurs dans la zone, ce qui permet — quand beaucoup d’utilisateurs demandent les mêmes données — de limiter la charge du réseau.

Les exemples d’utilisations sont essentiellement liés à la vidéo pour des raisons pratiques : il est assez simple d’accéder à un flux en cours de diffusion. Pour Roland Garros, la démonstration était simple : tous les courts étaient retransmis en direct avec un flux vidéo 720p encodé en H.264 à 2,5 mégabits/s. Les exemples présentés par Orange étaient les matchs de football, suivis par beaucoup de personnes sur un smartphone, une parade dans un parc d’attractions (pour les gens qui attendent sur le parcours) ou — dans les pays où la télévision mobile est utilisée — les programmes les plus regardés. Il est techniquement possible d’envoyer des données (comme une mise à jour d’OS, des informations, etc.) mais étant donné que les données sont envoyées en continu, il faut diffuser les données en boucle avec une application capable de prendre un téléchargement au milieu de la diffusion pour reconstruire les données, ce qui est peu pratique dans l’absolu.

La technologie permet d’obtenir un gain pour l’opérateur dès que trois utilisateurs demandent les mêmes données selon Orange. Si le gain est intéressant pour la charge du réseau, il l’est aussi pour les utilisateurs : ceux qui veulent accéder à une donnée partagée en broadcast ont une bonne qualité de service, et les autres ont généralement un réseau moins chargé.

Qualcomm, Orange, Expway

Image 3 : Broadcast en 4G à Roland GarrosDes smartphones connectés aux fluxPour la présentation, plusieurs sociétés proposaient des démonstrations. Qualcomm, dont les processeurs Snapdragon 800 sont déjà compatibles avec le standard, montrait des Galaxy Note 3 de chez Samsung en train de recevoir les flux vidéo. Une simple mise à jour de firmware devrait permettre aux appareils équipés d’un SoC Snapdragon 800 d’accéder à la technologie. Expway, une société française, avait une démonstration similaire en utilisant des tablettes et des smartphones d’autres constructeurs, en partenariat avec Sequans, ce qui montre que les Snapdragon 800 ne sont pas les seules puces compatibles.La solution a l’avantage d’être un peu plus ouverte au niveau logiciel et de ne pas dépendre d’une puce en particulier.

Dans les deux démonstrations, une application avait été développée pour accéder aux flux vidéo. Un des gros avantages du broadcast en 4G, c’est qu’il existe un canal de retour, contrairement à la diffusion de la télévision : il est donc possible d’interagir avec la diffusion, de choisir un flux, etc. C’est assez logique : seule une partie de la bande passante descendante est utilisée.

Le côté financier

Si la technologie elle-même est intéressante, on peut tout de même se demander quand la technologie sera intégrée et surtout à quel prix. Du côté de l’installation, c’est assez simple selon Orange : il y a peu de modifications à faire et une antenne 4G classique est compatible. Si le business model n’est pas encore défini, on peut s’attendre à deux solutions : soit donner un accès à de la vidéo pour un prix fixe à travers une application, soit diffuser les données uniquement aux personnes qui ont payé un droit d’entrée. Le premier cas est plutôt lié à des diffusions à grande échelle, par exemple dans des zones très denses où beaucoup de personnes veulent regarder le même événement (un match de la coupe du monde de football à la Défense, etc.) alors que le second est plus intéressant dans un cas comme Roland Garros, en proposant aux spectateurs d’un court d’accéder aux flux vidéo des autres matchs. La technologie est aussi utilisée sans surcoût dans certains cas pour simplement limiter la charge du réseau, essentiellement dans les pays où la télévision mobile est très utilisée.

Au final, la technologie est intéressante et devrait trouver sa place sur les réseaux 4G, même si les champs d’applications sont assez limités actuellement.