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Débat sur le receveur CrossFire [MAJ]

Pour ceux qui ne sont pas au courant, le site Rage3D s’est récemment soulevé contre les ingénieurs d’ATI, allant même à demander leur licenciement. La raison de cette mutinerie serait le choix du receveur qu’utiliseraient les cartes CrossFire, puisqu’il s’agirait d’un Silicon Image Sil 1161 qui serait limité à 1600×1200 à 60 Hz. Le site criait au scandale car il craignait que les cartes ne puissent pas rendre plus de 60 images par secondes.

Qu'est-ce qu'un receveur ?

Mais pour rappel, le Receveur n’a rien à voir avec le RAMDAC. C’est un chip qui reçoit les données relatives aux pixels traités par la carte esclave, qui seront envoyés au moteur chargé de recomposer l’image à afficher sur l’écran (le mixeur). Celle-ci sera ensuite envoyée au RAMDAC (qui est un convertisseur de signaux numériques en analogiques). Même si peu d’informations ont filtrées sur la technologie Crossfire, nous savons que pour en bénéficier il faudra disposer d’une carte appelée «maître» par ATI, qui sera certifiée pour gérer le Crossfire et une carte dite «esclave» qui sera une carte graphique sans certification Crossfire.

Le Sil 1161 peut-il brider les performances?

Ce receveur ne détermine donc nullement le taux de rafraichissement de l’écran. A titre d’information, le RAMDAC choisi peut monter jusqu’à 2048×1536 à 85 Hz. Bref, le Receveur gère la communication entre la carte esclave et la carte maître. La question qui se pose donc consiste à savoir quel sera l’impact de ce chip sur les performances théoriques du Crossfire. Ce chip fonctionnant à 60 Hz (donc 60 images par seconde) on peut s’attendre à un débit maximum de 120 images par seconde (puisque l’on combine deux cartes) ce qui est supérieur à ce que peut supporter les meilleurs écrans CRT de 21 pouces.

Qu’en est-il des montées en résolution? Prenons par exemple le mode ciseaux du Crossfire (il existe 3 modes: le mode alternatif qui consiste à alterner les cartes pour que chacune prennent en charge une image sur deux, le mode «SuperTiling» qui va diviser l’image en mosaïque (de petites ou grandes tailles) paires et impaires et le mode ciseau qui divise l’image en deux). Si la carte esclave doit prendre en charge une image 1920×600 (la première partie d’une image en 1920×1200) qui doit être rendue à 60 images par seconde, il faudrait théoriquement une bande passante de 69 Mpps (Millions de pixel par seconde) or le Sil 1161 peut grimper jusqu’à 115 Mpps ce qui est largement suffisant. Et si l’on souhaite obtenir une image en 2048×1536 à 60 Hz, la carte esclave devra assurer un débit de 94Mpps, toujours en deçà des capacités maximales du receveur.

En conclusion, les plaintes relatives au choix du receveur ne semble pas fondées. Néanmoins, en dehors de ces quelques considérations techniques, et si l'on tente de prendre du recul par rapport aux dernières évolutions, on ne peut s’empêcher de penser que le CrossFire n’est qu’une réaction rapide face au SLI, qu'il risque donc de souffrir de choix pris trop prématurément. Même si il est néanmoins difficile de croire qu’ATI sera totalement dépassé par NVIDIA, on ne peut que constater que la firme canadienne a encore un long chemin à faire.

Mise à jour:

Après s’être penché de façon plus approfondi sur la question, il nous faut revenir sur ce que nous vous disions plus haut. Si en effet, le raisonnement du site source semble attrayant, il est fondamentalement erroné. Les premières générations de Crossfire à base de X850 XT seront a priori limitées, notamment à 1600*1200*60 Hz du fait du TMDS single-link à 165 MHz.