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Ecoutes sur Internet

La première « écoute » en direct sur Internet a eu lieu aux Etats-Unis, dans un cas de pédophilie. Le suspect, Jason Heath Morgan, un homme de 26 ans, avait été repéré dans une chat-room (une salle de discussion en direct) où se rencontraient plusieurs pédophiles. Les agents avaient alors tenté sans succès de faire une approche, mais leurs pouvoirs limités les empêchait de procéder à des échanges qui auraient pû l'incriminer.

Une autre option s'est alors présentée à eux, basée sur une loi d'avril 2003 autorisant les écoutes dans les cas d'abus d'enfants : procéder au « monitoring », autrement dit à la capture des informations échangées par le pirate, dès qu'il utilisait son ordinateur. Ceci a pû se faire très facilement grâce à un appareil branché sur la ligne téléphonique du suspect (ce qui est assez curieux, vu qu'il aurait été plus facile d'intercepter le trafic internet chez le fournisseur d'accès). Il était dès lors possible de le suivre à la trace, de savoir quels étaient les sites qu'il visitait, quels documents il téléchargeait, et avec quelles autres personnes il entrait en contact.

Pendant trois semaines, la police a accumulé les preuves : plus de 1700 emails furent passés au crible, et les contacts des salles de discussion traqués. Sur la base de ces enregistrements, il fut possible d'inculper Jason Heath Morgan et plusieurs autres personnes visiblement impliquées.

Evidemment, face à ce type d'écoutes, chacun craint pour ses libertés individuelles. Dans ce cas précis, le juge, en complément du texte de loi, avait demandé que deux équipes travaillent de pair : l'une s'occupait du filtrage des informations et ne donnait à l'autre que celles qui concernaient l'affaire. Mais reste à savoir comment maîtriser les éventuelles dérives que pourrait engendrer un tel dispositif, s'il n'était pas aussi bien encadré.