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En visite au musée de l’informatique

Image 1 : En visite au musée de l'informatique

Le cinq juin dernier, s’est ouvert dans le toit de la grande arche de La Défense, le premier musée européen de l’informatique. Eh oui, ce domaine est tellement récent que personne n’avait encore eu l’idée de lui consacrer un musée. Curieux nous sommes allés voir à quoi ressemblait cette exposition, pour l’instant encore temporaire, mais qui devrait devenir permanente incessament.

Découvrez avec nous les plus belles pièces de l’exposition 1940-1990 : Histoires d’informatique, présentée avec passion par Philippe Nieuwbourg, président fondateur de l’association antemémoire à l’origine de l’exposition.

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L’exposition s’étale sur pas moins de 400 m². La scénographie est très claire, mais aussi très sobre. Ce qui ne veut pas dire que l’on s’ennuie en parcourant ces allées, car de grands panneaux expliquent en détails les points clés du développement de l’informatique professionnelle et personnelle.
Image 3 : En visite au musée de l'informatique
La visite permet de voir non seulement l’évolution des machines, mais aussi celle des composants. En particulier, la mémoire. Les premières mémoires vives utilisaient des tores de ferrite, matériau ferromagnétique, dont la polarisation pouvait être inversée, de sorte à coder un 1 ou un 0. Ce genre de matériau est d’ailleurs toujours utilisé dans les disques durs actuels.
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Le premier ordinateur à disque dur fut l’IBM 305 RAMAC (Ramdom Access Method of Accounting and Control). Ce monstre de plus d’une tonne utilisait 350 plateaux de 24″ de diamètre comme celui-ci. La capacité totale ne dépassait pas 5 Mo.
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L’exposition permet de retrouver de vieilles gloires oubliées, comme le PET (2001) de Commodore. Ce fut le premier essai de la marque sur le marché des ordinateurs personnels, et le début d’une longue et prestigieuse lignée… à laquelle l’avènement des compatibles PC d’origine asiatique a mis un terme au milieu des années 1990. La marque est heureusement renée de ses cendres au dernier CeBIT.
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12 août 1981 : IBM lance son PC (ici à gauche). Le début d’une nouvelle ère, celle des compatibles. Jusqu’alors en effet tous les ordinateurs personnels étaient développés intégralement par leur constructeur. Et les produits d’IBM s’étaient faits éclipser par les stars du marché d’alors qu’étaient l’Apple IIc et le Commodore PET.

Pour revenir dans la course, IBM décida de rompre avec la tradition, et employa des composants conçus par diverses sociétés. Comme le processeur, un Intel 8088. IBM décida aussi de faire du PC une architecture ouverte. Très rapidement, de nombreuses sociétés se sont mises à produire des compatibles PC, pour le malheur d’IBM, mais au bénéfice du consommateur qui a vu les prix chuter rapidement.

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Lorsque le PC débarque, Apple est une marque déjà reconnue, grâce à son Apple IIc (ici à gauche). Introduit en 1977, cet ordinateur se vend très bien grâce à sa killer application, Visicalc, le premier tableur.

En parallèle, Apple planche sur de nouveaux designs, dont Lisa, le premier tout-en-un de la firme. Malgré ses qualités, Lisa fut un échec commercial, à cause de son prix astronomique (10 000 $).

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Et Dieu Steve Jobs créa le Macintosh ! Enfin, pas tout à fait seul, tout de même…

Ici présenté dans sa version Classic de 1990, qui reprenait le design du premier Mac de 1984, le Mac était un projet développé après Lisa. Il en reprenait les avancées (interface graphique, souris) à un prix bien plus abordable. Son succès fut immédiat, mais sa carrière assez chaotique du fait de la vague toujours plus imposante des compatibles PC.

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Pendant ce temps, en France, le gouvernement, qui a reconnu le potentiel de l’informatique personnelle, décide du plan « Informatique Pour Tous ». Le but ? Equiper toutes les écoles d’ordinateurs. L’état choisi des machines conçue chez nous, par Thomson. Parmi elles, le TO7 est sans doute le plus emblématique. Très perfectionné pour l’époque, il possédait un crayon optique, avec lequel on pouvait dessiner à l’écran.
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Parallèlement aux PC de bureau, les constructeurs cherchent aussi à développer des ordinateurs portables. Le premier fruit de ces efforts est l’Osborne. Ce monstre de 15 kilogrammes, n’a de portable que le nom. Il est équipé d’un fabuleux écran de… 11 cm de diagonale !

L’Osborne est le premier portable a avoir eu une réelle carrière commerciale. Néanmoins, son design est très fortement inspiré de celui d’un prototype de Xerox, le NoteTaker, de 1976.

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6 ans plus tard, le Compaq Portable III sort. Les progrès sont nets : le poids est descendu à 9 kg, l’encombrement à diminué de moitié et l’écran est 2,5 fois plus large. Même le disque dur a fait son apparition. Reste un petit problème : tous ces ordinateurs portables, n’ont pas de batterie !
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Autre spécificité française, le Minitel. Ici, sa première version de 1982. Plus un terminal d’accès à des services payants, qu’un terminal de communication, il n’a toujours pas disparu de la circulation.

Alain Bernard, un des inventeurs du Minitel est un membre actif de l’association antemémoire.

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Ce drôle d’engin est un modem acoustique. Il servait à émettre et recevoir des données modulées sous forme de son par les lignes téléphoniques, par la biais d’un combiné posé sur ses deux “oreilles”.

C’est aussi la source de la passion de Philippe Nieuwbourg, et ce qui l’a poussé à consacré son temps à sauvegarder le patrimoine informatique mondial. Mes respects professeur Falken.

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Les collections du musée ne se limitent pas au matériel. On y trouve aussi des logiciels, et des journaux spécialisés. Comme cet exemplaire du premier numéro du Monde Informatique daté du 26 janvier 1981, qui titrait déjà sur la prolifération des délits informatiques. Face à ce fléau, « une discipline que l’on pourrait appeler “dissuasion de délit informatique” a été intégrée à la formation des agents [du FBI] ».
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Si ce reportage vous a donné envie d’en savoir plus, nous vous proposons de continuer la visite en vidéo, en compagnie de Philippe Nieuwbourg. En huit minutes, il vous présentera, entre autres, une armoire de mémoire vive, de 32 kilooctets, mais 280 kilogrammes !

N’hésitez pas à nous dire ce que vous pensez de cette vidéo, et à nous faire part de vos remarques et suggestions !

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