Accueil » Actualité » Free vs. YouTube : pas de bridage mais pas assez de capacité

Free vs. YouTube : pas de bridage mais pas assez de capacité

Image 1 : Free vs. YouTube : pas de bridage mais pas assez de capacitéFreeDepuis plusieurs mois, charger une vidéo sur YouTube n’est pas une sinécure pour les abonnés aux offres de Free : la liaison entre le site de Google et les utilisateurs de Freebox est très lente, et certains pensaient que cette lenteur était délibérée. L’ARCEP a donc mené une enquête sur cette « dégradation de la qualité de service perçue par les consommateurs » et a publié ses résultats.

Pas de bridage

L’ARCEP explique d’abord la structure actuelle du réseau en France : on a d’abord les FAI français, qui ont des accords de peering et une capacité d’environ 500 Gb/s en interne (entre eux). On a ensuite les différents hébergeurs et les systèmes de cache (CDN, etc.), avec une capacité d’environ 500 gigabits/s avec les FAI français. Entre les clients (professionnels ou personnels), il y a un trafic d’environ 3 Tb/s. Enfin, la liaison entre les FAI et les autres opérateurs (en simplifiant, ce qui n’est pas en France) nécessite environ 2 Tb/s. Il s’agit de chiffres de 2011 et du trafic réel, pas nécessairement la capacité théorique des lignes.

On trouve deux façons de communiquer : dans le premier cas, on parle de peering, qui est en simplifiant un échange gratuit — souvent — entre deux fournisseurs, en fonction des capacités des opérateurs. Les liens de peering ont une capacité fixée au départ, et sont généralement symétriques (le trafic entrant doit être proche du trafic sortant). Le second cas est le transit, qui est un lien payant, sans contrepartie au niveau du trafic. Bien évidemment, les opérateurs préfèrent les accords de peering aux accords de transit.

L’ARCEP indique d’abord que — en général — les FAI ne sont pas capables d’écouler la totalité du trafic des utilisateurs en heure de pointe. Il est donc « normal » que des problèmes de congestion apparaissent à certains moments. Concrètement, aux heures de pointe, le lien de peering entre Google et Free est assez vite saturé, en partie parce que le trafic venant de Google est asymétrique : il y a beaucoup de trafic entrant (de Google à Free) mais pas beaucoup de trafic sortant (de Free à Google). Une fois le lien saturé, les données passent par un lien de transit, qui est payant, donc limité par Free pour des raisons de coût.

Comme on le voit, l’ARCEP indique bien qu’il y a une congestion, qu’elle est liée à Free, mais elle indique aussi qu’il n’y a pas de bridage délibéré de la part de Free : Free ne vise pas spécialement YouTube, car tous les services sont touchés de la même façon. L’ARCEP indique par ailleurs que la dégradation est perceptible par les utilisateurs sur des services comme YouTube parce que la vidéo en ligne est plus sensible à la latence que d’autres types de services.

Dans les faits, l’enquête de l’ARCEP n’apporte pas vraiment de réponse : elle indique simplement que le réseau de Free n’est pas dimensionné correctement pour les usages récents, qui font énormément usage de de la vidéo en ligne. On peut d’ailleurs indiquer que les autres FAI souffrent de temps en temps du même problème, même si c’est moins perceptible par les utilisateurs.