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Google pense qu’il n’abuse pas de sa position dominante parce que son moteur de recherche est gratuit

Image 1 : Google pense qu'il n'abuse pas de sa position dominante parce que son moteur de recherche est gratuit

Google vient de répondre aux griefs de la Commission européenne (cf. « L’Europe s’apprête à porter plainte contre Google ») en affirmant, entre autres, qu’il n’abuse pas de sa position dominante parce que l’utilisation de son moteur de recherche est gratuite. Si la jurisprudence qui est née de l’affaire Internet Explorer s’applique, on doute que cet argument convainque les commissaires. Pour rappel, l’Europe estime que Google abuse de sa position dominante en utilisant son moteur de recherche pour indument promouvoir ses produits au détriment de ses concurrents. Concrètement, un utilisateur verra d’abord les résultats et les publicités pour les services de Google avant de nécessairement voir les résultats les plus pertinents. La firme américaine devait donc fournir une réponse servant de défense contre ces accusations.

Google comprend-il qu’il est en sérieux désaccord avec l’Union ?

Selon Reuters, la réponse de Google s’est concentrée sur le fait que la Commission cherchait au départ à passer un accord à l’amiable (cf. « L’Europe n’est toujours pas satisfaite avec Google ») et qu’elle passe maintenant par une procédure juridique sans expliquer pourquoi. On imagine que Google tente de faire dire à la Commission que cette nouvelle procédure est le fruit de l’arrivée de Margrethe Vestager qui est venue remplacer Joaquin Alumnia qui avait entamé les discussions. Néanmoins, même durant la présidence de ce dernier, la Commission avait laissé la porte du procès ouverte.

L’idée qu’il n’y a pas d’abus parce qu’un service est gratuit semble aussi contredire le fait que les juges ont estimé qu’offrir gratuitement Internet Explorer avec Windows était un abus de position dominante au détriment des autres développeurs de navigateurs. Dans ce cas précis, la firme n’explique pas pourquoi les concurrents de Google ne sont pas lésés lorsqu’il fait la promotion de ses services. Ces derniers ont d’ailleurs un mois pour répondre à la défense de Google avant que la Commission ne prenne sa décision.