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Google rachète des brevets processeurs d’IBM

Image 1 : Google rachète des brevets processeurs d'IBM

Google a admis vendredi dernier qu’il avait racheté 1 030 brevets d’IBM afin de se protéger contre les plaintes de certains de ses concurrents. Les technologies acquises sont très diverses. Elles portent sur la fabrication et l’architecture de mémoires et processeurs, la fabrication de serveurs et routeurs, l’optimisation de moteurs de recherche, des bases de données relationnelles et la programmation orientée objet. Le montant de cette acquisition est resté inconnu.

Un porte-parole de Google a tenté de minimiser l’importance de la situation en expliquant que « tout comme un nombre important de compagnies high-tech, à certains moments nous (Google, NDLR) acquérons les brevets qui sont pertinents pour notre business », selon les propos rapportés par le Wall Street Journal. Néanmoins, l’ampleur de cette acquisition n’a rien d’ordinaire et le fait qu’elle arrive juste après sa défaite aux enchères des brevets Nortel semblent être une réponse à la nouvelle guerre que se livrent les entreprises.

Pour mémoire, le consortium Rockstar Bidco qui regroupe Apple, EMC, Ericsson, Sony, RIM et Microsoft a acquis les technologies du Canadien pour 4,5 milliards de dollars. Si les juges canadiens et américains ont approuvés la transaction, la commission américaine en charge de réguler les échanges internationaux (la FTC) a déjà prévenue qu’elle surveillerait de près l’utilisation qui en sera faite. C’est un moyen à moitié dissimulé de dire qu’il ne faudra pas qu’ils soient utliisés pour freiner la concurrence.

Image 2 : Google rachète des brevets processeurs d'IBMIl est indéniable que le marché des tablettes et smartphones est en pleine explosion, mais les entreprises ne s’affrontent pas seulement à coup d’innovations et de produits. Il ne se passe pas un mois sans qu’une compagnie porte plainte contre une autre ou qu’une décision de justice ou un accord à l’amiable menace la vente d’un produit ou place une compagnie en position de force. Récemment Apple a payé Nokia pour mettre fin aux litiges qui liaient les deux sociétés et Cupertino pourrait faire bannir les terminaux HTC Android du sol nord-américain, même si ce dernier n’a pas dit son dernier mot et dispose lui aussi de moyens de pression depuis qu’il a entamé le rachat de S3 (cf. « Apple viole des brevets de S3 et HTC jubile »). Samsung et Apple ont des relations qui se sont nettement détériorées depuis la sortie des Galaxy S (cf. « TSMC produirait les processeurs Apple A6 ») et Microsoft a réussi à convaincre HTC qu’il disposait de brevets qui lui permettaient de toucher une redevance sur les terminaux Android vendus. Il aurait aussi joué des coudes avec Nokia qui a décidé de devenir son partenaire (cf. « Microsoft donne 1 milliard $ à Nokia »).

C’est une situation très complexe, mais il y a un sujet qui revient presque toujours : Android. Les attaques contre les terminaux embarquant le système d’exploitation de Google continuent de se multiplier et il ne fait aucun doute que le moteur de recherche tente de protéger ses intérêts et ceux de ses partenaires. Il est aussi mêlé à un procès contre Oracle portant sur l’utilisation de technologies Java dans Android et Google n’a pas l’avantage (cf. « Google doit revoir sa défense face à Oracle »).

Florian Mueller, expert en propriété intellectuelle et auteur du célèbre blog FOSS Patents, spécule que Google aurait racheté les brevets d’IBM pour les revendre à Oracle en échange d’un abandon des poursuites judiciaires. Cela pourrait expliquer en partie pourquoi il a acquis des technologies qui ne sont pas liées à son activité, comme ceux portant sur la fabrication de mémoires et processeurs. Pour rappel, Oracle vend aussi des serveurs et processeurs depuis qu’il a racheté Sun Microsystems.