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Hatred : Steam cafouille et amplifie le bad-buzz

Rares sont les jeux à défrayer la chronique alors qu’ils sont encore en développement. D’autant plus quand ils sont produits par un studio indépendant, comme c’est le cas d’Hatred (haine dans la langue de Shakespeare). Si vous êtes passé à côté, le titre de Destructive Creations propose au joueur d’incarner un individu désabusé, dans une ville type américaine, ayant pour seul et unique but de massacrer le plus possible tous les innocents qui croiseront son chemin. Présenté par plusieurs trailers extrêmement malsains, le titre se démarque par un style graphique en noir et blanc, mâtiné de touches rouges et orangées pour illustrer le sang et les effets pyrotechniques (un peu à la manière d’un Sin City).

Et il n’y a pas que les trailers qui vous glaceront le sang, en effet la présentation du jeu, faite par les développeurs, fait aussi froid dans le dos comme le souligne Next INpact. Le jeu n’est pas sans rappeler les récentes tueries de masse, survenues cette dernière décennie aux États-Unis, à l’image de celle de Columbine en 1999. Un parti pris très premier degré, gratuit, renforcé par une direction artistique très sombre. Face aux critiques, accusant le studio d’apologie de la violence, les développeurs s’étaient défendus en expliquant que le but d’Hatred est seulement de faire réfléchir le joueur sur comment un être humain lambda peut devenir un meurtrier. Pas sûr qu’un tel argument soit tenable… Cependant, toutes ces levées de boucliers ont grandement participé à faire naitre un véritable buzz (de taille) autour du titre, au grand plaisir de ses géniteurs.

Image 1 : Hatred : Steam cafouille et amplifie le bad-buzz

Et ce n’est pas près de finir, puisque cette semaine, c’est Steam qui s’est pris au jeu du studio indépendant en se prenant malencontreusement les pieds dans le tapis. Les développeurs ont en effet soumis leur titre au programme Greenlight de la plateforme. Pour rappel, ce dernier permet aux studios indépendants de soumettre leurs jeux à la communauté des joueurs. Si ce dernier reçoit suffisamment de plébiscites, il pourra alors bénéficier du système d’Early Acces, permettant la commercialisation du jeu pendant son développement. Et cela a très bien fonctionné, puisque 13 148 joueurs se sont alors montrés intéressés par le jeu, plaçant celui-ci 7eme sur une liste de 2200 titres. Cependant, lundi dernier, Valve a exercé son droit de véto et a décidé de retirer Hatred de Greenlight, lui interdisant par la même occasion sa place dans son catalogue.

Doug Lombardi, directeur marketing de Valve, avait alors confié à Eurogamer que cette décision du retrait fut motivée par le fait que le jeu de Destructive Creation ne correspondait pas aux critères de Greenlight. L’affaire aurait pu s’arrêter là, mais Gabe Newel, grand patron de Valve, ne l’a pas entendu de la même oreille. Effectivement, hier ce dernier s’est fendu d’une lettre d’excuse au studio indépendant : « je n’étais pas au courant que nous avions retiré Hatred de Greenlight. J’ai alors demandé en interne une justification à ce retrait. Il s’avère que ce n’était pas une bonne décision et nous allons remettre Hatred dans notre programme. Mes excuses à votre équipe. Steam est là avant tout pour proposer des outils/solutions aux créateurs et aux clients« . Un cafouillage en forme de cadeau pour le studio polonais de Jarosław Zieliński. À n’en pas douter, ce quiproquo fera un bonne promo pour Hatred, qui continuera (malheureusement) de donner du grain à moudre aux détracteurs du jeu vidéo, et à la sempiternelle rengaine : «les jeux vidéo rendent violent».