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IPv4 : une pénurie d’adresses dès 2010

Décidemment, le temps où les 4,3 milliards d’adresses IPv4 disponibles étaient jugées largement suffisantes est sans nul doute bien loin derrière nous.

Les adresses IPv4 insuffisantes

Dès le début des années 90, l’IETF (l’organisme chargé des développements liés à Internet) a pris conscience que la capacité d’adressage du protocole IPv4 allait rapidement atteindre ses limites, d’autant plus que l’attribution des plages d’adresses s’est faite, au moins au début, de manière très peu ordonnée. Ajoutez à cela l’explosion d’Internet et le nombre sans cesse croissant de périphériques intelligents pouvant bénéficier d’une connexion sur Internet (dites merci à vos Nabaztag), vous comprendrez que les 2^32 adresses disponibles vont rapidement devenir insuffisantes. Et ce ne sont pas les solutions à court terme, comme le NAT (traduction d’adresse), qui vont y remédier.

La solution : IPv6

Le problème ne serait pas si urgent à résoudre si la date estimée de pénurie n’était pas si proche : l’Internet Assigned Numbers Authority (IANA) estime que ce sera le 17 avril 2010 alors que les Regional Internet Registries (RIR) tablent pour leur part pour le 2 décembre 2010. Dans les deux cas, cela nous laisse à peu près trois années.
La solution à long terme passe par l’adoption d’IPv6, autrement dit la version 6 du protocole IP.

Une adresse IPv6 est longue de 128 bits alors qu’une adresse IPv4 n’est codée que sur 32 bits. Le résultat est sans appel : 340 282 366 920 938 463 463 374 607 431 768 211 456 adresses possibles (ouf) pour IPv6… Cette nouvelle version du protocole IP permet par ailleurs une meilleure efficacité du routage ainsi que de nouvelles fonctionnalités en matière de sécurité, de mobilité et de qualité de service.

Une migration difficile

Tout n’est pourtant pas rose. De nombreux équipements ne disposent pas d’une gestion de l’IPv6, de même que certains ordinateurs encore utilisés. Une compatibilité avec IPv4 est donc indispensable, du moins dans un premier temps. Et il est bien entendu hors de question de « désactiver » Internet au niveau mondial le temps d’effectuer cette migration : celle-ci devra obligatoirement se faire en douceur et dans le temps. Une chose est cependant sure : les techniciens réseaux ont encore de beaux jours devant eux…