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Kernel Recipes : une journée dédiée au noyau Linux

Image 1 : Kernel Recipes : une journée dédiée au noyau Linux

La semaine dernière, Hupstream — une société spécialisée dans le développement de solutions à base d’open source — organisait la conférence Kernel Recipes. Dédiée au noyau Linux et à son développement, elle se tenait à la Cité des Sciences, et nous y étions.

Le but était de présenter des problématiques du développement du noyau, des exemples pratiques et de présenter certains logiciels. Les intervenants proposaient différentes présentations, certaines très techniques, d’autres plus théoriques, mais aussi quelques exemples pratiques sur la gestion du noyau, qui est très collaborative.

La journée a commencé par une conférence sur la mémoire flash, ses problématiques et l’intérêt des systèmes de fichiers dédiés à la mémoire flash, notamment dans le monde de l’embarqué. Il en existe plusieurs, mais le plus intéressant — présenté ici — est UBIFS. Il y a eu aussi des conférences sur la différence de moins en moins marquée entre les systèmes embarqués et les systèmes plus classiques, une présentation sur l’outil de détection de bugs Coccinelle et une présentation très technique sur la gestion des timers et des interruptions périodiques dans le noyau Linux.

Pour les amateurs, les vidéos sont disponibles sur le site de la conférence. Il y a aussi quelques photos.

Image 2 : Kernel Recipes : une journée dédiée au noyau LinuxNous allons nous intéresser à trois conférences en particulier, très instructives. La première est celle de Willy Tarreau, sur la maintenance des anciennes versions du noyau (2.4, 2.6.27 et 2.6.32). En effet, beaucoup de systèmes en fonctionnement ne peuvent pas nécessairement passer sur des noyaux récents, soit pour des raisons logicielles soit pour des raisons matérielles. La maintenance des anciens noyaux est donc importante, surtout pour la gestion de la sécurité. Le mainteneur effectue un double travail : garder à jour certaines listes de pilotes — par exemple quand le matériel évolue peu, mais que son ID est modifié pour des raisons mineures —, mais aussi intégrer les correctifs dédiés à la sécurité, quand c’est possible.

La seconde est celle de Jean Delvare, qui est mainteneur officiel sur deux parties du noyau. La première est celle liée au bus I2C, un bus série utilisé pour (par exemple) communiquer avec les écrans, lire le SPD dans la mémoire RAM ou communiquer avec certains tuners TV. Le bus I2C est aussi très utilisé pour le monitoring, et Jean Delvare maintient aussi la partie hwmon, qui s’occupe de la gestion du matériel, comme la température du processeur, la vitesse des ventilateurs, etc. La présentation était intéressante dans le sens ou elle montrait comment devenir mainteneur — il faut évidemment être motivé et avoir un intérêt personnel à maintenir une section —, que le travail de mainteneur est compliqué, qu’il faut tester le matériel, remonter les modifications à Linus Torvalds, gérer les co-mainteneurs et les contributeurs, traquer les bugs, etc. Les relations entre les différentes sections sont aussi intéressantes, le bus I2C étant utilisé dans beaucoup de domaines.

Enfin, la présentation d’Éric Leblond sur la détection d’une faille de sécurité dans la gestion du protocole FTP est assez intéressante et montre que quand une faille est détectée, la réaction n’est pas toujours immédiate et qu’il faut parfois jouer des pieds et des mains pour la corriger.

Au final, la journée était très intéressante et nous espérons qu’une seconde édition sera organisée l’année prochaine.

Et nous vous posons la même question que celle d’un concours organisé durant la conférence : à quelles personnes très connues dans le monde du développement le nom de la conférence (Kernel Recipes) fait-il référence ?