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La Chine et les USA construisent leurs premiers réseaux quantiques

Image 1 : La Chine et les USA construisent leurs premiers réseaux quantiquesLe réseau quantique en cours de construction aux États-Unis (source : The Verge)La compagnie américaine Battelle, serait en train de construire un réseau quantique qui s’étendrait de Boston à la Georgie, aux États-Unis et qui rejoindrait la Californie. La Chine serait en train de bâtir un réseau similaire entre Shanghai et Pékin, selon The Verge. Ce serait les premiers réseaux de ce type au monde et ils seraient utilisés afin d’accroître la protection des données chiffrées traversant ces lignes.

Plus de sécurité

Nous savions que le chiffrement quantique arrivait, mais il semblerait que les opérations d’espionnage étatiques révélées récemment ont accéléré la construction de ces réseaux. Très schématiquement, l’un des grands avantages du chiffrement quantique est de rendre impossible, en principe, une attaque par l’homme du milieu. Ce type d’attaque permet d’intercepter une donnée et sa clé de chiffrement avant de l’envoyer à son destinataire qui n’a aucune idée que l’information a été déchiffrée et lue avant par quelqu’un d’autre. C’est pour cela que la grande majorité des solutions aujourd’hui reposent sur un système de clé publique distribuée et clé privée. Un message intercepté ne peut donc pas être décodé aussi facilement, mais cela crée un système moins sûr qui ouvre la voie à des attaques par force brute.

Dans le cas d’un réseau quantique, la clé est distribuée sur le réseau, mais si elle est interceptée avant d’avoir atteint sa destination, l’information sera alors transformée. L’envoyeur et le récepteur peuvent alors savoir si quelqu’un est en train « d’écouter » la transmission et envoyer la clé sur le réseau en toute confiance, augmentant ainsi la sécurité du chiffrement qui ne pourra pas être cassé par force brute, en principe.

La Chine a une longueur d’avance

Ce genre de réseau existe à petite échelle entre Harvard et l’université de Boston depuis 2003. Le plus grand frein à sa démocratisation est qu’il demande de nouvelles fibres optiques, ce qui est surtout problématique lorsque l’on arrive au bout des connexions et qu’il faut installer les câbles dans les différents bureaux et locaux. Il faut en plus répéter le signal tous les 100 km, ce qui n’est pas une mince affaire. La Chine a d’ailleurs un grand avantage puisque le gouvernement peut plus facilement imposer la construction de ces lignes. On s’attend à ce que son réseau quantique de près de 2 000 km soit terminé en 2016, ce qui lui donnerait une belle longueur d’avance sur le reste du monde.