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La hausse de l’abonnement téléphonique en question

Le projet de hausse d'abonnement téléphonique de France Télécom fait couler beaucoup d'encre. Petit rappel des faits : France Telecom, toujours à la recherche de pécules supplémentaires, a récemment demandé au gouvernement l'autorisation d'augmenter les tarifs de l'abonnement téléphonique, aujourd'hui de 13 € par mois, pour le monter à 15.50 € d'ici à 2007. Le ministre de l'économie, le chiraquien Hervé Gaymard, a précisé qu'il trouvait "juste" la demande de France Télécom, laissant ainsi penser que la réponse définitive du gouvernement sera positive.

Les réactions

Les réactions ne se sont pas fait attendre. L'

UFC-Que Choisir

fulmine "

le prix de l'abonnement doit être calculé en fonction des coûts d'entretien du réseau et non en fonction des objectifs stratégiques de France Télécom

", estimant également injuste une hausse qui frapperait ceux qui ne profitent pas de toutes les possibilités du réseau (haut débit et très haut débit…). L'association française des utilisateurs de télécommunications (Afutt) va dans le même sens, dénonçant le coup porté aux petits consommateurs et précisant que l'abonnement téléphonique représentait aujourd'hui 50% du budget téléphonique moyen des français, contre 20% il y a dix ans.
Les fournisseurs d'accès ne sont pas en reste.

Free

, premier fournisseur d'accès à internet haut débit après Wanadoo, s'insurge en écrivant une lettre ouverte au président de la République, au premier ministre et au ministre de l'économie, dans laquelle il explique quels risques selon eux fait courir cette hausse au développement du marché, en se déclarant choqué que France Télécom tente de faire passer cette hausse sans l'approbation de l'ART (autorité de régulation des télécoms). Une directive européenne impose en effet que ce type de décisions soit transféré à l'ART, mais le décret d'application français n'étant toujours pas paru, le gouvernement garde la main. Un contournement abusif de la loi, selon Free. Ce dernier en profite également pour demander notamment que le tarif du dégroupage total, actuellement de 10.50 € par mois, soient "

plus aligné avec les coûts réels, de l'ordre de 6 à 8 € par mois qui constituent la moyenne européenne

". Free n'est pas le seul à avoir réagi,

Cegetel

estimant par exemple cette hausse complètement "

grotesque

".

France Télécom s'explique

Pour expliquer sa démarche, France Télécom avance le fait qu'ils sont à ce jour les seuls candidats au service universel : accès à la téléphonie fixe à des prix abordables sur l'ensemble du territoire, accès gratuit aux numéros d'urgence…