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La mémoire devient multicore

Joseph Ashwood vient de présenter un design de mémoire non volatile s’inspirant grandement des processeurs multicores et de la fibre optique. Il affirme pouvoir ainsi accéder à plusieurs bits en parallèles.

Le rêve des ingénieurs ?

Cette histoire semble parfois trop belle pour être vraie. Un cryptanalyste dessine une nouvelle architecture mémoire dans son garage et décide de la breveter. Nous étions sur le point de balayer cette actualité lorsque nous avons appris que l’Université de Carnegie Mellon à Philadelphie a eu la chance de se pencher sur ces travaux et a confirmé l’avancé majeure que représentait ce nouveau design.

La mémoire parallélisée

Pour faire simple, une mémoire est composée de rang et de colonnes. Le quadrillage que cela représente forme des cellules dans lesquelles sont stockées les informations. M. Ashwood a placé un contrôleur intelligent à côté de chaque rang, gérant ainsi plus d’une centaine d’accès parallèles au même rang. La conséquence directe est un accroissement du débit.

Ce n’est pas la première fois qu’une mémoire est gérée de façon parallèle. La DDR que nous utilisons tous les jours gère plusieurs bits simultanément. Néanmoins, le design en question s’attache tout d’abord à être intégré dans des mémoires non volatiles comme les mémoires flash et à l’avantage d’avoir un débit théorique de 16 Gb/s. Il touche aussi plus profondément à son architecture.

Prenons nos distances

Il faut néanmoins relativiser ces résultats en précisant qu’il n’y a pas encore eu de modèle physiquement produit. Ce n’est pour l’instant qu’un design papier qui a été vérifié à l’aide de logiciel. M. Ashwood cherche maintenant des compagnies qui seraient prêtes à acheter sa licence et à matérialiser son design.

De plus, les premiers tests virtuels ont montré un accroissement du temps d’accès à une cellule. Ce défaut serait néanmoins compensé par le nombre d’accès parallèle.

Le design modifie aussi la conception des cellules sans que l’on en sache vraiment plus. Selon M. Ashwood, cette technologie serait facilement transposable sur les chaînes de production actuelle et il souhaite attendre la validation de son brevet. On parle néanmoins d’une technologie qui permettrait d’améliorer sensiblement les yields et la durée de vie d’une cellule.

Reste maintenant à voir si cette technologie est juste une annonce d’un ingénieur qui cherche la gloire ou si nous venons d’assister à la naissance de la révolution du monde de la mémoire non volatile.