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La nocivité du WiFi prouvée sur du cresson ? Pas encore.

Image 1 : La nocivité du WiFi prouvée sur du cresson ? Pas encore.Le graines exposées en haut, le groupe contrôle en bas.Les effets biologiques des ondes électromagnétiques des réseaux sans fil modernes font l’objet d’un intense débat depuis leur apparition. La communauté scientifique n’est toujours pas parvenue à apporter une réponse définitive sur le sujet. Certains y voient la preuve d’une absence d’effets significatifs. D’autres y voient une manipulation des experts par les industriels intéressés dans la technologie. Mais faut-il être expert ? Cinq lycéennes danoises ont mis sur pied une expérience très simple qui vous poussera peut-être à éteindre votre WiFi.

Ces lycéennes ont utilisé 12 assiettes en carton, séparées en deux groupes de 6 : un groupe était exposé à proximité immédiate de deux routeurs WiFi g et de trois PC, l’autre était dans une pièce éloignée sans WiFi. Dans chaque assiette était disposé le même nombre de graines de cresson (400). Les lycéennes ont observé la germination des graines et au bout de 12 jours, ont compté le nombre de graines germées et mesuré le gain de masse totale pour quantifier leur croissance.

Le verdict semble sans appel : le WiFi a retardé la croissance des graines. Le nombre de graines germées est 24 % inférieur dans le groupe WiFi que dans le contrôle et la masse totale après 12 jours est 18 % plus faible.

Cette étude a fait un certain bruit et aurait attiré l’attention de scientifiques d’Angleterre, de Hollande et de Suède. Elle a surtout attiré l’attention d’un blogueur norvégien, Gunnar Tjomlidd qui se définit comme sceptique. En lisant le rapport détaillé et en prenant contact avec le professeur encadrant les lycéennes, il a trouvé un certain nombre d’irrégularités dans l’expérience, suffisamment graves pour remettre sa conclusion en question. Le premier problème est un manque de contrôle de la température régnant à proximité des graines. Celles exposées au WiFi ont pu être réchauffées par l’air des trois PC et des deux routeurs placés à leur proximité. Or la température est un des facteurs affectant le plus la rapidité de la germination.

Pire, l’expérience n’a pas été reproductible. Les lycéennes ont répété l’expérience deux fois : l’une alors que le réseau WiFi était saturé par les PC, l’autre alors qu’il n’y avait aucun trafic sur le réseau. Or, c’est en l’absence de trafic que les différences de germination ont été constatées, ce qui contrarie l’idée que c’est le WiFi qui a perturbé la germination. Enfin, l‘expérience n’a pas été réalisée à l’aveugle : les lycéennes savaient parfaitement quelles graines étaient exposées. Elles ont donc pu, volontairement ou non, avoir un comportement différent avec les graines exposées (par exemple pendant l’arrosage). Bref, il faudra sans doute encore quelques études avant de trancher la question. Pour le moment, rappelons simplement que l’OMS a décidé de classifier les champs électromagnétiques comme de possibles cancérogènes.