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Le bas débit n’est pas mort (et AOL fait encore de l’argent avec)

Image 1 : Le bas débit n'est pas mort (et AOL fait encore de l'argent avec)Un modem acoustique

L’accès à Internet en bas débit (grossièrement, via une connexion RTC) n’est pas encore mort, plus de 15 ans après le lancement des premières offres ADSL (haut débit, à l’époque 512 kilobits/s). Le sujet est intéressant, parce qu’AOL, un FAI très actif dans les années ’90, a encore environ 2,3 millions d’abonnés en bas débit aux USA — environ 2,2 % des foyers —, qui rapportent environ 20 $ par trimestre. Ils sont généralement chez AOL depuis très longtemps, en moyenne depuis 14 ans. Étant donné que les nouveaux abonnés sont a priori rares, on peut supposer qu’une partie des utilisateurs utilise d’ailleurs les services d’AOL depuis bien plus longtemps.

Les statistiques d’utilisation ne sont pas disponibles, dont on ne sait pas si les utilisateurs utilisent réellement l’abonnement où s’il s’agit de lignes de secours, dédiées à une résidence secondaire où s’il s’agit tout simplement d’abonnements « oubliés » mais encore actifs. On sait par contre que certains abonnements sont toujours actifs pour garder un accès à une ancienne adresse courriel (généralement, résilier l’abonnement coupe l’accès).

Et en France ?

Dans le dernier rapport de l’ARCEP (qui date de juillet 2014), on apprend que le nombre d’abonnements bas débit est assez faible en France : environ 140 000 au premier trimestre 2014. L’utilisation des lignes est disponible et le volume cumulé est de 120 millions de minutes sur le trimestre, ce qui est assez faible : un peu moins de 5 heures par mois en moyenne.

Globalement, on peut supposer qu’une partie des lignes sert pour des connexions dans des résidences secondaires ou dans les rares zones blanches. Étant donné que l’ARCEP couvre tous les FAI, il y a a priori une partie des connexions qui sont dédiées au M2M (Machine to Machine), ce qui n’est sûrement pas le cas chez AOL. Enfin, il faut prendre en compte une chose : une partie des abonnements français est gratuite (chez Free, par exemple), ce qui augmente les chances d’un « oubli ». Malgré tout, le nombre d’abonnements est en nette diminution (il y en avait 202 000 au premier trimestre 2013), tout comme l’usage (197 millions de minutes au premier trimestre, soit ~5,5 heures).

Pour autant, le bas débit n’est pas totalement mort, pour plusieurs raisons. La première, c’est que même si la connexion est lente, elle est « universelle » : on peut se connecter en RTC depuis à peu près n’importe où, il est même possible d’ouvrir une connexion à travers une communication GSM où à travers une connexion VoIP. La seconde, c’est que la technologie permet de passer « sous les radars » dans certains pays : quand les réseaux modernes sont coupés et (ou) surveillés, une connexion RTC passe généralement et certains FAI engagés proposent des points d’accès dédiés à cet usage.