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Le « Jusqu’à 100 méga » va-t-il disparaître ?

Image 1 : Le « Jusqu'à 100 méga » va-t-il disparaître ?« Jusqu’à 300 méga »

Depuis des années, les opérateurs jouent avec une notion assez floue dans le monde de l’accès à Internet : le « Jusqu’à x méga ». Quand Free, Orange ou SFR indiquent qu’une ligne ADSL est « jusqu’à 28 méga », un néophyte pourrait penser qu’il va télécharger à 28 mégaoctets par seconde. Mais ce n’est pas vraiment le cas.

ATM, mégabits et autres distances

Quand un opérateur parle de 28 « méga », il joue d’abord volontairement sur l’ambiguïté entre mégabits/s et mégaoctets/s. Historiquement, les vitesses sont données en mégabits/s dans le monde du réseau, alors que les capacités sont affichées en mégaoctets dans le monde du stockage. Donc on ne peut pas télécharger un fichier de 28 Mio en 1 seconde, mais bien en 8 secondes.

Deuxièmement, les débits annoncés sont généralement les débits ATM, tout du moins dans le monde de l’ADSL. Concrètement, les données IP sont encapsulées dans un protocole de transport, l’ATM, avant d’être transférées sur la ligne ADSL. Dans la pratique, le débit IP pratique ne représente que 80 % de la bande passante annoncée, soit 22 mégabits/s environ dans le cas d’une ligne synchronisée à 28 mégabits/s en ATM. Certains FAI indiquent le débit IP, mais ce n’est pas toujours le cas, et Free ne l’indique par exemple que depuis quelques jours.

Enfin, les débits en ADSL ou en VDSL dépendent de la distance. Plus la distance entre l’abonné et le NRA est longue, plus les débits diminuent. Une synchronisation à 28 mégabits/s en ATM (ou à 100 mégabits/s en VDSL2) n’est possible que dans des cas assez rares, quand la distance entre le NRA et l’abonné n’excède pas quelques centaines de mètres.

L’État veut légiférer

Point intéressant, l’État semble vouloir légiférer sur ce point. En effet, selon le Parisien, Benoît Hamon (ministre de la Consommation) a envoyé une lettre aux opérateurs en indiquant que la question des débits sur les lignes ADSL allait être réglée par un encadrement strict, notamment au niveau de la publicité. Le but est évidemment d’expliquer de façon claire que les débits dépendent de beaucoup de paramètres, tout en donnant une information claire et précise aux nouveaux abonnés sur les débits réellement atteignables sur leur ligne.

Il y a tout de même un point sur lequel il sera (malheureusement) impossible de légiférer : le débit réel. Même si une ligne offre un débit (réaliste) de 16 mégabits/s « IP », si les infrastructures du FAI ne sont pas capables d’encaisser le trafic sur un site de partage de fichiers ou sur un hébergeur de vidéos, les données arriveront lentement.