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Le MacBook d’Apple est-il la révolution annoncée ?

Si l’on en croît Apple, son dernier MacBook, est une révolution : ultra léger, dépourvu de ventilateur, super fin, doté d’une batterie record et d’un trackpad à capteur de force jamais vu, etc. Apple n’hésite pas à dire que ce nouveau MacBook réinvente l’ordinateur portable. La phrase est lourde de sens, mais est-elle justifiée ?

Image 1 : Le MacBook d'Apple est-il la révolution annoncée ?

Pour le savoir, et en attendant de pouvoir le tester en personne, nous avons comparé la fiche technique du MacBook à celles de l’Asus Zenbook UX305, du HP EliteBook Folio 1020, du Lenovo Yoga 3 Pro. Nous avons également jeté dans la mêlée la tablette Surface Pro 3 ; Microsoft ayant axé toute sa communication sur le fait que sa tablette était meilleure que les MacBook Air d’Apple, la comparaison nous paraissait inévitable.

Pas le plus fin mais le plus léger

Le MacBook 2015 est le Mac le plus fin jamais conçu par Apple. Avec 13,1 mm d’épaisseur, il est dépassé par le Lenovo Yoga 3 Pro et l’Asus UX305. La Surface Pro 3, munie de son clavier Type Cover est très proche et peut surtout s’utiliser sans, auquel cas elle est incroyablement fine (9,1 mm seulement).

S’il n’est pas le plus fin, le MacBook est par contre le plus léger. Avec 920 g sur la balance, il bat tous ses concurrents. Le HP EliteBook Folio 1020 lui cède seulement 80 g, mais la différence atteint 280 g avec le Asus UX305 : c’est 30 % de poids en plus par rapport au MacBook.

Retina, et alors ?

Ces différences de poids peuvent s’expliquer en partie par une différence de format. Le MacBook, l’EliteBook et la Surface Pro 3 sont dotés d’écrans de 12” ou 12,5” de diagonale. Les Asus UX305 et Lenovo Yoga 3 Pro ont des dalles de 13,3”. Vaut-il mieux un ordinateur plus léger ou un écran plus grand ? A chacun d’apporter sa réponse.

Apple vante d’ailleurs la très grande définition de l’écran du MacBook et sa qualité. Il est vrai que par rapport aux écrans des MacBook Air du constructeur, celui du MacBook paraît révolutionnaire : il est enfin de type IPS et Retina. Par rapport à ses concurrents PC, en revanche, le MacBook paraît simplement au niveau : ils possèdent tous des dalles IPS de résolution souvent supérieure. 

Un Core M de plus

Le match, pour le moment, est serré et ne permet pas vraiment de distinguer un vainqueur. La différence se fera-t-elle sur la puissance de calcul ? Non. Le MaxBook, le ZenBook, l’EliteBook et le Yoga utilisent les mêmes processeurs, les Core M d’Intel. Intel fabrique quatre Core M, qui se retrouvent tous chez les différents constructeurs selon la configuration que l’on choisit. La Surface Pro 3 fait figure d’exception : plus ancienne, elle utilise encore un CPU d’architecture Haswell. En pratique les performances sont presque identiques.

Les Core M ont un gros avantage : ils tirent parti de l’extrême finesse de gravure de leurs transistors (14 nm FinFET) pour atteindre un niveau de consommation extrêmement bas : leur TDP est de 4,5 W seulement. Une puissance aussi faible peut être dissipée sans ventilateur. Apple est ainsi très fier de son MacBook “fanless”. Mais Asus et HP eux aussi ont supprimé le ventilateur. Seul Lenovo a préféré en conserver un. Microsoft n’a pas pu faire sans : le processeur Haswell de la Surface Pro 3 consomme 15 W.

Le trackpad Force Touch ? Déjà vu.

Décidément, il est bien difficile de départager ce MacBook et ses concurrents. Venons-en à une spécificité dont Apple s’est montrée très fière : le trackpad. Sur ce point, Apple joue sur du velours puisque ses MacBook ont depuis de nombreuses années proposé des trackpads bien plus précis et fiables que les PC. Le MacBook 2015 inaugure un nouveau système Force Touch à capteurs de pression : le trackpad ne s’enfonce plus, mais “sent” la force avec laquelle le doigt appuie. Du jamais vu ? Hé non, toujours pas ! Synaptics, le principal fournisseur de trackpad pour PC portable a un produit similaire à son catalogue depuis 2012, le ForcePad, que HP a justement choisi pour son EliteBook 1020. Il est néanmoins tout à fait possible qu’à l’utilisation, le Force Touch d’Apple soit plus efficace que le ForcePad de Synaptics.

Venons-en à la dernière innovation mise en avant par Apple : la batterie. Pour maximiser la capacité de la batterie sans augmenter l’épaisseur ou la taille de son MacBook, Apple utilise des batteries “étagées”. Elles sont construites comme des feuilles empilées et peuvent donc occuper de l’espace supplémentaire dans les bords biseautés du MacBook. Apple assure avoir gagné 35 % de capacité supplémentaire grâce à cette technique. C’est sans doute vrai, mais la capacité totale de la batterie du MacBook n’a rien d’exceptionnel. Il embarque 39,7 Wh quand la Surface Pro 3 a 42 Wh, dans un boîtier, rappelons-le de seulement 9,1 mm d’épaisseur. 

Plus qu’un port, un concept

Que reste-t-il au MacBook qui justifie l’emphase du constructeur ? La connectique. Sans doute pour la première fois dans l’histoire de l’ordinateur portable, Apple commercialise une machine qui n’a qu’un seul port. Un seul connecteur pour recharger la batterie, pour brancher un écran externe ou pour ajouter une souris, un disque dur, une clé USB, un lecteur de cartes mémoires, etc. Pire, ce connecteur est nouveau, incompatible avec tout ce qui existe.

Apple justifie sa décision par le souci de minimiser l’épaisseur de son ultraportable, mais cette excuse ne tient pas : l’Asus UX305 par exemple, est plus fin tout en offrant 3 ports USB, une sortie HDMI et un lecteur de cartes. L’unique port USB type C du MacBook n’est donc pas une décision technique, mais une prise de position : il annonce la prochaine génération d’ordinateurs portables d’Apple. Le débit de l’USB 3.1, la puissance de l’USB Power Delivery et la polyvalence des modes alternatifs permettent en effet d’envisager un avenir où une prise USB suffit. Il faudra cependant que les docks et hubs compatibles se multiplient. En ce sens, nous pouvons tous remercier Apple : comme l’iMac dépourvu de lecteur de disquettes, le MacBook 2015 va donner un coup de pouce à l’USB C réversible.